27 mars 2008
la faiblesse des ventes de logements neufs par rapport aux récessions
Ce graphique montre la faiblesse des ventes de logements neufs par rapport aux récessions des 45 dernières années. Comme a chaque fois, quand les ventes de logements neufs sont en forte baisse, cela annonce une récession (en bleu)
Idem pour ce qui est de l’offre
http://calculatedrisk.blogspot.com/2008/03/more-on-new-home-sales.htm
22 mars 2008
La récession américaine pourrait être l'une des plus graves depuis 1945
LORENBARRE
La récession américaine pourrait être l'une des plus graves depuis 1945
LE MONDE | 21.03.08 | 12h15 • Mis à jour le 21.03.08 | 12h16New York, envoyé spécial

La majorité des économistes américains sont maintenant convaincus que les Etats-Unis ont basculé dans la récession. Pour Martin Feldstein, président du National Bureau of Economic Research, dont la mission consiste à déterminer les périodes de récession, non seulement celle-ci a commencé, mais elle serait l'une des plus sévères depuis la seconde guerre mondiale. Alan Greenspan, ancien président de la Réserve fédérale (Fed) de 1987 à 2006, évoque la crise la plus "wrenching" (douloureuse) depuis 1945.
Le principal danger, selon Kenneth Rogoff, ancien économiste en chef du Fonds monétaire international (FMI) et professeur à l'université d'Harvard, est de voir la récession s'amplifier et s'alimenter elle-même. La fameuse spirale négative, que craint tant Ben Bernanke, le président de la Fed. M. Rogoff estime à 50% la probabilité d'un tel scénario : la contraction de l'activité pourrait alors continuer jusqu'en 2009. "Le scénario rose serait de deux ou trois trimestres de récession modérée suivis d'une lente reprise, mais il faudra de la chance pour qu'il se réalise", estime-t-il.
L'ex-secrétaire au Trésor, Lawrence Summers, est aussi inquiet. L'affaiblissement de la consommation devrait peser sur la rentabilité des entreprises, qui pourraient en retour réduire leurs investissements et licencier, amplifiant ainsi la récession. Ce phénomène est en train d'apparaître dans l'automobile. Le cabinet spécialisé JD Power a révisé à la baisse cette semaine ses prévisions de ventes de voitures cette année aux Etats-Unis, de 15,7 à 14,9 millions. Il s'agirait du plus bas niveau depuis 1994. "Le marché automobile est entré dans une vraie phase de récession", affirme Bob Schnorbus, économiste en chef de JD Power. Cela contraindrait les constructeurs américains, déjà mal en point, à de nouvelles suppressions de postes.
Le problème le plus grave vient du marché du crédit. La crise financière née de la débâcle des prêts immobiliers à risques (subprimes) s'est transmise à l'économie réelle via une raréfaction et un renchérissement du crédit pour les consommateurs et les entreprises, car les établissements financiers sont confrontés à une crise majeure de liquidités. Countrywide Financial, le plus gros établissement de crédit immobilier américain, a ainsi presque cessé de prêter en février. Pour éviter un blocage total du marché du crédit, la Réserve fédérale se démène.
Après avoir été critiqué en 2007 pour sa lenteur de réaction, M.Bernanke est aujourd'hui salué pour son énergie. Dans le cadre de ses travaux universitaires sur la dépression des années 1930, cet ancien professeur de Princeton a développé la théorie du "financial accelerator" (accélérateur financier). Elle montre que les pertes des banques, à la suite d'un retournement brutal du cycle de crédit, les amènent à cesser de prêter et à amplifier ainsi le ralentissement de l'activité et l'effondrement de la valeur des biens sur lesquels sont gagés les prêts compromis.
Voilà pourquoi la Fed a baissé à toute vitesse le coût de l'argent au jour le jour de 5,25% à 2,25% depuis septembre, et a injecté dans le même temps plus de 400 milliards de dollars de liquidités pour financer le système bancaire.
Mais les outils de politique monétaire ont leurs limites. Les baisses de taux mettent des mois à se diffuser dans l'économie et ne sont qu'un moyen indirect de soutenir les emprunteurs. Les ventes de maisons ne reprendront pas tant que les acheteurs potentiels seront convaincus que les prix vont encore baisser.
Une intervention de l'Etat fédéral sera peut-être nécessaire. Une première étape a été franchie avec la décision annoncée mercredi de permettre aux deux grands établissements publics de crédit, Fannie Mae et Freddie Mac, de prêter 200 milliards de dollars supplémentaires grâce à la réduction d'un tiers des capitaux qu'ils doivent mettre en face de leurs engagements. Au Congrès, les parlementaires réfléchissent à la possibilité pour l'Etat de racheter massivement les prêts immobiliers. Il accorderait ensuite des conditions de remboursement plus favorables aux emprunteurs en difficulté. Mais la situation n'est pas jugée aujourd'hui assez dramatique pour qu'une administration puisse justifier politiquement la reprise de 2000 à 3000milliards de dollars de crédits immobiliers.
Eric Leser
09 mars 2008
Don't Fight the Fed?

La FED a-t-elle reelement encore en main le contrôle de la situation ?
a observer le comportement du marché a chacune des baisses de taux on constate que le marché veut + beaucoup +

Les pertes d’emploies n’indique pas encore la moindre stabilisation que du contraire
Si on compare maintenant les pertes d’emploies, le prix de maisons avec l'evolution du SP500
Difficile de ne pas y voir les premiers symptômes d’une récession US
Sc : http://bigpicture.typepad.com/comments/2008/03/saturday-mornin.html
Stephen S. Roach : La crise des deux bulles
Stephen S. Roach : La crise des deux bulles

8 mars 2008« La leçon à tirer de l’économie japonaise dans les années 1990 est que l’interaction entre les bulles financière et de l’économique réelle provoque de graves dommages. Une interaction tout aussi meurtrière entre l’éclatement des bulles immobilière et du crédit est désormais à l’œuvre aux États-Unis. » Stephen S. Roach, de la Morgan Stanley, pointe les similudes entre les situations japonaises et américaines. La sortie de crise ne passera pas par énième une relance de la consommation à crédit, juge-t-il, mais par une politique de grands travaux et une réorientation de l’économie US vers l’export. Keynésianisme et patriotisme industriel seraient-ils revenus à l’ordre du jour ?
Par Stephen S. Roach, New York Times, 5 mars 2008
Confrontée à des marchés du crédit de plus en plus turbulents et aux mauvais indicateurs de l’activité économique, la Réserve Fédérale a été exceptionnellement rapide et déterminée à agir en abaissant ses taux. La Maison Blanche et le Congrès ont également réagi rapidement, en approuvant un crédit d’impôt pour les ménages et des allégements fiscaux pour les entreprises. La Fed pourrait également assouplir à nouveau sa politique monétaire.
La question centrale pour l’économie est la suivante : Est-ce que ces remèdes seront efficaces ? La même question s’était posée maintes fois au Japon au cours de la « décennie perdue » des années 1990. Malheureusement, comme ce fut le cas au Japon, la réponse pourrait bien être négative.
Si l’économie américaine était entrée dans un ralentissement conjoncturel classique, il y aurait de bonnes raisons de croire qu’un stimulus contracyclique intervenant à temps, tel celui conçu à Washington, soit efficace. Mais nous n’assistons pas à un ralentissement conjoncturel habituel. Il s’agit d’une récession née de l’éclatement d’une bulle.
Les États-Unis traversent actuellement leur deuxième cycle de ralentissement économique post-bulle en sept ans. Pourtant, celui-ci contraste nettement avec la période de désordre qui a suivi l’éclatement de la bulle sur le marché des actions en 2000 et 2001. À l’époque, il y a eu un effondrement des dépenses d’investissement des entreprises, un secteur représentant au plus 13% seulement du produit intérieur brut réel.
La récession actuelle a été déclenchée par l’éclatement simultané des bulles immobilières et du crédit. La liquidation de ces excès va probablement se faire ressentir durablement dans le secteur du bâtiment et sur les consommateurs américains. Ces deux secteurs économiques représentent ensemble 78% du PIB, soit six fois plus que le secteur qui avait provoqué la récession il y a sept ans.
Pour les économies dépendant de la valeur des actifs et sujettes à l’apparition de bulles, une reprise cyclique - même lorsqu’elle est soutenue par des politiques monétaire et budgétaire agressives - est loin d’être assurée. Au cours des six dernières années, les consommateurs à court de revenus ont compensé leurs faibles augmentations de salaires en extrayant des liquidités des patrimoines immobiliers surévalués par la bulle immobilière née de la baisse des taux. Ce jeu là est désormais terminé.
A Washington, les décideurs risquent de ne pas pouvoir mettre un terme au ralentissement provoqué par l’éclatement de la bulle. Les baisses de taux d’intérêt ont peu de chances d’enrayer la baisse généralisée des prix de l’immobilier. Étant donné les énormes déséquilibres entre l’offre et la demande de nouveaux logements, les prix pourraient devoir chuter de 20% pour apurer le marché.
Les baisses de taux d’intérêt agressives de la Fed n’ont eu que peu d’effet pour contenir la contagion mortelle qui s’étend dans les marchés du crédit et des capitaux. Alors que leurs logements ont une valeur inférieure à celle de leurs emprunts et que les prêts ne sont que difficilement accordés, les consommateurs sous pression ont peu de chance d’être soulagés par la baisse des taux d’intérêt.
L’expérience du Japon a montré combien il pouvait être difficile pour les politiques économiques traditionnelles de susciter une reprise après une bulle. Au début des années 1990, les bulles boursière et immobilière ont éclaté au Japon. Cet éclatement a été aggravé par la crise bancaire et l’endettement excessif des entreprises. Près de 20 ans plus tard, le Japon continue de lutter contre les conséquences de cette crise.
Il y a d’étranges similitudes entre la situation des États-Unis aujourd’hui et le Japon d’alors. La Banque du Japon a poursuivi une politique monétaire extrêmement accommodante durant les années 1980. Aux États-Unis, la Réserve fédérale a fait la même chose à partir de la fin des années 1990. Dans les deux cas, l’argent à bon marché a alimenté un boom des liquidités produisant des bulles considérables.
La banque centrale du Japon avait tout d’abord nié que les bulles représentent un danger. De la même façon, il est difficile d’oublier l’attitude « blasée » de la Fed face aux bulles des actifs de la dernière décennie, tout particulièrement lorsque la crise du subprime a explosé en août dernier.
Au Japon, la crise bancaire a pénalisé le crédit durant des années. Aux États-Unis, une crise totale du crédit pourrait produire le même résultat.
Au Japon, la liquidation de l’endettement excessif des entreprises et la culture du « keiretsu », les participations croisées entre les entreprises, ont provoqué une contraction énorme des dépenses des entreprises. Aux USA, un excès d’endettement des ménages pourrait entraîner des restrictions sur les dépenses de consommation tout aussi graves et durables.
Comme leurs homologues au Japon dans les années 1990, les autorités américaines s’illusionnent peut-être en pensant qu’elles peuvent prévenir la phase finale des conséquences de l’après bulle. Les aides gouvernementales sont destinées, à tort, à maintenir un rythme élevé et non soutenable de consommation des ménages. Pourtant, c’est précisément ce type de mesure qui ont conduit les États-Unis dans le gâchis actuel, en faisant baisser le taux d’épargne, favorisant un énorme déficit commercial et conduisant les consommateurs à un niveau d’endettement insoutenable.
Une stratégie plus efficace consisterait à réorienter l’économie de la consommation vers l’exportation et des investissements dans les infrastructure, nécessaires depuis longtemps.
Cela ne sera pas facile à réaliser. Un tel changement dans la composition de l’économie nécessitera des mesures favorables à d’exportation comme une baisse du dollar et une augmentation de la consommation dans le reste du monde, ce qui permettrait de renforcer la demande pour les produits de fabrication américaine. Les choix budgétaires devraient viser à jeter les bases de la croissance future, en particulier par la modernisation des routes, des ponts et des ports qui sont vétustes.
Cela ne signifie pas que Washington ne devrait pas aider les victimes innocentes des effets de la bulle - surtout les familles à revenu faible ou moyen. Mais l’accent doit être mis sur le soutien de ceux qui ont été les plus atteints par cette crise de crédit plutôt que de tenter de relancer la dépense excessive de consommateurs surendettés.
En mettant l’accent sur les exportations et sur les dépenses d’infrastructure, nous pourrions être en mesure de limiter la récession. Une telle approche pourrait également jeter les bases d’un modèle plus et durable et équilibré de relance économique conjoncturelle pour le cycle suivant. Un ensemble de mesures destinées à stimuler les exportations et les investissements dans les infrastructures constituerait un pas important dans cette direction.
La leçon la plus difficile, et peut-être la plus importante, à tirer de l’économie japonaise dans les années 1990 est que l’interaction entre les bulles financière et de l’économique réelle provoque de graves dommages. Une interaction tout aussi meurtrière entre l’éclatement des bulles immobilière et du crédit est désormais à l’œuvre aux États-Unis.
Les autorités américaines, en particulier la Réserve fédérale, partagent la croyance erronée selon laquelle une action rapide peut prévenir un effondrement similaire à celui du Japon. Le premier impératif est d’éviter la naissance de bulles d’actifs toxiques. Arque bouté dans le déni et victime de la myopie propre aux années électorales, Washington reste inconscient des dangers à venir.
Stephen S. Roach est le président de Morgan Stanley Asie.
http://contreinfo.info/article.php3?id_article=1805
14 février 2008
Le creux de la récession américaine d'ici à la fin de l'été
LA CHRONIQUE DE LA VOLATILITE (Mel)

Le creux de la récession américaine d'ici à la fin de l'été
Les marchés financiers intègrent désormais une récession aux États-Unis.
Le cycle moyen du PIB américain
La réaction massive de la banque centrale n'est d'ailleurs pas venue contredire cette idée : en cinq mois, la détente cumulée a atteint 225 points de base et porte désormais les taux réels de la Fed en territoire négatif. Ce remède de cheval va-t-il permettre à l'économie américaine d'éviter de subir une récession de grande ampleur ?
Historiquement, l'économie américaine est tombée sept fois en récession depuis 1960. En moyenne, la perte de production lors d'une récession est d'environ 1 point de pourcentage et le creux est généralement atteint au bout de trois trimestres. Seules les récessions de 1969 et de 1973 dérogent à la règle, avec un point bas au bout de deux et six trimestres. Mais les récessions diffèrent en intensité : celles de 1973-74, 1980 et 1981 ont été de loin les plus fortes, alors que celles de 1991 et 2001 ont été de moins grande ampleur, avec une remarquable résistance en 2001 lorsqu'Alan Greenspan était gouverneur de la Fed.
En 2008, la consommation des ménages devrait chuter fortement, entraînée par l'éclatement de la bulle immobilière. Par contre, nous devrions assister à un fort rebond des exportations nettes américaines, sous l'impulsion d'une chute des importations et d'un bon comportement des exportations lié à la forte baisse du dollar au cours des six dernières années. Au final, le commerce extérieur contribuera positivement au PIB, mais ne suffira pas à prendre le relais de la consommation des ménages américains.
L'ampleur de la récession des dépenses de ménages est difficile à évaluer, en raison des récentes mesures de relance de 151 milliards de dollars, dont environ 100 milliards sous forme de réductions d'impôt. Celles-ci représentent 1 % des dépenses de consommation, soit le double des réductions accordées en 2001. Ces mesures de sauvetage devraient contribuer à hauteur de 0,75 % en annualisé de progression du PIB, mais seulement au cours du second semestre 2008. Au final, ces facteurs devraient permettre à la première économie mondiale d'éviter de toucher les niveaux des pires récessions connues par le passé, avec un point bas de l'économie d'ici la fin de l'été.
JEAN-LUC BUCHALET, PDG DE PYTHAGORE INVESTISSEMENT
08 février 2008
Krugman : une longue crise
Krugman : une longue crise (bacoco)

8 février 2008Ca va durer longtemps ? Jusqu’à mi-2010, juge Krugman, se fondant sur l’exemple des deux dernières récessions US de 1990 et de 2001. Peu convaincu par l’efficacité du « stimulus » - le paquet fiscal version Bush, il plaide pour une relance par l’investissement public et les dépensses d’aide sociale. Voilà des conseils, certes destinés à ses lecteurs, mais qu’il convient sans doute de garder en tête. Peut-être en aurons-nous besoin sans tarder nous aussi.
Par Paul Krugman, New York Times, 8 février 2008
Les nouvelles en provenance de l’économie cette semaine ont été plutôt sinistres. L’effondrement du crédit s’aggrave, et le très surveillé indicateur de tendance de l’activité des services - qui constitue la plus grande part de l’économie - a chuté en pente raide. Il n’est toujours pas certain que nous soyons en récession, mais cette probabilité augmente [1] .
Et si le passé peut nous servir de guide, ces problèmes persisteront longtemps. Disons jusqu’à la mi-2010.
Les problèmes auxquels fait face l’économie américaine sont semblables à ceux qui avaient provoqué les deux dernières récessions. Mais cette fois-ci, ils sont combinés.
D’un côté, l’éclatement de la bulle immobilière joue le même rôle que celui tenu par l’éclatement de la bulle Internet en 2001. De l’autre, la crise des subprimes provoque un « crédit crunch » rappellant celui intervenu après la crise des Caisses d’Epargnes à la fin des années 1980, qui avait entraîné la récession de 1990.
Vous pouvez avoir entendu dire que ces récessions ont été courtes. Et il est vrai, qu’officiellement ces deux dernières récessions ont pris fin après seulement 8 mois.
Mais les dates de fin officielles [2] sont profondément trompeuses, tout au moins en ce qui concerne les conséquences que chacun ressent. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle le gouvernement Bush, dans ses efforts (de plus en plus vains ) pour vanter ses performances économiques, met toujours en avant le nombre d’emplois créés depuis 2003. C’est seulement alors - deux ans et demi après le début de la récession - que l’économie US a commencé a montrer des signes de reprise.
Il s’est passé la même chose dix ans plus tôt. La récession débutée en 1990 s’est officiellement terminée en mars 1991, mais la reprise sans création d’emploi qui a suivi a donné aux américains le sentiment que l’économie allait au plus mal jusqu’à l’élection de 1992.
Dans la mesure où les problèmes actuels de l’économie américaine ressemblent à une combinaison de 1990 et 2001, le profil de cet épisode sera probablement semblable à celui de ces précédents : même si la récession est officiellement de courte durée, les temps resteront difficiles jusqu’à ce que la nouvelle équipe gouvernementale prenne ses fonctions.
A quel point cette épreuve sera sévère ? La caractèristique de double-bulle des problèmes sous jacents - une bulle du crédit et une bulle immobilière réunies - suggère qu’elle pourrait bien être pire que les crises de 1990 et 2001.
De très respectables économistes émettent de sombres avertissements. On a beaucoup parlé ces jours-ci d’une étude publiée par Carmen Reinhart et Kenneth Rogoff [3], qui compare les USA ces dernières années avec d’autres pays développés ayant subi des crises financières. Ils montrent que la situation des USA ressemble à celle des « cinq grandes crises, » une liste incluant par exemple la crise suédoise de 1991, qui avait provoqué une augmentation du taux de chômage de 2% à 9% en deux ans.
Peut-être aurons nous de la chance. Peut-être cela n’arrivera-t-il pas. Mais que pourrions nous faire pour limiter les dommages subis ?
Depuis septembre, la réserve fédérale a réduit sa cible de taux d’intérêt cinq fois, et tout le monde s’attend à ce qu’elle poursuive cette baisse. Les taux avaient été aussi considérablement baissés lors des deux dernières crises, mais elles durèrent tout de même plusieurs années.
Le Congrès et le gouvernement Bush sont parvenus à un accord sur un paquet de mesure de stimulus, entouré d’un fort battage médiatique. Mais ce paquet, bien que ce soit probablement mieux que rien, ne produira vraisemblablement aucun effet notable. En partie à cause de des efforts qu’ont déployés le gouvernement et les Sénateurs Républicains pour bloquer les mesures, telles l’augmentation de la durée des allocations chômage et de la distribution des tickets d’alimentations [4] , qui sont vraisemblablement plus efficaces.
En janvier, la Maison Blanche aura un nouvel occupant. Si la crise perdure, ce qui est vraisemblable, cela permettra d’envisager d’autres mesures, plus efficaces.
En particulier, il serait bienvenu de réfléchir à la possibilité d’aller au-delà des baisses et des crédits d’impôts, et de stimuler l’économie par des investissements publics, si nécessaires, par exemple pour restaurer les infrastructures du pays, très dégradées.
L’accusation habituelle contre les relances économiques par le biais des dépenses publiques, c’est que cela prend trop longtemps pour être mis en œuvre, que cela démarre alors que la récession est déjà terminée. Mais s’il apparaît que cette récession dure, ce qui semble vraisemblable, ce n’est pas un problème.
Nous n’aurons aucune politique innovante de soutien à l’économie si le prochain président ne présente pas deux dispositions majeures.
Tout d’abord, il ou elle devra se défaire des œillères idéologiques qui rendent ce gouvernement et ses alliés si férocement opposés à l’idée que le gouvernement puisse faire autre chose que de baisser les impôts.
Deuxièmement, il ou elle devra être compétent et intéressé par la politique économique. Les présidents n’ont pas besoin d’être eux-mêmes leur économiste en chef, mais ils doivent en savoir suffisamment pour déterminer parmi les suggestions qui leurs sont faites laquelle est la bonne.
Aurons nous un président de cette sorte ? A suivre...
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Publication originale New York Times, traduction Contre Info.
http://contreinfo.info/article.php3?id_article=1670
25 janvier 2008
Fret maritime : correction ou récession
Fret maritime : correction ou récession

ABN le 24/01/2008 12h45
Fret maritime : correction ou récession ?
Le Baltic Dry Index, indice phare du fret maritime, est généralement perçu comme un bon baromètre de la demande mondiale en matières premières. Or, il est en perdition depuis plusieurs semaines : il a déjà concédé plus de 40 % depuis un plus haut historique atteint en novembre dernier...Les prophètes d'Apocalypse et autres avocats de la terreur, transcendés par les dégringolades en séries des marchés actions, s'empresseront d'y voir les prémices d'une récession mondiale... Mais il s'agit en réalité davantage de l'éclatement – salutaire - d'une bulle spéculative que des signes avant-coureurs d'un ralentissement durable de l'économie mondiale... et ceci pour plusieurs raisons :
- Nombre de terminaux portuaires sont actuellement fermés, soit pour des raisons techniques soit du fait du bras de fer actuellement en cours entre les producteurs et les consommateurs de minerai de fer dans le cadre du processus annuel de négociation des prix de référence pour les livraisons aux aciéristes, ce qui accentue artificiellement la baisse des cours
- L'augmentation concomitante de la flotte mondiale de cargos et autres vraquiers a également largement contribué à la consolidation des prix d'affrètement...
- Surtout, le Baltic dry Index s'adjuge encore plus de 40 % sur un an...
Il n'en demeure pas moins vrai que la demande chinoise, en légère érosion du fait du Nouvel an, a manifestement pesé sur les cours ces derniers jours... mais elle devrait en tout état de cause repartir à la hausse dans les prochaines semaines sur fond de reconstitution des stocks de céréales et de métaux de base (cuivre notamment)... Par delà, la violence de cette correction salutaire – et l'opportunité pour les acheteurs de matières premières de s'approvisionner à moindre frais (pour le moins !) -, il n'y a finalement guère de raison de s'inquiéter en tendance de fond car, finalement, sur le marché du fret - comme sur les marchés mondiaux de matières premières -, les fondamentaux restent solides... et la dynamique essentiellement asiatique... Un baromètre donc ? Sans aucun doute...
15 janvier 2008
Le rôle des secteurs défensifs
Le rôle des secteurs défensifs depuis 3 mois
Les utilities profitent pleinement de l’incertitude mais surtout d’un environnement de baisse des taux comme c’est le cas a chaque cycle de baisse. Les pharmas comme d’habitude en période incertaine tirent leurs épingles du jeu mais ou cela devient très intéressant c’est quand on regarde du coté de la consommation de base.
En fait il faut distinguer les 2 principaux indices de la consommation que sont le « consumer staples et le discrétionnaire »
Consumer staples : produit alimentaire, produit ménager, tabac bref du Food and beverage en un mot tous ce dont on ne se passe pas même en période de récession
Consumer discretionary : hôtel, luxe, voyage, voiture bref le superflu. C’est de ce coté en premier lieu que les consommateurs vont vouloir faire des économies
Si on regarde le ratio XLP/XLY le doute n’est + permis le consommateur US se tourne en direction de la sécurité et ne veut plus jeter son argent pour des biens matériel dont on sait se passer dans des périodes ou l’on doit se serrer la ceinture
Malheureusement cela sous entend au regard du cycle économique US (en vert) que nous sommes bien dans un bear market depuis quelques semaines (courbe rouge représente le marché)
06 décembre 2007
"A mon avis, nous sommes déjà en récession. On peut le voir à la demande d'essence", estime Jim Ritterbusch.
selon Jim Ritterbusch.(laloss)
Les cours du pétrole poursuivent leur repli
REPLI DES COURS DU PÉTROLE
LONDRES (Reuters) - Les cours du pétrole poursuivent leur repli jeudi après la hausse marquée des stocks américains d'essence et de produits distillés et la décision de l'Opep de laisser sa production inchangée.
A la mi-journée, le brut léger américain pour livraison janvier cédait 1,40 dollar (1,6%) à 86,06 dollars le baril, après être un moment retombé à 85,82 dollars, son niveau du 24 octobre. Le record du brut US, à 99,29 dollars, remonte au 21 novembre.
Le Brent de la mer du Nord même échéance perdait 1,65 dollar (1,9%) à 86,84 dollars.
Le baril de brut léger américain avait pris mercredi dans un premier temps plus de deux dollars après le maintien par l'Opep de ses volumes de production, malgré les appels répétés de plusieurs pays consommateurs en faveur d'un relèvement des quotas.
"Il y a assez de brut sur le marché pour satisfaire la demande actuelle et c'est pourquoi l'Opep a décidé de ne pas augmenter sa production", explique Tetsuo Emori, gérant de fonds chez Astmax Futures.
L'annonce ensuite d'une baisse de huit millions de barils, dix fois plus forte qu'attendu, des réserves américaines de brut, tombées à leur plus bas niveau depuis mars 2005, a fourni une nouvelle illustration des risques de tension entre l'offre et la demande.
Mais cette baisse a été attribuée au brouillard qui a perturbé le rythme des importations arrivant par le golfe du Mexique. En revanche, les stocks se sont à nouveau affiché en hausse au terminal de Cushing, dans l'Oklahoma, très surveillé par les marchés.
Le point sur les stocks a par ailleurs également été marqué par une hausse bien plus forte que prévu des réserves d'essence, qui ont augmenté de 4,0 millions de barils alors que le marché anticipait une hausse de 900.000 barils.
Les réserves de produits distillés, qui incluent le fioul domestique, ont augmenté quant à elles de 1,4 million de barils. Les analystes attendaient une baisse de 300.000 barils.
Certains analystes, comme Jim Ritterbusch, président de Ritterbusch and Associates, estiment que la décision de l'Opep de se réunir début février au lieu de mars comme prévu peut vouloir dire que le cartel est prêt à augmenter sa production si nécessaire.
Les analystes estiment aussi que la remontée du dollar ces derniers jours, monnaie dans laquelle est libellée le prix de l'or noir, contribuent au reflux des cours.
Les analystes mettent aussi en avant le ralentissement de la croissance aux Etats-Unis induit par la crise du crédit et la hausse des prix des matières premières et qui devrait déboucher sur un ralentissement de la demande mondiale d'or noir.
"A mon avis, nous sommes déjà en récession. On peut le voir à la demande d'essence", estime Jim Ritterbusch.
29 septembre 2007
récession aux US pas si grace que ca
Si une récession venait à se confirmer aux USA elle pourrait avoir moins d’impact négatif que par le passé
Depuis le début de l’année, tous les secteurs qui surpassent sont les grandes multinationales qui obtiennent + de 50% de leurs revenus hors des USA, et comme l'économie globale se porte bien, les indices US aussi. Ceux qui font - bien sont + liés à la dépense domestique du consommateur et aux finances.
Maintenant regardons les pondérations des divers secteurs dans le S&P 500. Noter que presque 60% des industries obtiennent une bonne partie de leurs revenus d'outre-mer, ou est en grande partie isolé d'un ralentissement dans une demande globale du consommateur (comme les soins de santé) en + Les utilités devraient bien se comporter dans un environnement de baisse de taux d'intérêt.
sc:
http://www.tigersharktrading.com/articles/10136/1/A-Bull-Market-and-a-Recession/Page1.html






















