03 septembre 2007
Hedge funds, des boucs émissaires
Hedge funds, des boucs émissaires tout WERNER
désignés
La Tribune - 03/09/07 -
Dans un article d'opinion, l'Edhec estime que les fonds spéculatifs ont été à tort rendus responsables de la crise financière de cet été.
Les périodes de crise financière sont toujours propices à la chasse aux sorcières. Les turbulences nées de la crise des crédits hypothécaires à risque (subprimes) aux États-Unis n'ont pas échappé à la règle. À côté des agences de notation, les hedge funds ont été dès les premiers signes de la crise montrés du doigt. Pourtant, dans un article d'opinion, l'École des hautes études commerciales, l'Edhec, prend le contre-pied des déclarations des responsables politiques et des régulateurs européens qui ont désigné ces fonds spéculatifs comme les responsables de cette crise des subprimes et de sa contagion aux autres compartiments du marché du crédit.
" La mise en cause des hedge funds est non seulement sans fondement mais contribue à occulter les vraies causes de la crise financière de cet été ", peut-on lire dans ce document. " Cette crise est une crise de confiance dans l'information financière et la capacité du marché à apprécier la solvabilité des établissements de crédit. Ce ne sont pas les pertes sur les marchés des subprimes ou du crédit qui ont obligé les banques centrales à intervenir mais une crise de la liquidité interbancaire qui n'a rien à voir avec les hedge funds ", complète Noël Amenc, professeur de finance à l'Edhec.
D'après cette étude, la part des stratégies de gestion alternative à forte exposition au risque de crédit ne dépasse pas 20 % de l'ensemble des actifs investis dans les hedge funds, estimés à quelque 1.500 milliards de dollars. Le poids de ces fonds dans les crédits à risque relativiserait leur rôle dans la genèse de cette crise estivale et écarterait le scénario d'une crise de grande ampleur dans les hedge funds.
Les chercheurs de l'Edhec estiment au contraire que les origines de cette crise financière sont à rechercher du côté de ce qu'ils appellent la " surrégulation " financière dont les effets pervers ont abouti à ce que des fonds parfaitement régulés, en l'occurrence les fonds monétaires dynamiques, soient les plus exposés à la crise des subprimes à travers leurs investissements dans les dérivés de crédit. Les investisseurs et épargnants se reposant alors sur la réglementation en vigueur et les différentes autorités de régulation pour investir, au moins le pensent-ils, en toute confiance. " La réglementation tant européenne que française des fonds d'investissement qui prétend fixer des règles d'éligibilité des actifs et des classifications des différents types de fonds ne constitue pas une bonne approche de la protection des investisseurs ", écrit Noël Amenc. L'Edhec va même plus loin en affirmant que la réglementation, et particulièrement les normes comptables IFRS et prudentielles Solvabilité II, risque d'inciter l'industrie financière à se lancer dans une ingénierie financière toujours plus risquée.
MATTHIEU PROTARD
30 mars 2007
politique monetaire
Comme l'or, les dollars des États-Unis ont de la valeur seulement dans la mesure où ils sont strictement limités dans l'approvisionnement. Mais le gouvernement des États-Unis à une technologie, appelée une presse a billet qui lui permet de produire autant de dollars qu'il souhaite et essentiellement sans coût. En augmentant le nombre de dollars en circulation, le gouvernement des États-Unis peut également réduire la valeur du dollar en termes de marchandises et services, qui est équivalent à augmenter les prix en dollars de ces marchandises et services.
Normalement, cet argent est injecté dans l'économie par des achats de capitaux par la fed. Pour stimuler la dépense globale quand les taux d'intérêt à court terme ont atteint zéro, la fed doit élargir la balance de ses achats de capitaux. Alternativement, la fed pourrait trouver d'autres moyens pour injecter de l'argent dans le système--par exemple, en faisant des prêts a taux planché vers des banques ou coopération. Chaque méthode pour ajouter de l'argent dans l'économie a des avantages et des inconvénients, techniques et économiques.
Il suffit de comparer le $ versus Gold pour comprendre le phenomene
un site a visiter absolument :http://www.nowandfutures.com/
13 novembre 2006
Le monde continue de crouler sous les liquidités
Le monde continue de crouler sous les liquidités(werner)
[ 10/11/06 Les Echos ]
Les causes ? Elles sont plurielles : le caractère - légitimement - accommodant des politiques monétaires pendant longtemps et le désir des emprunteurs de profiter des bas taux d'intérêt ; les interventions massives des banques centrales asiatiques depuis trois ans pour freiner la chute du dollar (et l'appréciation de leurs propres devises) et la création monétaire en découlant ; le recyclage des pétrodollars par les pays producteurs, qui, comme son nom l'indique, relève plus d'un phénomène d'accélération de la vitesse de circulation des dollars dans l'économie mondiale que d'une véritable création monétaire. Mais l'expérience suggère que la frontière entre ce qui accroît la masse monétaire et ce qui accélère sa vitesse de circulation est quelque part ténue, conduisant à prendre en compte les deux aspects.
Jusqu'à présent, cette abondance de liquidités a eu des effets globalement positifs. En contribuant à maintenir les taux d'intérêt à long terme à des niveaux « historiquement » bas (les guillemets sont justifiés ici par le fait que l'histoire dont il s'agit ne remonte pas très loin dans le temps...), elle a accru la résilience de l'économie mondiale, c'est-à-dire sa capacité à encaisser des chocs variés (énergétique, géopolitiques, etc.). Vu la conjugaison de ces chocs, qui aurait dit en 2003 que la croissance mondiale serait d'environ 5 % par an en 2005, en 2006 et probablement aussi en 2007 ? La progression rapide du crédit et de la dette ainsi que la modération des taux longs expliquent pour une part significative une telle résilience.
De plus, l'abondance des liquidités nourrit la bonne tenue des marchés d'actifs. Elle explique pourquoi tous ces marchés ont dégagé en 2005 des plus-values sympathiques (les actions, les obligations, l'immobilier, l'or, les matières premières, les marchés émergents...) et continuent de le faire en 2006 (sauf pour l'immobilier, et seulement dans certains pays, dont les Etats-Unis, où les prix des logements ont commencé à baisser). Sir Dennis Robertson, ennemi juré de Keynes en Angleterre, avait raison d'énoncer ce truisme qui éclaire le contexte présent : « La monnaie qui n'est nulle part doit quand même se trouver quelque part. »
A côté de ces avantages, y aura- t-il au bout du compte un prix à payer ? Du fait de phénomènes de surendettement, synomymes de lendemains difficiles pour certains ? Sans aucun doute. Sous forme d'une relance de l'inflation ? Je ne le crois pas. Certes, l'excès des liquidités ne va pas se dissiper rapidement, même si les politiques monétaires ont déjà commencé à se resserrer. Mais nous ne sommes pas dans les années 1970 et la répercussion somme toute modeste du choc énergétique enregistré depuis trois ans sur la hausse des prix est là pour l'illustrer. Il existe dans le monde actuel plusieurs remparts contre une franche reprise de l'inflation : la concurrence tous azimuts engendrée par le phénomène de mondialisation, les gains de productivité ici (en particulier aux Etats-Unis, du moins jusqu'à une période très récente), le niveau du chômage (spécialement en Europe continentale), qui bloque le jeu des effets de « second tour » dans lesquels hausse des prix et augmentation des salaires s'alimenteraient réciproquement. Pour comprendre l'impact de l'abondance des liquidités, il faut alors interpréter la fameuse équation des échanges (masse monétaire × vitesse de circulation = prix × total des transactions en volume), qui n'est rien d'autre que la définition de la vitesse de circulation, en incluant dans les prix non seulement le périmètre habituel (prix de détail ou prix de gros pour les biens et services) mais aussi les prix des actifs (financiers, immobiliers...). La croissance monétaire rapide, nourrie aussi par le crédit (dans la zone euro, le crédit au secteur privé croît en rythme annuel à plus de 11 %), vient en définitive peu relever l'inflation au sens habituel, pour les raisons indiquées. Par contre, elle nourrit la spéculation sur les prix d'actifs, avec à la clef le risque de bulles et puis celui d'explosion de ces bulles. L'abondance de liquidités dans le monde soutient avant tout l'activité et les prix d'actifs. Sans le choc pétrolier, le débat tournerait aujourd'hui autour du risque de baisses intempestives des prix, plutôt que du risque d'inflation.
A ce stade, trois conclusions s'imposent. D'abord, la conjoncture doit s'interpréter depuis quelques années comme le passage d'une bulle à l'autre. Ainsi, l'explosion de la bulle Internet entre 2000-2003 a, par des mouvements classiques de report, nourrit une bulle obligataire, une bulle immobilière dans certains pays... La dynamique ne s'arrête jamais ici, car la correction de ces bulles provoquera, un jour ou l'autre, d'autres phénomènes de report qui engendreront de nouvelles bulles.
Ensuite et en liaison directe avec le point précédent, il est tout aussi décisif, pour la consommation, la croissance et le diagnostic conjoncturel, d'anticiper les retournements sur les marchés d'actifs et l'inversion des effets de richesse (de positifs en négatifs et réciproquement) que de savoir si l'inflation au sens des indices Insee ou Eurostat est à 1,5 %, à 1,8 % ou à 2,3 %.
Enfin, les banques centrales, conscientes de tout cela, doivent en tirer toutes les implications pour la conduite des politiques monétaires. C'est loin d'être le cas, même si elles surveillent beaucoup plus qu'avant la dynamique des prix sur les marchés financiers, dans l'immobilier, etc. Il n'est pas certain que l'on puisse et qu'il faille déboucher sur une mesure globale de l'inflation, combinant prix des biens et services avec prix des actifs. Mais, comme le faisait remarquer Paul Samuelson, si l'on a deux yeux, c'est pour suivre au moins deux indicateurs. Le conseil mérite d'être entendu s'il s'agit, pour nos grands argentiers, de s'intéresser à la fois à l'inflation au sens habituel et aux processus d'inflation et de déflation des prix d'actifs.
CHRISTIAN DE BOISSIEU est président du Conseil d'analyse économique, professeur à l'université de Paris-I Panthéon-Sorbonne.















