Weinstein indemodable

prouvez sur le long terme la fiabilité des phases de Weinstein

02 mai 2008

La crise n'est donc pas finie ? ;-)

Nouvelle action concertée de banques centrales pour soutenir les marchés

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La Réserve fédérale américaine, la Banque centrale européenne et la Banque nationale suisse ont annoncé vendredi un accroissement de leurs aides à la liquidité des marchés financiers, en prenant acte de la persistance des difficultés des banques à se refinancer.

Cette décision a été prise "au vu de la poursuite de pressions en matière de liquidités sur certains marchés de financement à terme", selon un communiqué diffusé par la banque centrale américaine sur son site internet.

"La Fed travaille de plus en plus conjointement avec les banques centrales européennes pour injecter davantage de liquidités et apaiser la crise du crédit", s'est félicité Peter Cardillo, analyste d'Avalon Partners.

Cette nouvelle annonce concertée des trois banques centrales, qui coopèrent étroitement depuis l'apparition de la crise du "subprime" l'été dernier, a pris les marchés par surprise, alors que les tensions sur les marchés financiers s'étaient nettement apaisées au cours des dernières semaines.

Mais pour John Lonski, économiste à l'agence de notation Moody's, le LIBOR (le taux interbancaire de référence) "reste relativement élevé" et déconnecté du rendement des obligations du Trésor américain, "ce qui suggère que les banques rencontrent toujours des problèmes de financement".

"Il n'est pas évident que les baisses de taux et les autres mesures extraordinaires prises par la Fed pour accroître la liquidité aient provoqué la baisse des taux hypothécaires" indispensable à la stabilisation du marché immobilier, et donc du reste de l'économie américaine, a-t-il relevé.

Les trois mesures annoncées vendredi consistent en un accroissement de la portée d'outils progressivement mis en place au cours des derniers mois. Si ces innovations sont présentées comme une initiative concertée, deux d'entre elles ne s'appliquent concrètement qu'au seul marché américain.

Au niveau international, les accords de "swap" mis en place par les trois banques centrales fin janvier pour assouvir la demande en dollars des banques commerciales européennes vont voir leur ampleur accrue.

La Fed va porter de 30 milliards à 50 milliards de dollars le montant des liquidités fournies à la BCE et de 6 milliards à 12 milliards de dollars le montant des liquidités fournies à la BNS. La distribution de ces financements en dollars sera poursuivie aussi longtemps qu'il sera jugé nécessaire, ont précisé les deux banques centrales européennes dans des communiqués.

Aux Etats-Unis, le montant des liquidités adjugées deux fois par semaine par la Fed par un système d'enchères va être porté de 60 à 75 milliards de dollars, à partir du 5 mai. Leur montant total atteint ainsi 150 milliards.

Troisième volet de l'annonce: la Fed a encore élargi la gamme de titres acceptés en garantie lors de ses opérations de refinancement.

La poignée de très grandes institutions financières, qui agissent comme intermédiaires entre la banque centrale et les autres banques, vont désormais pouvoir apporter en garantie des titres adossés à des créances, pour peu qu'ils soient classés "AAA" par les agences de notation.

La Fed avait déjà procédé à un premier assouplissement il y a quelques semaines, en acceptant des titres adossés à des crédits hypothécaires résidentiels ou commerciaux, et non plus seulement les titres au remboursement totalement assuré, comme les bons du Trésor américain.

"L'élargissement du type de garanties pouvant être apportées devrait faciliter les conditions de financement sur une large gamme de marchés financiers", a commenté la Fed dans son communiqué.

Pour M. Lonski, "ces mesures extraordinaires vont rester en place jusqu'à ce qu'il apparaisse que les dépréciations d'actifs liées à la crise immobilière arrivent à leur fin".

La banque d'Angleterre, qui avait participé à deux initiatives similaires des banques centrales ces derniers mois, s'en est cette fois-ci abstenue.

"Nous n'avons pas constaté que le marché londonien manquait de dollars, et donc nous n'avons pas vu la nécessité pour la Banque d'Angleterre de participer", a déclaré un porte-parole de la BoE.

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La crise financière s'apaise mais la crise économique s'aggrave

  lupus

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LE MONDE | 30.04.08 |


le dollar se redresse face à l'euro, les Bourses se sont stabilisées. Les analystes jugent, dans leur majorité, que la baisse des taux que devrait annoncer la Réserve fédérale américaine, mercredi 30 avril au soir, sera la dernière d'une série commencée cet été. La crise financière est-elle finie ? De nombreux signes le laissent penser.


Les banques centrales ont tout fait pour rassurer, alors que la crise des subprimes, ces crédits immobiliers américains à risque, menaçait le système financier mondial. Entre le sauvetage de Bear Stearns aux Etats-Unis et des baisses de taux à répétition, elles ont écarté le risque systémique. Pour autant, les banques continuent à déprécier leurs actifs, on l'a encore vu ces derniers jours avec la Deutsche Bank. A ce jour, elles ont provisionné 270 milliards de dollars du fait des subprimes ; le FMI prévoit que ce chiffre pourrait monter à 945 milliards. Les licenciements dans le secteur financier se comptent par dizaines de milliers.

"Penser que la crise est finie est ridicule", juge Michel Aglietta, professeur d'économie à l'université Paris-X. "Nous sommes sans doute sortis de cette crise un peu bizarre des subprimes, mais nous entrons maintenant dans une nouvelle phase de la crise avec des effets plus standards", estime Patrick Artus, responsable de la recherche chez Natixis.

De fait, des deux côtés de l'Atlantique, on voit le chômage remonter, le moral des ménages baisser, le marché immobilier se dégrader... Et plus personne aujourd'hui ne croit que le dynamisme des pays émergents compensera l'atonie des économies développées.


L'économie américaine va mal. Les dégâts de la crise financière, provoqués par l'effondrement des subprimes, ces crédits immobiliers à risque, sont visibles. Mardi 29 avril, le président des Etats-Unis, George W. Bush, a affirmé que l'activité économique était "très lente" et estimé que cela se refléterait dans les chiffres de la croissance du premier trimestre publiés mercredi.

Ces chiffres appartiennent-ils déjà au passé ? Sur les marchés règne le sentiment que le pire de la crise financière est peut-être passé. Que les subprimes, qui ont suscité une véritable psychose chez les investisseurs de part et d'autre de l'Atlantique, seront, bientôt, un mauvais souvenir.

Pour preuve, la Bourse qui a atteint des plus bas entre janvier et mars, aux Etats-Unis comme en Europe, se stabilise. Le dollar, qui avait plongé à des niveaux historiques face aux principales devises, en particulier face à l'euro, se redresse. Le billet vert, qui s'est échangé jusqu'à 1,60 euro le 22 avril, est remonté à 1,55 euro. La quasi-totalité des analystes interrogés par l'agence Bloomberg présagent désormais que la Réserve fédérale américaine (Fed), qui a réduit de manière agressive ses taux pour contrer la crise, annoncera, mercredi soir, une nouvelle baisse de 0,25 point, portant le loyer de l'argent de 2,25 % à 2 %. Mais celle-ci devrait être la dernière avant un certain temps. "C'est encore un peu hésitant mais l'on commence à penser à un scénario de sortie de crise. Et si tel est le cas, la Fed n'a plus de raison de baisser ses taux", explique Christian Parisot, économiste chez Aurel Leven.

Si les analystes sont aussi optimistes, c'est qu'ils estiment que les banques centrales ont fait ce qu'il fallait pour éviter le pire. En plus de réduire le loyer de l'argent, la Fed et la Banque d'Angleterre sont intervenues massivement pour que les banques en difficulté puissent se refinancer.


"ON NE S'EN SORTIRA PAS COMME ÇA"

En orchestrant le sauvetage de la banque d'affaires américaine, Bear Stearns, en mars, la Fed a clairement dit qu'elle ne laisserait pas un grand établissement faire faillite. "Il n'y a plus de risque de crise systémique", c'est-à-dire un effondrement en cascade de tout le système financier mondial, conclut M. Parisot. En outre, certains économistes comptent sur les premiers effets du "plan Bush" de relance de la consommation annoncé fin 2007. Ils tablent ainsi sur une croissance américaine en "V" avec un rebond fin 2008.

Ces experts se bercent-ils d'illusions ? Les banques les plus prestigieuses, comme Merrill Lynch, Bank of America aux Etats-Unis, mais aussi Crédit Suisse, UBS ou Deutsche Bank en Europe, ont encore annoncé récemment des dépréciations massives. Les licenciements dans le secteur financier se comptent par dizaine de milliers.

A ce jour, les banques ont provisionné dans le monde l'équivalent de 270 milliards de dollars (173 milliards d'euros) du fait des subprimes. Or, ce montant est encore loin des 945 milliards de dollars que leur coûterait potentiellement la crise selon les estimations du Fonds monétaire international (FMI). Le marché monétaire reste chahuté et celui du crédit se dégrade au-delà des seuls prêts subprimes.

"Penser que la crise est finie est ridicule, estime Michel Aglietta, professeur d'économie à l'université Paris-X. On ne s'en sortira pas comme ça." " La Fed n'a probablement pas fini de baisser ses taux", ajoute-t-il. Pour lui, les Etats-Unis sont en récession, la situation restera délicate pendant plusieurs années, et l'économie européenne ne s'en sortira pas indemne. "La crise financière est en train de se propager au reste de l'économie. En Europe, nous risquons de traverser ce qu'ont connu les Etats-Unis, poursuit l'économiste, certains pays, comme l'Espagne ou l'Angleterre, ont une bombe immobilière prête à exploser, même si le mode de financement est différent de celui des Etats-Unis."

De fait, les signaux macro-économiques de part et d'autre de l'Atlantique ne témoignent pas d'une embellie. Aux Etats-Unis, le taux de chômage a franchi le seuil des 5 %, la confiance des consommateurs est à son plus bas niveau depuis cinq ans, au moment du début de la guerre en Irak, et le marché immobilier continue de se dégrader.

L'Europe est quant à elle menacée de stagflation, c'est-à-dire d'une croissance molle couplée à une inflation vigoureuse, alimentée par la flambée du pétrole. La France n'est pas épargnée : le moral des ménages est en berne, l'immobilier ralentit. Et le marché de l'emploi qui résistait jusqu'ici se retourne. "Nous pourrons traverser une situation comparable à 1974, même si l'inflation (estimée en Europe au-dessus de 3 % en 2008) sera moindre avec une montée du chômage, l'augmentation des défaillances des entreprises, et une croissance durablement inférieure à 2 %", enchérit Patrick Artus, responsable de la recherche chez Natixis. "Nous sommes sans doute sortis de cette crise un peu bizarre" des subprimes, conclut-il, mais nous entrons maintenant dans une nouvelle phase de la crise avec des effets plus standards."

Quant aux pays émergents, plus aucun économiste ne semble désormais parier que leur croissance suffira à soutenir celle du reste du monde.



Claire Gatinois

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CHIFFRES


945 MILLIARDS DE DOLLARS
C'est, selon le Fonds monétaire international (FMI), ce que la crise financière coûtera au système financier mondial, dont 565 milliards de dollars (362 milliards d'euros) directement liés aux subprimes.



5,1 %.
C'est le taux de chômage aux Etats-Unis. Sur l'ensemble du premier trimestre, les destructions d'emplois aux Etats-Unis ont été de 77 000 en moyenne par mois.



CROISSANCE.
Aux Etats-Unis, en 2008, elle devrait atteindre 0,5 %, selon le FMI. En zone euro, la Commission européenne table sur 1,7 %.



INFLATION.
Les prévisions tablent sur une hausse des prix de 3,2 % en 2008 en zone euro et de 3,6 % pour les 27 pays de l'Union.

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01 mai 2008

"Il y aura beaucoup d'autres tremblements de terre"

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Elie Ayache, fondateur et pdg de ITO 33 : "Il y aura beaucoup d'autres tremblements de terre"


En tant que fondateur et PDG d'une société de modélisation financière, pensez-vous que la crise qui a secoué les banques est bientôt terminée ?

Non, car les produits financiers qui sont à l'origine de la crise, les CDO (Collateralized Debt Obligation) déjà émis, peuvent encore avoir plusieurs années de durée de vie avant d'expirer. Ils sont constitués de prêts divers consentis à des particuliers ou à des entreprises, par des banques ou d'autres investisseurs. Il s'agit d'un mélange de prêts dont le risque de défaut de remboursement est variable : certains sont sûrs, d'autres plus risqués.

Dans la crise des subprimes, ces prêts risqués étaient des prêts immobiliers consentis à des particuliers dont la solvabilité était très douteuse.

Mais il existe beaucoup d'autres types de CDO incorporant des prêts risqués de nature différente. Il y aura donc beaucoup d'autres tremblements de terre. La prochaine vague sera celle des CDO qui intègrent des titres permettant de couvrir des prêts consentis à des entreprises fragiles. Ces produits, les swaps de crédit, assurent l'investisseur contre la banqueroute de l'entreprise à laquelle il a prêté de l'argent. Il va se produire, avec ces swaps de crédit, le même phénomène qu'avec les subprimes. Car les modèles mathématiques ne savent pas modéliser les CDO, quels qu'ils soient. Ou plutôt, ils les modélisent au moyen d'hypothèses contestables, car non vérifiables objectivement. C'est pourquoi ma société n'a jamais voulu en développer.

Une petite variation de ces hypothèses modifie la valeur théorique du CDO dans de grandes proportions. Cette prise de conscience, et non le fait que les emprunteurs aient fait défaut, est à l'origine de la panique qui a saisi les marchés dans l'affaire des subprimes, qui est donc à l'origine d'une crise de confiance dans la valeur du CDO et non pas d'une crise de solvabilité.

Or, quantité de banques et d'investisseurs détiennent des CDO de swaps de crédits. On sait maintenant que personne ne sait les évaluer.


Propos recueillis par Annie Kahn - LE MONDE | 30.04.08

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09 avril 2008

Un peu d'histoire pour mieux comprendre les subprimes !

DE CAVALIER

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Il faut savoir que :

les banques prêtent 70 fois plus d'argent qu'elles n'en ont !
oui , vous avez bien lu.....70 fois !

Explications :


Tous devraient maintenant savoir que lorsque les banques prêtent de l'argent, elles ne se départissent de rien, elles créent tout simplement l'argent qu'elles prêtent, sans que cela ne leur en coûte un seul sou.

Elles n'ont pas besoin d'imprimer de papier-monnaie, elles ne font qu'inscrire des chiffres dans des comptes de banque, qui circulent sous forme de chèque, et ces chiffres sont tout aussi bons que le papier-monaie.

Car il existe deux sortes d'argnet: le numéraire (billets de banque et pièces de monnaie), et l'argent scriptural (les chiffres inscrits dans les comptes de banque). Cet argent "scriptural", créé par les banques, forme plus de 95% de tout l'argent du pays; l'autre sorte, le papier-monaie et les sous, constitue moins de 5%.


L'orfèvre devenu banquier


Cette façon de faire des banques remonte au Moyen-Age, alors que l'or était la seule forme de monnaie existante. Ceux qui possédaient de l'or, de peur de se le faire voler, déposaient cet or dans les coffres-forts des orfèvres.

Ces derniers leur remettaient un reçu certifiant que les individus en question possédaient bel et bien tel montant d'or dans le coffre-fort de l'orfèvre.

Au lieu de payer en or pour obtenir des produits, ces individus payaient avec ces reçus émis par l'orfèvre, et celui qui devenait le nouveau propriétaire de ces reçus, devenait ainsi le propriétaire du montant d'or inscrit sur le reçu, et était libre de se présenter en tout temps chez l'orfèvre pour retirer cet or.


L'orfèvre remarqua que la plupart des gens préféraient s'échanger ces reçus, au lieu de se présenter chez lui et réclamer leur or. Par exemple, pour une personne qui venait réclamer son or, dix personnes ne venaient pas, et préféraient s'échanger les reçus émis par l'orfèvre.

L'orfèvre réalisa qu'il pouvait émettre ainsi sans risque dix fois plus de reçus qu'il avait d'or en réalité dans son coffre-fort. Tant qu'une proportion de dix personnes sur onze ne se présentent pas chez l'orfèvre pour réclamer leur or, alors là tout son système s'écroule et sa fraude est dévoilée, car il ne peut rembourser tout le monde, puisqu'il a dix fois moins d'or qu'il prétendait en avoir.


Les banques font exactement la même chose aujourd'hui. Elles ont remarqué que pour une personne qui venait à la banque et désirait être payée en argent liquide (papier-monnaie), environ dix personnes ne font que transférer des chiffres d'un compte à un autre, sans qu'il n'y ait aucun usage de papier-monnaie. C'est ce qui permet aux banques de "prêter" plus d'argent qu'elles en ont en réalité.

Par exemple, une banque qui a $1 million en dépôt en argent liquide, peut ainsi prêter dix fois plus d'argent de comptabilité. La seule crainte du banquier, c'est qu'un nombre trop élevé de déposants viennent en même temps retirer leur argent de la banque, car il ne peut fournir qu'un déposant sur dix. Une des manières pour le banquier de se protéger contre un tel risque, c'est d'encourager les épargnants à laisser leur argent à la banque le plus longtemps possible (placements ou obligations), en leur accordant un taux d'intérêt plus élevé.


Depuis des années, l'usage d'argent de comptabilité a augmenté, et le banquier a pu ainsi créer un plus grand poucentage d'argent de chiffres. Ansi, pour le troisième trimestre de 1995, il existait 3,1 milliards de dollars en billets de banque et pièces de monnaie, et le total des prêts non-hypothécaires, pour période, était de 216 milliards $, soit 70 fois le montant d'argent liquide existant dans le pays!

Jusqu'à tout récemment, les banquiers devaient, selon la loi des banques, détenir une réserve de 4% en argent liquide. Mais en décembre 1991, le Parlement canadien a voté qu'à partir du 1er janvier 1994, cette réserve serait de zéro pour cent!


En d'autres mots, il n'y a plus aucune limite prescrite par la loi. La seule limite à la création d'argent par les banques, c'est le fait que des individus désirent encore être payés avec du papier-monnaie. Alors, on comprend que les banques vont faire tout leur possible pour éliminer tout simpliment l'usage de papier-monnaie, en encourageant l'utilisation des cartes de débit, paiement direct, etc, pour en venir éventuellement à l'élimination de l'argent liquide. Elles prêcheront l'existence d'une seule forme d'argent, l'argent électronique.

Devons nous empêcher que cela arrive ? .... car l'élimination du papier -monnaie serait la plus grande fraude qui pourrait arriver dans le pays - elle donnerait aux banques le contrôle absolu de l'économie et de tous les individus.

Nous constatons aujourd'hui la fragilité du système financier mondial

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06 avril 2008

ROACH/MORGAN STANLEY Crise financière : "longue et profonde"...

voici la vrsion francaise de Roach en francais , merci a lupus

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ROACH/MORGAN STANLEY Crise financière : "longue et profonde"...
[ 04/04/08 les echos

A l'occasion d'une conférence organisée par Morgan Stanley, son ancien chef économiste vedette, Stephen Roach, a donné hier sa vision d'une crise qui va bien au-delà du seul " subprime ".
En début de semaine, les marchés financiers ont rebondi dans l'espoir que le pire était peut-être enfin passé et que les difficultés du marché du crédit et des établissements bancaires allaient aller décroissants. Dans l'espoir aussi que l'économie américaine se redresserait rapidement. Les intervenants auraient-ils péché par optimisme ? L'ancien économiste en chef de Morgan Stanley, désormais président de la banque pour l'Asie, Stephen Roach, n'a jamais été de ceux-là. Hier encore, à l'occasion d'une conférence organisée par Morgan Stanley Investment Management à Versailles, l'économiste a dressé le tableau d'une crise profonde allant au-delà du seul " subprime ". Celui-ci ne serait que l'élément annonciateur de temps difficiles, un peu à la manière, selon l'économiste, des canaris sentinelles que les mineurs emmenaient au fond des puits et qui cessaient de chanter aux premières vibrations de la terre inaudibles à l'oreille humaine et aux premières émissions de gaz, annonciatrices de coup de grisou.



En simplifiant les choses, une crise produit ses effets en trois étapes ou strates, avec des interactions entre elles. Au premier niveau, elle se fait ressentir, via une contagion entre les produits, sur les produits structurés et les dérivés, et pousse les intervenants à se détourner du risque. " Cette phase est plus ou moins derrière nous ", estime l'ancien économiste vedette de Morgan Stanley, même s'il n'exclut pas de nouvelles secousses à l'avenir. " Mais l'éclatement de la bulle de crédit a affecté le monde réel ", poursuit Stephen Roach, évoquant alors les effets de deuxième ordre de la crise sur la consommation et la construction. L'excès de consommation des ménages américains ne s'est pas appuyé sur les revenus mais sur des emprunts gagés sur leur patrimoine immobilier, souligne l'expert. Or, les prix de l'immobilier reculent, au niveau national. Et, à ses yeux, cela risque de continuer. Pour Stephen Roach, la crise ne se limitera donc pas à quelques secteurs.



Jusqu'à la fin de l'année
Viennent ensuite les conséquences internationales, via le commerce international, les flux de capitaux et les transferts de main-d'oeuvre. La Chine et l'Inde peuvent-elles contrebalancer la perte de vitesse de l'économie américaine ? Le représentant de Morgan Stanley n'y croit pas. La consommation des ménages de ces deux pays restent très loin de celles de leurs homologues américains. De plus, leurs économies ne sortiront pas indemnes des difficultés de l'économie américaine. En 2006, les exportations ont contribué à hauteur de 36,6 % du PIB chinois. Or les Etats-Unis pèsent 21 % dans ses exportations. De quoi faire réfléchir à la question de la mondialisation ou du protectionnisme pour le prochain cycle économique.



Lors de son témoignage devant le Joint Economic Committee du Congrès, le président de la Réserve fédérale, Ben Bernanke, a reconnu mercredi qu'une récession était possible. Mais le marché s'est rattaché à la note d'espoir s'agissant du second semestre, durant lequel l'activité économique devrait se redresser pour retrouver la tendance de long terme en 2009, selon le banquier central. L'ancien chef économiste de Morgan Stanley voit pour sa part la récession se poursuivre jusqu'à la fin de l'année
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Stephen S. Roach : La crise des deux bulles

« La leçon à tirer de l’économie japonaise dans les années 1990 est que l’interaction entre les bulles financière et de l’économique réelle provoque de graves dommages. Une interaction tout aussi meurtrière entre l’éclatement des bulles immobilière et du crédit est désormais à l’œuvre aux États-Unis. » Stephen S. Roach, de la Morgan Stanley, pointe les similudes entre les situations japonaises et américaines. La sortie de crise ne passera pas par énième une relance de la consommation à crédit, juge-t-il, mais par une politique de grands travaux et une réorientation de l’économie US vers l’export. Keynésianisme et patriotisme industriel seraient-ils revenus à l’ordre du jour ?


Par Stephen S. Roach, New York Times, 5 mars 2008

Confrontée à des marchés du crédit de plus en plus turbulents et aux mauvais indicateurs de l’activité économique, la Réserve Fédérale a été exceptionnellement rapide et déterminée à agir en abaissant ses taux. La Maison Blanche et le Congrès ont également réagi rapidement, en approuvant un crédit d’impôt pour les ménages et des allégements fiscaux pour les entreprises. La Fed pourrait également assouplir à nouveau sa politique monétaire.

La question centrale pour l’économie est la suivante : Est-ce que ces remèdes seront efficaces ? La même question s’était posée maintes fois au Japon au cours de la « décennie perdue » des années 1990. Malheureusement, comme ce fut le cas au Japon, la réponse pourrait bien être négative.

Si l’économie américaine était entrée dans un ralentissement conjoncturel classique, il y aurait de bonnes raisons de croire qu’un stimulus contracyclique intervenant à temps, tel celui conçu à Washington, soit efficace. Mais nous n’assistons pas à un ralentissement conjoncturel habituel. Il s’agit d’une récession née de l’éclatement d’une bulle.

Les États-Unis traversent actuellement leur deuxième cycle de ralentissement économique post-bulle en sept ans. Pourtant, celui-ci contraste nettement avec la période de désordre qui a suivi l’éclatement de la bulle sur le marché des actions en 2000 et 2001. À l’époque, il y a eu un effondrement des dépenses d’investissement des entreprises, un secteur représentant au plus 13% seulement du produit intérieur brut réel.

La récession actuelle a été déclenchée par l’éclatement simultané des bulles immobilières et du crédit. La liquidation de ces excès va probablement se faire ressentir durablement dans le secteur du bâtiment et sur les consommateurs américains. Ces deux secteurs économiques représentent ensemble 78% du PIB, soit six fois plus que le secteur qui avait provoqué la récession il y a sept ans.

Pour les économies dépendant de la valeur des actifs et sujettes à l’apparition de bulles, une reprise cyclique - même lorsqu’elle est soutenue par des politiques monétaire et budgétaire agressives - est loin d’être assurée. Au cours des six dernières années, les consommateurs à court de revenus ont compensé leurs faibles augmentations de salaires en extrayant des liquidités des patrimoines immobiliers surévalués par la bulle immobilière née de la baisse des taux. Ce jeu là est désormais terminé.

A Washington, les décideurs risquent de ne pas pouvoir mettre un terme au ralentissement provoqué par l’éclatement de la bulle. Les baisses de taux d’intérêt ont peu de chances d’enrayer la baisse généralisée des prix de l’immobilier. Étant donné les énormes déséquilibres entre l’offre et la demande de nouveaux logements, les prix pourraient devoir chuter de 20% pour apurer le marché.

Les baisses de taux d’intérêt agressives de la Fed n’ont eu que peu d’effet pour contenir la contagion mortelle qui s’étend dans les marchés du crédit et des capitaux. Alors que leurs logements ont une valeur inférieure à celle de leurs emprunts et que les prêts ne sont que difficilement accordés, les consommateurs sous pression ont peu de chance d’être soulagés par la baisse des taux d’intérêt.

L’expérience du Japon a montré combien il pouvait être difficile pour les politiques économiques traditionnelles de susciter une reprise après une bulle. Au début des années 1990, les bulles boursière et immobilière ont éclaté au Japon. Cet éclatement a été aggravé par la crise bancaire et l’endettement excessif des entreprises. Près de 20 ans plus tard, le Japon continue de lutter contre les conséquences de cette crise.

Il y a d’étranges similitudes entre la situation des États-Unis aujourd’hui et le Japon d’alors. La Banque du Japon a poursuivi une politique monétaire extrêmement accommodante durant les années 1980. Aux États-Unis, la Réserve fédérale a fait la même chose à partir de la fin des années 1990. Dans les deux cas, l’argent à bon marché a alimenté un boom des liquidités produisant des bulles considérables.

La banque centrale du Japon avait tout d’abord nié que les bulles représentent un danger. De la même façon, il est difficile d’oublier l’attitude « blasée » de la Fed face aux bulles des actifs de la dernière décennie, tout particulièrement lorsque la crise du subprime a explosé en août dernier.

Au Japon, la crise bancaire a pénalisé le crédit durant des années. Aux États-Unis, une crise totale du crédit pourrait produire le même résultat.

Au Japon, la liquidation de l’endettement excessif des entreprises et la culture du « keiretsu », les participations croisées entre les entreprises, ont provoqué une contraction énorme des dépenses des entreprises. Aux USA, un excès d’endettement des ménages pourrait entraîner des restrictions sur les dépenses de consommation tout aussi graves et durables.

Comme leurs homologues au Japon dans les années 1990, les autorités américaines s’illusionnent peut-être en pensant qu’elles peuvent prévenir la phase finale des conséquences de l’après bulle. Les aides gouvernementales sont destinées, à tort, à maintenir un rythme élevé et non soutenable de consommation des ménages. Pourtant, c’est précisément ce type de mesure qui ont conduit les États-Unis dans le gâchis actuel, en faisant baisser le taux d’épargne, favorisant un énorme déficit commercial et conduisant les consommateurs à un niveau d’endettement insoutenable.

Une stratégie plus efficace consisterait à réorienter l’économie de la consommation vers l’exportation et des investissements dans les infrastructure, nécessaires depuis longtemps.

Cela ne sera pas facile à réaliser. Un tel changement dans la composition de l’économie nécessitera des mesures favorables à d’exportation comme une baisse du dollar et une augmentation de la consommation dans le reste du monde, ce qui permettrait de renforcer la demande pour les produits de fabrication américaine. Les choix budgétaires devraient viser à jeter les bases de la croissance future, en particulier par la modernisation des routes, des ponts et des ports qui sont vétustes.

Cela ne signifie pas que Washington ne devrait pas aider les victimes innocentes des effets de la bulle - surtout les familles à revenu faible ou moyen. Mais l’accent doit être mis sur le soutien de ceux qui ont été les plus atteints par cette crise de crédit plutôt que de tenter de relancer la dépense excessive de consommateurs surendettés.

En mettant l’accent sur les exportations et sur les dépenses d’infrastructure, nous pourrions être en mesure de limiter la récession. Une telle approche pourrait également jeter les bases d’un modèle plus et durable et équilibré de relance économique conjoncturelle pour le cycle suivant. Un ensemble de mesures destinées à stimuler les exportations et les investissements dans les infrastructures constituerait un pas important dans cette direction.

La leçon la plus difficile, et peut-être la plus importante, à tirer de l’économie japonaise dans les années 1990 est que l’interaction entre les bulles financière et de l’économique réelle provoque de graves dommages. Une interaction tout aussi meurtrière entre l’éclatement des bulles immobilière et du crédit est désormais à l’œuvre aux États-Unis.

Les autorités américaines, en particulier la Réserve fédérale, partagent la croyance erronée selon laquelle une action rapide peut prévenir un effondrement similaire à celui du Japon. Le premier impératif est d’éviter la naissance de bulles d’actifs toxiques. Arque bouté dans le déni et victime de la myopie propre aux années électorales, Washington reste inconscient des dangers à venir.

Stephen S. Roach est le président de Morgan Stanley Asie.

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03 avril 2008

Du NY times

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25 mars 2008

Crédit - Les pertes totales atteindront $1.200 mds selon Goldman

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Crédit - Les pertes totales atteindront $1.200 mds selon Goldman

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NEW YORK, 25 mars (Reuters) - La banque américaine Goldman Sachs < GOLDMAN SACHS GROUP INC > s'attend à ce que les pertes totales de crédit découlant des turbulences actuelles atteignent dans le monde la barre des 1.200 milliards de dollars, dont près de 40% à la charge des firmes de Wall Street.

Selon elle, les banques, les brokers-dealers, les hedge funds et les GSE (government-sponsored enterprises) basés aux États-Unis seront affectés à hauteur d'environ 460 milliards de dollars par de telles pertes, après inscriptions des provisions pour pertes sur créances.

Dans une note publiée lundi soir, les économistes de la banque ajoutent qu'environ 120 milliards de dollars de dépréciations ont été à ce jour annoncées par les institutions de Wall Street depuis que la crise des marchés de crédit a éclaté au grand jour l'été dernier./GG

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24 mars 2008

Paul Jorion

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la tribune 20/3/08

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Le spectacle actuel de l'appareil financier s'effondrant par pans entiers nous force à reconnaître qu'il n'est en réalité pas autorégulé et à tirer les conclusions qui s'imposent, juge Paul Jorion, chercheur à l'Ucla (Los Angeles).
On entend répéter que la finance est un système autorégulé et la chose est considérée comme allant de soi durant ces périodes fastes où tout fonctionne pour le mieux et où chacun - ou presque - s'enrichit. C'est pourquoi le moment est bien choisi pour reposer la question. Je ne préjugerai pas de la réponse. Il est vrai que l'on voit aujourd'hui se fermer d'eux-mêmes, sans intervention extérieure, les secteurs qui ont cessé d'être rentables. Et je ne doute pas qu'ils rouvriront aussitôt leur rentabilité rétablie.

Mais le spectacle actuel de l'appareil financier s'effondrant par pans entiers constitue-t-il bien ce que l'on entendait couvrir du terme d'"autorégulation"? Ou bien faut-il admettre que la promptitude à l'emballement de ses diverses parties, associée à la manifestation répétée de l'"effet domino" dans son ensemble, nous forcent de reconnaître qu'il n'est en réalité pas autorégulé et de tirer les conclusions qui s'imposent.

Bien sûr, de nouvelles réglementations sont instituées chaque fois qu'une crise éclate, mais ces mêmes règles sont levées aussitôt que le souvenir des événements fâcheux qui les avait nécessitées s'estompe dans les mémoires. C'est cette particularité qui m'avait conduit à réclamer pour l'économie l'équivalent d'une constitution. Les articles d'une constitution sont eux aussi révisables, mais le texte, du fait de sa cohérence globale, est moins sujet à l'amnésie et la révision d'un article réclame a minima l'exercice salutaire consistant à consulter les attendus du débat qui conduisit initialement à sa rédaction ou ultérieurement à ses révisions successives.

La question de savoir si la finance est auto-adaptative est plus facilement résolue: elle ne l'est manifestement pas. A chaque fois que le système renaît de ses cendres, l'occasion lui est offerte de répéter les erreurs qui furent les siennes dans ses avatars précédents. Pourquoi s'intéresse-t-on tant aujourd'hui aux causes de la crise de 1929 ?

Parce que le contexte social de disparité croissante dans la répartition du patrimoine, la bulle de l'immobilier qui la précéda et l'invention toujours plus ingénieuse de procédés de démultiplication de l'effet de levier, résonnent d'un ton familier à nos oreilles. A quoi s'ajoute la complexification qu'autorisent les développements technologiques intervenant entre deux crises, contribuant à accroître la fragilité du système à chacune de ses résurrections. Contrairement à ce que l'on pourrait espérer du fait de l'intrication croissante de ses différents secteurs et des effets de contagion que celle-ci autorise, la finance gagne à chaque fois, non pas en robustesse mais en fragilité.

Alors que faire? Le noeud du problème réside dans l'impossibilité pratique de mesures préventives: le système récompense en effet si généreusement ceux qui y participent dans ses époques fastes, qu'il s'avère impossible d'entraver aujourd'hui, et quelle qu'en soit l'inéluctabilité, les effets désastreux qui apparaîtront demain. Il faut ainsi attendre à chaque reprise que l'écoeurement intervienne pour que les mesures qui s'imposaient soient enfin envisagées post festum.

Les ressorts de la tendance à l'emballement et de l'"effet domino" sont connus: les prix "spéculatifs" qui décollent de la valeur de leurs fondamentaux, l'effet de levier qu'autorise l'emprunt, et les produits dérivés qui encouragent les paris directionnels sur l'évolution des marchés financiers. Est-ce à dire qu'il faille fixer les prix? La mesure serait certainement excessive. Mais cela signifie-t-il pour autant qu'il ne faille en fixer aucun?

Prohiber l'emprunt serait excessif. Mais interdire certains usages des sommes empruntées ne le serait peut-être pas, en particulier si l'usage envisagé était de spéculer sur les prix. Prohiber les produits dérivés serait excessif et même malvenu puisqu'ils favorisent les stratégies de couverture qui réduisent les risques accompagnant les variations de prix. Mais faut-il pour autant autoriser les positions "nues" sur les dérivés qui créent artificiellement du risque là où il n'y en avait pas?

La crise de 1929 aura pu apparaître comme un "incident isolé", sa répétition devrait au contraire exclure la thèse de l'accident. Il faudra s'asseoir à la table et rédiger ensemble une constitution qui règle les rapports entre la finance, en figure d'accusée, et l'économie, sa victime.

La tâche sera ardue car le saut à accomplir aura la même signification et la même importance cruciale que celui qui nous a fait passer dans le domaine politique, des régimes arbitraires et autoritaires à la démocratie. Il est regrettable qu'il faille attendre pour cela que le stade de l'écoeurement soit tout d'abord atteint: l'écoeurement est le symptôme du long cortège des misères qui finit par l'engendrer.

Paul Jorion, chercheur à l'Ucla (Los Angeles), auteur de "Vers la fin du capitalisme américain ?", Editions La Découverte, 2007
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Une nationalisation à l’américaine, par Paul Jorion
18 mars 2008

Privatiser les bénéfices socialiser les pertes, serait-ce là le schéma du sauvetage de la Bear Stearns organisé par la Fed ? Les explications de Paul Jorion.




La chose qui m’a semblé la plus intéressante dans le Wall Street Journal d’aujourd’hui - et croyez-moi, ce ne sont pas les candidats qui manquent - c’est une annonce en pleine page : « To : Mr. Ben Bernanke. Please don’t put garbage in the Federal Reserve » : « Mr. Bernanke - le président de la banque centrale américaine - S’il-vous-plaît, n’engrangez pas d’ordures dans la Federal Reserve Bank ». Le texte est une petite merveille d’explication technique sur la manière dont fonctionnent les Residential Mortgage-Backed Securities (titres adossés à des prêts hypothécaires résidentiels) et rédiger un texte de cette nature n’est donc pas à la portée du vulgum pecus.

Cette annonce constitue une attaque en règle, très intelligente d’ailleurs, contre la nationalisation déguisée de Bear Stearns, autrefois la cinquième banque d’affaires de Wall Street, spécialisée dans les Residential Mortgage-Backed Securities, officiellement vendue dimanche à la banque commerciale JP Morgan Chase mais avec en arrière-plan, un rachat - lui aussi déguisé - de son portefeuille de RMBS par la Federal Reserve, à concurrence de 30 milliards de dollars. Dans sa partie rédactionnelle, le Wall Street Journal d’aujourd’hui explique que sans ce coup de pouce de la Fed, JP Morgan n’aurait pas été partant... et il fallait faire vite dimanche après-midi avant l’ouverture dans la soirée de la bourse de Tokyo entamant sa session de lundi.

Mr. Gordon Brown, le Premier Ministre britannique, a nationalisé Northern Rock et il a répété hier que son gouvernement n’hésiterait pas à ré-intervenir de manière similaire si la chose s’avérait nécessaire. Aux États-Unis, on ne nationalise pas d’un cœur aussi léger et la formule adoptée pour Bear Stearns : 236 millions de la poche de JP Morgan et 30 milliards de la poche du contribuable, permet de sauver la face puisqu’au niveau des apparences du moins, la solution reste confinée au sein du secteur privé.

L’astuce consistait à dire que Bear Stearns mettait en gage un portefeuille de Residential Mortgage-Backed Securities qui « manquait simplement de liquidité » et qu’il ne s’agissait donc pas d’un rachat mais seulement d’un prêt dont le collatéral serait saisi et revendu en cas de pépin, sans qu’aucun risque n’existe par conséquent pour le contribuable de voir disparaître en fumée les 30 milliards de dollars avancés. L’annonce dans le Wall Street Journal met elle les pieds dans le plat : le collatéral en question ne vaut pas tripette affirme-t-elle et le message, dont chaque lettre mesure un bon demi-centimètre, ne risque pas de passer inaperçu.

J’ai cherché à savoir qui a placé l’annonce et n’ai encore rien trouvé. Plusieurs suspects possibles : l’extrême-dr oite libertarienne américaine, proche du Ca to Institute, et voulant dénoncer une nationalisation déguisée ? C’est possible : cette tendance ne représente rien dans l’opinion, comme le confirme la campagne confidentielle de son candidat présidentiel, Ron Paul, mais elle est puissante dans le milieu financier : les pages éditoriales du même Wall Street Journal sont entre ses mains. Cela dit, on est en Amérique et je soupçonne plutôt derrière l’annonce l’un de ces fonds d’investissement spéculatifs ayant parié à la baisse sur le marché des RMBS et qui voient d’un mauvais œil le gouvernement les accepter comme collatéral d’un prêt. L’annonce le dit : même à 60 cents du dollar, les RMBS de notation « A A A » ne trouvent plus preneur. Alors à quoi pense le gouvernement en agissant comme si elles valaient encore quelque chose ?

Ah ! j’oubliais : la Fed a réduit son taux directeur de ¾ de point. La bourse de New York ne se sentit plus de joie et grimpa de 3,51 %. Tout va bien !

PS : l’auteur de l’annonce est Andy Beal (merci Philippe Barbrel), un banquier excentrique, grand joueur de poker, qui tenta autrefois de mettre sur pied une compagnie privée de placement sur orbite de charges lourdes. Quant à la « conjecture de Beal » dotée d’un prix de 100.000 dollars, c’est une généralisation du théorème de Fermat. Mais c’est bon sang bien sûr : un polymathe ! J’aurais dû y penser !

Paul Jorion, sociologue et anthropologue, a travaillé durant les dix dernières années dans le milieu bancaire américain en tant que spécialiste de la formation des prix. Il a publié récemment Vers la crise du capitalisme américain ? (La Découverte : 2007).

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14 mars 2008

Crise Financière : nous sommes tous roubinistes désormais

Crise Financière : nous sommes tous roubinistes désormais
14 mars 2008

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Les pertes du système financier sont maintenant estimées entre 2000 et 3000 milliards de dollars, ce qui place virtuellement les banques dans une situation de faillite généralisée. En tentant de se protéger en différant la reconnaissance de leurs pertes, elles accroissent le risque d’un effondrement systémique. Tous les économistes s’accordent à penser qu’une recapitalisation d’urgence est nécessaire. Mais cette mesure nécessiterait une nationalisation massive du système bancaire, impensable au pays de la libre entreprise, et ceci d’autant plus en année électorale. Faute de pouvoir - pour l’instant - briser ce tabou, la Fed en est réduite aux expédients et se transforme en mont de piété pour créances douteuses.

Contre Info, 14 mars 2008

Voilà encore quelques semaines on observait avec inquiètude la disparition de quelques milliards par ci, quelques autres par là, et la France était mise en émoi par les 7 milliards de dollars de pertes subies par la Société Générale.

Nous avons désormais nettement changé d’ordre de grandeur.

Aujourd’hui, l’unité de compte des calculs « sur le dos de l’enveloppe » qu’affectionnent les américains, c’est le billion de dollars, 1000 milliards de dollars.

Il y 15 jours, une éternité au rythme ou vont les choses, Martin Wolf, chroniqueur économique au Financial Times, reprenait le chiffre établi par Nouriel Roubini, et rappelait qu’après tout, 1000 milliards ne représentent « que » 7% du PIB US. Il « suffirait » donc de laisser filer le déficit de 63% à 70%, et d’accepter de payer 0,2% du budget en intérêts de la dette pour régler la facture de cette crise. Une « bagatelle budgétaire », concluait-il, en comparaison des pertes subies lors des crises asiatiques qui avaient volatilisé des montants allant jusqu’à 40% du PIB des pays concernés.

Les économistes intervenant sur le forum du Financial Times n’ont pas tardé à le convaincre que l’optimisme n’est plus de mise.

Les échanges que nous résumons ici ont eu lieu avant l’annonce de la nouvelle intervention de la Fed. Mais ils conservent tout leur intérêt et permettent d’entrevoir la situation dans laquelle se trouve le système financier mondial. Au bord du gouffre.

Nous sommes tous roubinistes désormais

En réponse à Martin Wolf, Roubini affirme que les 1000 milliards ne sont que le sommet de l’iceberg. Voici pourquoi.

Tout d’abord, 1000 milliards représentent une somme quatre fois supérieure à celle de la faillite des caisses d’épargnes, qu’il chiffre à 250 milliards.

Deux, les crises financières volatilisent le capital des banques et obligent à les nationaliser.

Trois, le total des pertes de patrimoine sera bien supérieur à 1000 milliards. 10% de baisse de l’immobilier entraînent une diminution de 2 000 milliards du patrimoines des ménages, soit 14% du PIB. L’immobilier allant encore chuter de 10% au moins, les pertes atteindront 28% du PIB des USA, voire 42% si la dépréciation des biens est de 30%.

Quatre, lors d’une récession standard, l’indice boursier S&P 500 baisse de 28% en moyenne. Sur une capitalisation boursière de 20 000 milliards cela représente 5 600 milliards, soit 39% du PIB.

Cinq, l’immobilier commercial est également touché par la crise et chutera de 10 ou 20%, faisant partir en fumée quelques billions de dollars supplémentaires.

Six, la première estimation de Roubini de 1000 milliards de pertes était basée sur 300 à 400 milliards dans le secteur des emprunts hypothécaires, le reste provenant des crédits à la consommation, crédits autos, LBO, monolines, CDS). Mais il juge que les pertes sur le seul secteur hypothécaire pourraient désormais atteindre de 1000 à 2000 milliards. 8 millions de foyers ont un patrimoine négatif (dettes supérieures à la valeur du bien). Si la baisse de l’immobilier se poursuit, ce seront 16, 20 millions de foyers ou plus qui seront dans cette situation et pourraient choisir de se mettre volontairement en faillite pour se libérer de leur dette.

Ces montants phénoménaux détruiraient complétement le capital des banques et conduiraient à une crise systémique.

Selon Roubini, le grand total s’établirait donc à : emprunts hypothécaires : 1000/2000 + autres pertes de crédit : 700, soit une facture de 1 700 à 2 700 milliards.

Le renflouement du système couterait entre 12 à 19% du PIB.

Les banques virtuellement en faillite ?

Kent Janér, de son coté, note qu’avec une estimation des pertes situées entre 400 milliards - selon le G7, et 1000 milliards, les banques ont vu fondre l’équivalent d’une grande partie de leur capitalisation. Les apports des fonds souverains, qui ont tant agité les USA en raison de la valeur symbolique de ces rachats, n’ont quant à eux amené que 90 milliards d’argent frais, soit une misère.

Si elles sont encore loin de la faillite juge-t-il - en n’ayant pas encore pris connaissance des dernières estimations de Roubini - leurs ratios prudentiels, leurs réserves, sont largement insuffisants et inférieurs aux niveaux de sécurité.

Martin Wolf précise que les total des capitaux propres (tiers un) des 1000 plus grandes banques mondiales s’établissait à 3 365 milliards en 2006.

Leur stratégie actuelle consiste à passer les pertes à petites doses, tout en contractant la valeur totale de leurs engagements, pour maintenir des comptes présentables.

Cette façon de différer l’heure de l’apurement et de réduire leur activité provoque un préjudice majeur pour l’ensemble de l’économie, car elle implique la prolongation de la contraction du crédit.

Le volume total de crédit octroyé par les banques s’élève à 74 200 milliards. Si les pertes réduisent les capitaux propres d’un tiers, Wolf remarque que le volume des crédits octroyés devrait mécaniquement diminuer de 22 000 milliards, ce qui provoquerait à coup sûr une dépression majeure, s’alarme-t-il.

Janér en conclut que les banques devraient être rapidement recapitalisées, de gré ou de force, pour leur permettre d’éponger leurs pertes, s’étonnant par ailleurs qu’elles puissent continuer à distribuer des bénéfices alors qu’immanquablement elles devront faire appel à l’état pour restaurer leur capital.

Un autre intervenant, Rob Goodson, remarque que si effectivement un processus conjoint de constat rapide des pertes et de recapitalisation est requis pour liquider au plus tôt les séquelles de la bulle, il a peu de chances d’être mis en oeuvre.

Il note que les USA sont en année électorale, peu propice aux décisions douloureuses, et que la culture libérale du pays rend improbable les solutions interventionnistes. De ce fait, au lieu de pratiquer une politique active de mise à plat des pertes, les autorités en sont réduites à accompagner un processus piloté par des banques qui veulent avant tout se préserver ce qui prolonge et amplifie d’autant les effets destabilisateurs.

Wolf, au vu des chiffres de Roubini, estime que 2 000 à 3 000 milliards de pertes « décapiteraient le système financier. » La solution, serait alors la prise en charge par l’état de l’ensemble des pertes, dit-il.

Nationalisation est un mot (pour le moment) imprononçable aux USA

Ces échanges illustrent à la fois la gravité de la situation, et le tabou culturel que représente l’intervention directe l’état pour nombre d’économistes US, qui voient là comme un aveu d’échec inacceptable du modèle qui est le leur.

Mais la recapitalisation qui s’impose de l’avis de tous ne pouvant être imposée sans prise de contrôle, Hank Paulson en est réduit à « encourager [les banques] à renforcer leurs bilans » tout en rappelant qu’il est nécessaire que ces établissements continuent à octroyer des crédits pour aider la croissance économique.

Voila la seringue ou sont piégées les autorités américaines. Les banques, qui réagissent en essayant de se protéger individuellement, aggravent la situation. Leurs réflexes de survie mettent en danger le système dans son entier. Mais sauf à prendre le contrôle de l’ensemble de la place financière, il n’existe aucun moyen de traiter en profondeur les causes et d’y apporter des remèdes.

Faute de pouvoir briser le tabou, la Fed en est réduite à se transformer en mont de piété. Elle prend en dépôt des créances douteuses en échange de bons du Trésor.

En choisissant de fournir aux banques pour 200 milliards en échange des titres invendables, Bernanke tangente cette frontière qu’il devra bientôt traverser contraint et forcé.

Car ces 200 milliards représentent bien peu en regard d’un marché totalisant 11 000 milliards de titres, et ne suffiront sûrement pas à « reflater » les actifs pris dans le tourbillon de la spirale baissière.

La prochaine étape logique pourrait bien être le rachat pur et simple des créances douteuses, avant dernière tentative pour sauver les banques et l’ensemble de l’économie avant « l’option nucléaire, » la nationalisation.

Documents :

Martin Wolf : Why Washington’s rescue cannot end the crisis story, suivi des commentaire de Roubini, Goodson, Janér, et des réponses de Wolf

Martin Wolf : Going, going, gone : a rising auction of scary scenarios

Lire aussi : Nicolas Barré, Le Figaro Penser l’impensable

La situation actuelle appelle ainsi une réponse globale, à la mesure du séisme qui risque de se produire. Il est minuit moins cinq. Il reste peu de temps pour penser l’impensable avant qu’il ne survienne.

http://contreinfo.info/article.php3?id_article=1822

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13 mars 2008

DJ E-U: saisies immobilières +60% en février

DJ E-U: saisies immobilières +60% en février - RealtyTrac
Dow Jones le 13/03/2008 à 17:18

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DOW JONES NEWSWIRES

Les procédures de saisie immobilière ouvertes en février aux Etats-Unis ont bondi de 60% par rapport à l'année dernière mais ont reculé de 4% par rapport au mois de janvier, a annoncé jeudi l'institut d'études spécialisé RealtyTrac.

Quelque 223.651 procédures de saisie ont été ouvertes en février, affectant ainsi un ménage sur 557 aux Etats-Unis, selon l'institut.

Le repli de février par rapport à janvier est comparable au déclin de 6% observé en février 2007 par rapport à janvier 2007, note le directeur général de RealtyTrac, James J. Saccacio. Mais la hausse de 60% enregistrée par rapport au mois de février de l'année dernière est le triple de la progression d'une année à l'autre observée en février 2007, ce qui indique que "nous n'avons pas encore atteint le sommet du cycle de saisies immobilières", ajoute le responsable.

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