13 mars 2008
Le Brésil toujours 1er en 2008
Le Brésil toujours 1er en 2008 Lafayeth

Le Brésil représente toujours la premiére pondération sur les émérgents avec 20% sur les fonds émérgents et 30 % sur les fonds BRIC.
Carmignac : "En 2008, le Brésil est le pays qui réserve le plus d’opportunités"
Capital.fr : En 2007, votre fonds a enregistré une performance de 23,52%. Les fonds émergents ont-ils bénéficié de la crise intervenue sur les marchés occidentaux ?
Wen Zhang-Goldberg : C’est certain. Depuis cet été, nous vivons une situation inverse à celle de 1997. Lors de la crise asiatique, les capitaux s’étaient réfugiés sur les marchés américains, qui étaient alors soutenus par de forts gains de productivité. Jusqu'à l’éclatement de la bulle Internet. Aujourd’hui, nous vivons en occident une crise financière et bancaire alors que les pays émergents connaissent une forte croissance car leur fondamentaux économiques sont bons : gros excédents commerciaux et budgétaires, importantes réserves de changes, inflation relativement maîtrisée. Cet automne, les marchés émergents ont bien résisté et sont repartis plus tôt en hausse.
Capital.fr : Le problème serait plutôt du côté de la volatilité qui est assez élevée sur ces marchés. Vous avez adapté votre portefeuille à ces soubresauts ?
Wen Zhang-Goldberg : Oui, nous avons entrepris une rotation des titres. Nous nous concentrons un peu plus sur les grandes capitalisations car elles devraient mieux résister dans un environnement qui est devenu plus fragile. Nous avons surtout acheté des valeurs de consommation liées aux marchés domestiques afin de profiter du rééquilibrage de la croissance mondiale. Désormais les pays émergents ont mis en place une croissance endogène qui permet un relèvement progressif des niveaux de vie, en particulier en Asie comme en Chine ou encore dans des pays comme la Turquie et le Brésil. Ce dernier pays reste celui où je vois le plus d’opportunités.
Capital.fr : Quels sont les secteurs que vous privilégiez ?
Wen Zhang-Goldberg : Nous sommes présents dans l’énergie, à travers le groupe pétrolier brésilien Petrobras. La découverte récente de champs pétroliers va changer le profil de la compagnie. Dans l’immobilier, j’ai sélectionné deux sociétés brésiliennes, Cyrela et Rossi, ainsi qu’une société indienne, DLF. Dans la banque, j’ai mis en portefeuille la brésilienne Unibanco, dont les prêts ont augmenté cette année de 27%, et deux établissements indiens, ICICI et HDFC. Dans la construction, nous croyons au coréen Hyundaï Engineering & Construction. Nous avons aussi des actions de la compagnie aérienne LAN Chile. A Hong-Kong, nous misons sur Ports Design, une chaîne de prêt à porter haut de gamme, et même RexCapital, une société de loterie.
Capital.fr : Quel est votre sentiment pour 2008 ?
Wen Zhang-Goldberg : Je suis prudente car les effets de la crise du ‘‘subprime’’ américain vont continuer à se diffuser et finiront par affecter l’économie réelle. En outre, l’année 2008 sera marquée par de nombreux changements politiques suite à des élections, notamment en Russie, à Taiwan, en Corée et en Thaïlande. En Chine, les autorités vont chercher à canaliser les liquidités qui affluent et pourraient continuer à relever les taux directeurs à cause des pressions inflationnistes. La Banque de Chine l’a déjà fait à six reprise en 2007.
11 mars 2008
Templeton Emergents mars 2008
Templeton Emergents mars 2008 lafayeth
mars 2008
Revue Mensuelle des Marchés Emergents
Par l’équipe « Actions émergentes » de Templeton
Perspectives
Les actions des marchés émergents se sont redressées en février après avoir connu un début d’année difficile. Le retour d’investisseurs étrangers à la recherche d’opportunités attractives s’est traduit par des flux financiers positifs et le raffermissement des devises locales a été favorable aux performances. En Europe de l’Est, la Russie et la République tchèque ont surperformé alors que la faiblesse de la lire a limité les gains en Turquie. L’Asie a enregistré des performances mitigées, les marchés indiens et hongkongais ayant reculé en février. En revanche, la Chine, le Pakistan, Taiwan et la Thaïlande ont tous enregistré des résultats à deux chiffres. Les pays d’Amérique latine se sont classés parmi les plus performants, les prix des matières premières élevés et la hausse de la demande en métaux et en produits d’origine agricole ayant soutenu les producteurs sur des marchés tels que le Brésil. La hausse de la demande intérieure et l’appréciation du real ont également soutenu les cours.
Bien qu’il ait enregistré des résultats positifs, le marché sud-africain a sous-performé ses pairs émergents en raison de la faiblesse du rand.
Analyse régionale
Asie
La Chine a connu la pire tempête de neige en plus de 50 ans, avec pour conséquence une interruption des réseaux d’approvisionnement. Les prix à la consommation ont alors augmenté de 7,1 % en glissement annuel (GA) en janvier, leur plus haut niveau depuis onze ans. Anticipant des pertes de plusieurs milliards, le gouvernement chinois s’est concentré sur des efforts de relance au mois de février. En janvier, les investissements directs étrangers (IDE) ont plus que doublé par rapport à 2006, la faiblesse du coût de la main d’oeuvre et le potentiel de consommation continuant à attirer les multinationales en Chine. Les entrées de capitaux ont augmenté de 11 % à 11,2 milliards de dollars américains, soit 15 % de hausse par rapport au total de 2007 (74,8 milliards de dollars). La croissance de l’excédent commercial chinois a ralenti pour atteindre près de 19,5 milliards de dollars en janvier contre 22,7 milliards de dollars le mois précédent. En revanche, sa hausse sur 12 mois mobiles a atteint un nouveau record à 265 milliards de dollars. La Banque mondiale a abaissé ses prévisions de croissance pour 2008 en Chine de 10,8 % à 9,6 % en raison de l’affaiblissement des perspectives économiques mondiales et du tassement de la demande en exportations. En revanche, la demande intérieure devrait rester solide. Combinée à la solidité financière du pays, elle devrait lui permettre de résister aux incertitudes économiques mondiales.
Malgré les pressions inflationnistes croissantes, la Banque centrale de Corée a maintenu son taux d’intérêt inchangé à 5 % pour le 6ème mois consécutif, les autorités s’inquiétant du ralentissement de la croissance économique. En janvier, l’indice des prix à la consommation a atteint son point le plus haut en trois ans à 3,9 % en GA, au delà des objectifs de la Banque centrale (entre 2,5 % et 3,5 %), essentiellement en raison de la hausse des prix du pétrole. La croissance des exportations est restée solide avec une hausse en janvier de 17 % en GA. En revanche, les importations ont dépassé les exportations, avec une hausse de 31,5 % en GA, qui a donné lieu à un déficit commercial de 3,4 milliards de dollars. Elément positif, le chômage a baissé à son point le plus bas en 5 ans à 3 % en janvier, son taux corrigé des variations saisonnières ayant reculé par rapport aux 3,1 % du mois de décembre. Sur le plan politique, un conseil indépendant a lavé le Président Lee Myung-bak des accusations de corruption et de manipulation boursière dont il faisait l’objet. Il a ainsi pu accéder sereinement au pouvoir en février. Le président et le gouvernement se sont fixé pour priorité le soutien de l’économie.
Afrique
Le PIB de L’Afrique du Sud a progressé de 5,3 % en glissement trimestriel sur une base annualisée, contre une hausse de 4,8 % le trimestre précédent. Les principaux moteurs de la croissance sont les secteurs de la finance, de l’immobilier, des services aux entreprises, de la manufacture et de la construction. En 2007, l’économie a crû de 5,1 en rythme annualisé, une progession inférieure aux 5,4 % de 2006. Le volume élevé des dépenses privées et publiques en infrastructures, en particulier dans le secteur de l’énergie, en vue de la Coupe du Monde 2010, pourrait bénéficier à la croissance économique sud-africaine. En janvier, l’inflation a atteint son plus haut niveau en près de quatre ans et a dépassé l’objectif du gouvernement (entre 3 % et 6 %) pour le dixième mois consécutif. Le CPIX (l’indice des prix à la consommation hors charges d’intérêt sur les titres hypothécaires) s’est inscrit en hausse de 8,8 % en GA en janvier, contre 8,6 % en décembre, essentiellement en raison de la hausse des prix alimentaires. La Banque de réserve sud-africaine a maintenu ses taux d’intérêt inchangés en février, car elle s’attend à une baisse de l’inflation en dessous des 6 % d’ici la fin de l’année 2008.
Amérique Latine
L’économie mexicaine a progressé de 3,8 % en GA au quatrième trimestre 2007, contre 3,7 % au troisième trimestre et 2,9 % au deuxième trimestre. Les principaux moteurs de l’expansion économique incluent les secteurs des transports et des communications. Sur l’année cependant, la croissance a ralenti, passant de 4,8 % en 2006 à 3,3 %. Les craintes d’affaiblissement de la croissance aux Etats-Unis ont amené la Banque centrale à maintenir ses taux d'intérêt à 7,5 % afin d'équilibrer les risques pesant sur la croissance et l’nflation. En janvier, les prix ont augmenté de 3,7 % en glissement annuel, l’objectif de la Banque centrale situant dans une fourchette de 3,75 % à 4,25 % pour le premier trimestre 2008. La Banque centrale a relevé ses taux d’intérêt deux fois au cours de l’année dernière en raison des pressions inflationnistes résultant de la hausse des prix des denrées alimentaires et du carburant.
Le sentiment positif des investisseurs a soutenu la balance des capitaux du Brésil, qui a affiché un excédent de 7,5 milliards de dollars en janvier. Les flux d’IDE se sont élevés à 4,8 milliards de dollars. Le total sur 12 mois mobiles est donc passé de 34,6 milliards de dollars en 2007 à 37 milliards de dollars. De plus, le Brésil est devenu créancier net avec une dette extérieure nette négative de 4 milliards de dollars à la fin du mois de janvier grâce à l'amélioration visible de sa position extérieure. Malgré le ralentissement économique mondial et le renforcement du real, les exportations ont connu une évolution semblable à celle de 2006, avec une hausse de 17 % (contre 16 % en 2006). L’évolution des prix des matières premières telles que le soja, le minerai de fer, le sucre et l'éthanol a soutenu les exportations.
Europe
La croissance du PIB russe a dépassé les prévisions du gouvernement (+7,7 %-7,8 %), progressant de 8,1 % en GA en 2007. La croissance a notamment été portée par les secteurs de la construction, de la production manufacturière et du commerce de gros et de détail. Le gouvernement prévoit une croissance de l’économie située entre 6,5 % et 7 % au cours des trois prochaines années. Les investissements sont restés soutenus, les flux d’IDE s’élevant à 47 milliards de dollars en 2007. Afin de réduire les pressions inflationnistes, la Banque centrale a relevé ses taux d’intérêt de 25 points de base et a augmenté le ratio des réserves obligatoires sur les dettes. Sur le plan politique, le premier ministre Dmitry Medvdev a comme prévu remporté les élections présidentielles avec une large majorité le 2 mars 2008. Il a confirmé sa volonté de poursuivre la politique mise en place par le gouvernement Poutine. M. Poutine prendra lui-même le poste de premier ministre à la fin de son mandat.
La Banque centrale de Turquie a de nouveau abaissé son taux d’intérêt de référence de 25 points de base, à 15,25 %, l’inflation ayant reculé à 8,2 % en GA en janvier contre 8,4 % en décembre. Elle table sur une croissance modérée du PIB et sur un ralentissement de l’inflation en 2008. Dans une tentative d’amélioration des relations bilatérales, Singapour et la Turquie ont ratifié un accord susceptible d’augmenter les investissements entre les deux pays. Sur le plan politique, le président Gul et le parlement ont approuvé l’amendement constitutionnel annulant l’interdiction du port du voile par les femmes dans les universités. Cependant, deux partis d’opposition ont fait appel devant la Cour constitutionnelle pour faire annuler le texte de loi.
A la une ce mois-ci : Entretien avec Mark Mobius sur les marchés émergents
Pensez-vous que la crise du crédit se répercute sur l’économie réelle des marchés émergents ? Croyez-vous qu’il en résultera une période néfaste pour les entreprises ?
Il n’y a pas vraiment de resserrement du crédit dans les économies émergentes. L’argent abonde et les consommateurs, les entreprises et les gouvernements n’ont aucun mal à obtenir des financements malgré la crise des subprime qui touche les Etats-Unis.
Les Etats-Unis éviteront-ils une récession ? Est-ce que les mesures de la Réserve fédérale vont réussir ou créeront-elles une autre bulle ?
Bien que nous essayions de ne pas faire de prédictions sur les marchés, nous pensons que l’action de la Réserve fédérale devrait soutenir l’économie. La baisse des taux d’intérêt et les mesures de relance du gouvernement fédéral constituent des facteurs positifs. Il convient en outre de rappeler la contribution d’autres mesures automatiques de relance en cas de progression du chômage.
L’Asie connaîtra-t-elle une récession ?
Nous essayons de ne pas faire de prédictions sur les marchés, mais nous ne pensons pas qu’il y aura une récession en Asie. Les pays asiatiques ont continué à évoluer à un rythme rapide et la plupart des pays disposent de réserves de changes importantes qui leur permettront de tenir en cas de difficultés.
Quelles sont les perspectives pour les marchés émergents en 2008 ?
Elles sont bonnes. Après un ralentissement initial, nous pensons que l’année se terminera sur une note positive, si la conjoncture se maintient. Les stratégies d’investissement devront cibler les matières premières, la consommation et les thèmes connexes. Les prix des matières premières devraient rester élevés, les dépenses de consommation sur les marchés émergents augmentent et les sociétés sur ces marchés fusionnent ou procèdent à des acquisitions dans le monde entier. Nous assistons à une consolidation des entreprises.
Les marchés émergents vont faire face parce qu’ils sont peu impliqués sur les marchés des produits dérivés. Ils peuvent résister à une volatilité importante sans en pâtir.
De manière générale, les choses se sont nettement améliorées depuis que nous avons commencé à investir sur les marchés émergents, il y a 20 ans, et nous sommes donc relativement optimistes.
Que pouvez-vous nous dire sur les matières premières et comment sont-elles abordées dans vos portefeuilles ?
Nous pensons que les prix des matières premières vont globalement augmenter. Cela concerne le nickel en Russie, le palladium, le platine et le minérai de fer au Brésil. Nous avons trouvé une bonne opportunité d’investissement lors de notre rencontre avec une société de minerai de fer et avons été surpris d’apprendre que le prix de leur minerai exporté vers la Chine était inférieur au prix du minerai chinois, de qualité moindre.
Nous prévoyons une hausse modérée des prix des matières premières, qui resteront néanmoins élevés. Cela comprend le pétrole, qui, même s’il repasse en dessous des 60 dollars/baril, reste très rentable pour certaines sociétés dont leurs coûts d’extraction sont faibles. Ces sociétés, qui produisent notamment du minerai de fer, du nickel et d’autres minéraux, réalisent d’importants bénéfices sur leurs activités minières. Le nombre croissant d’acquisitions dope leurs cours.
Que conseillez-vous aux investisseurs ? Doivent-ils conserver leurs investissements ou limiter leur exposition ?
A long terme, le meilleur moment pour investir, c’est quand vous disposez des fonds nécessaires. Les marchés émergents offrent aux investisseurs une destination attractive. En réalité, les corrections récentes des marchés émergents ont fourni aux investisseurs des prix d’entrée attractifs. Selon nous, les investisseurs doivent s’exposer à plusieurs marchés et secteurs afin de diversifier leurs placements et de réduire les risques. La crise récente des crédits subprime aux Etats-Unis a montré que les marchés développés ne sont plus aussi sûrs qu’il ne l’étaient. Elle a aussi permis de mettre en valeur les marchés émergents au cours des dernières années. Les pays émergents sont perçus comme des « marchés refuges », car bon nombre d’entre eux ont engrangé des réserves de change et évoluent bien plus vite que leurs homologues développés.
Pensez-vous toujours que les investisseurs doivent diversifier leurs placements à l’échelle internationale ?
Oui, nous pensons que cette diversification est nécessaire et peut profiter aux investisseurs, si elle est réalisée avec prudence. Bien sûr, dans un contexte de mondialisation croissante, la corrélation des différentes régions à court terme peut être marquée mais à long terme, chaque marché gagne en indépendance.
Quels sont vos objectifs pour les mois à venir ?
Je garde les mêmes objectifs qu’auparavant, à savoir rechercher des valeurs sous-évaluées offrant des valorisations attractives.
Pourquoi pensez-vous que votre méthode fonctionne si bien ?
Parce que nous investissons à long terme. Nous ne payons pas de sommes excessives pour des sociétés surévaluées. Notre patience et notre approche de long terme nous permettent également de dépasser la volatilité à court terme et les mouvements de panique sur les marchés.
Ce document est destiné aux investisseurs institutionnels uniquement.
10 mars 2008
Patrice Lemonnier, CAAM Emergent
nicolson
CAAM : "Notre sélection de pays émergents ? Brésil, Russie, Thaïlande et Indonésie"
Capital.fr a sélectionné 26 fonds à suivre en 2008. Tout au long de l’année, les gérants de ces fonds font le point sur leur stratégie d'investissements. Premier rendez-vous avec Patrice Lemonnier, gérant chez Crédit Agricole Asset Management du fonds CAAM Actions Emergents qui affiche, au 06 mars, un recul de 10% depuis sa sélection, le 1er janvier 2008 (Voir ce fonds dans notre sélection).
Capital.fr : Avec un gain de 24% sur un an, votre portefeuille s’inscrit en 9e position sur plus de 90 fonds spécialisés dans les pays émergents. Toutefois, le début d’année a été plus difficile…
Patrice Lemonnier : Les pays émergents n’ont pas plus corrigé que les pays développés : la baisse dans les deux cas est d’environ 15% sur 3 mois. Les valeurs chinoises cotées à Hong-Kong, et les valeurs indiennes nous semblaient assez chères en début d’année, du coup les performances de ces deux pays, qui représentent chacun 10% du fonds, ont été assez faibles.
Capital.fr : Faut-il quand même se renforcer dans ces deux pays ?
Patrice Lemonnier : L’Inde reste un peu surévaluée, mais le marché indien n’en demeure pas moins intéressant, dans la mesure où l’économie domestique apparaît relativement autonome par rapport à la conjoncture mondiale. Il va être temps de se renforcer sur la Chine, car les valorisations ont baissé. Rien ne presse, toutefois, car le gouvernement chinois tente toujours d’enrayer l’inflation et maintient donc sa politique restrictive. L’une de nos principales lignes est constituée de China Mobile, afin de profiter du boom de la consommation chinoise.
Capital.fr : Quels sont les pays qu’il faut éviter cette année ?
Patrice Lemonnier : Nous évitons les pays dont la balance commerciale est dans le rouge, comme la Turquie, l’Afrique du Sud et certains pays d’Europe de l’Est. En cette période d’aversion au risque et de tension sur les taux d’intérêt, mieux vaut ne pas y investir, de mauvaises surprises y sont toujours possibles.
Capital.fr : A l’inverse, quels pays vous semble en mesure d’assurer de la performance pendant cette année perturbée ?
Patrice Lemonnier : Nous avons un avis positif sur le Brésil, la Russie et l’Asie du Sud-Est. Le Brésil représente environ 20% du portefeuille. L’économie du pays est soutenue par les exportations agricoles, les découvertes pétrolières et l’augmentation de la demande interne. Nous sommes présents à travers les secteurs des télécoms, de l’énergie et des banques qui ne connaissent pas de problèmes liés à la crise du crédit et à la chute du marché immobilier américain. La compagnie pétrolière Petrobras et le groupe minier Vale figurent parmi nos principales participations.
Capital.fr : Pourquoi avoir choisi la Russie et l’Asie du Sud-Est ?
Patrice Lemonnier : Les valeurs russes représentent 15% du portefeuille, car leurs valorisations ne capitalisent que 10 fois les résultats attendus cette année. Une faiblesse qui s’explique, peut-être, par la proximité des élections et des interrogations sur la capacité des entreprises russes à investir. Le secteur énergétique nous semble particulièrement intéressant, notamment le célèbre Gazprom. L’Asie du Sud-Est représente 10% du fonds. Nous misons aussi sur la Thaïlande, qui devrait profiter d’une embellie politique, et l’Indonésie qui bénéficie de ses ressources naturelles. Nous sommes présents à travers le secteur financier et les télécoms.
Propos recueillis par Olivier Vilain
© Capital.fr
10/03/2008 10:18
01 mars 2008
Le Brésil devient le champion du monde des pays émergents
lupus
Le Brésil devient le champion du monde des pays émergents

Pour la première fois depuis 2002, la Chine et la Corée sont détrônées au classement de Citigroup.
Jérémy Nieckowski agefi
«Brasil Campeão!» L’hégémonie de la Chine est renversée. Le plus dynamique des pays d’Amérique latine est devenu le plus important des pays émergents du monde. Ses récentes bonnes performances boursières lui permettent de peser pour près de 15% du MSCI GEMs, l’indice calculé par Morgan Stanley composé d’actions des différents pays émergents. L’Empire du Milieu pèse pour 14,2% du panier et la Corée 13,7%. Lors de son entrée dans ce palmarès en 2002, le Brésil ne comptait que pour 5,3% de l’indice. Parmi les BRIC (Brésil, Inde, Russie et Chine), la capitalisation boursière du flottant du Brésil se situe à 509 milliards de dollars, soit son plus haut historique, alors qu’au sein des trois autres puissances elle a diminué de 11% à 32%. L’Amérique latine tout entière profite du Brésil
L’Amérique latine tout entière profite de la bonne santé du Brésil. D’après l’indice mondial des actions internationales MSCI World de Morgan Stanley, elle représente 2,59% de l’indice contre 0,61% en 2002. Dans le détail, le PIB 2008 du Brésil devrait atteindre 1510 milliards de dollars, soit 56% de plus que celui du Mexique, évalué à 956 milliards de dollars. Le Brésil demeure ainsi le poumon vert économique de cette région car, à lui seul, il représente les deux tiers de l’indice MSCI d’Amérique latine. Du côté des sociétés composant le MSCI Brésil, Petrobas s’impose désormais, en termes de capitalisation boursière, comme le plus important des pays émergents. Le titre du groupe pétrolier affiche 127% de progression en 2007, dopé par la hausse des cours du pétrole et la découverte du plus grand gisement de pétrole au large des côtes brésiliennes depuis vingt ans. Gazprom occupe la deuxième place et une compagnie minière brésilienne la troisième. Devant l’Italie, la Hollande, Hong Kong, le Brésil est la dixième puissance économique du monde, juste derrière l’Espagne. A court terme aucun obstacle ne semble pouvoir venir remettre en cause cette marche en avant. A quand un G10 avec la Chine et le Brésil?
19 février 2008
Atouts et Faiblesses des BRIC
**** Atouts et Faiblesses des BRIC Mel

Samedi 16 février 2008 Investir n° 1780
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Les clés pour comprendre et jouer la dynamique des pays émergents
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Le ralentissement américain, voire la récession, pèsera sur la croissance mondiale. Plus personne n’en doute. Et les pays émergents ne devraient pas être épargnés.
Pour autant, tous ne seront pas touchés de la même manière. Ainsi, les Bric (Brésil, Russie, Inde, Chine) ont des atouts pour mieux résister. Leurs places boursières ne sont, en outre, pas surévaluées, ce qui limite les risques de chute sévère. Nous avons choisi de les jouer
non directement mais à travers 20 sociétés françaises bien implantées là-bas.
Un scénario de ralentissement, mais pas d’effondrement
Le Fonds monétaire international (FMI) a récemment réduit ses prévisions de croissance mondiale. L'activité ne progresserait plus que de 4,1 % en 2008, après + 4,9 % en 2007. Cette révision, qui reste mesurée (de 0,3 point de pourcentage), a été rendue nécessaire en raison " des vents contraires provenant du secteur financier " , estimait le Fonds en janvier. Est-ce le début d'une succession de révisions en baisse des prévisions des institutions internationales ? Les pays émergents sont-ils au bord du gouffre après des années de forte croissance ininterrompue ? Les experts n'y croient guère, même s'ils précisent que la balance des risques pour la croissance mondiale reste orientée à la baisse, " avec au premier chef la crainte que les turbulences des marchés financiers ne freinent encore plus la demande intérieure dans les pays avancés et que cela se répercute davantage sur les pays émergents et en développement. La croissance dans les pays émergents fortement tributaires des flux de capitaux pourrait être particulièrement touchée... " , insiste le Fonds.
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Atouts et faiblesses des Bric
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L’analyse globale des pays émergents est difficile en raison de l’hétérogénéité des situations. Les critères sont, en effet, largement différents d’un pays à l’autre. C’est pourquoi les investisseurs limitent souvent leurs intérêts à quatre grands pays : les Bric pour Brésil, Russie, Inde et Chine.
Revue de leurs atouts et faiblesses.
Le Brésil devrait connaître en 2008 une nouvelle année de croissance robuste, fortement stimulée par la demande intérieure. La solvabilité des entreprises s’améliore. Les performances à l’exportation, malgré l’appréciation de la devise (le real), devraient permettre le maintien d’excédents commerciaux et entraîner une diminution des besoins de financement extérieur. L’importance des réserves de change constitue un solide filet de sécurité. Toutefois, l’inflation accélère. L’amélioration
des finances publiques doit être confortée, la dette publique représente encore 64 % du PIB, et les réformes sont lentes à mettre en oeuvre.
L’activité reste bien orientée en Russie grâce à la consommation des ménages et à une politique budgétaire plus expansionniste. La croissance de l’investissement a accéléré même s’il reste faible rapporté au PIB. Le pays tire parti des ressources naturelles nombreuses (pétrole et gaz). La Russie continue d’accumuler des réserves de change, ce qui limite le
risque de liquidité. Mais les experts notent la faible compétitivité du secteur industriel. L’accroissement exponentiel de l’endettement extérieur des entreprises et des banques constitue une vulnérabilité, estime la Coface.
L’Inde croît à un rythme élevé. Les taux d’épargne et d’investissement sont élevés et les ratios d’endettement extérieur modérés. Les signes de surchauffe ne doivent pas être négligés, notamment le creusement des comptes extérieurs et une inflation persistante. Le service de la dette publique reste important (30 % des recettes) et freine les investissements
publics.
La Chine dispose des réserves de change les plus élevées au monde. Des réformes économiques et financières sont en
oeuvre. La montée des inégalités engendre toutefois des tensions sociales croissantes et plusieurs secteurs dans le commerce et l’industrie sont menacés de surcapacités. Les banques restent fragiles. Mais, en cas de fort ralentissement des exportations,
l’activité peut être davantage orientée vers la demande interne.
P. W.
Pas de véritable bulle pour les marchés émergents
RISQUES. Même si les performances des marchés financiers émergents donnent le vertige, les risques de forte chute semblent limités
15 février 2008
Russie soldé?
Russie, Singapore et Malaisie les moins chers du point de vue PEG RATIO
Pour trouver le PEG RATIO, c’est le P/E divisé /la croissance
Plus on est proche de 1 moins cher est l’action ou le pays dans l’exemple suivent
12 février 2008
Revue Mensuelle des Marchés Emergents
MIPOLOD

Janvier 2008 Revue Mensuelle des Marchés Emergents
Par l’équipe « Actions émergentes » de Templeton
Perspectives
Les marchés internationaux ont enregistré une volatilité importante en janvier, accusant un repli alimenté par les craintes de récession aux États-Unis, les inquiétudes liées au crédit et le débouclage des opérations de portage sur le yen. Cette correction a été accentuée par la liquidation par le groupe Société Générale de plus de US$ 70 milliards de dérivés sur indices actions, qui a eu un impact sur tous les pays, même émergents. Ce repli n’était pas lié à la solidité des fondamentaux des marchés, mais plutôt au positionnement et au niveau de levier de la banque française. Par conséquent, les marchés émergents ont dû faire face à d’importantes sorties de capitaux en janvier. Les marchés d’Europe de l’Est se sont classés parmi les moins performants. La Turquie a cédé près de 24 % en US$, tandis que la Russie et la Pologne ont également accusé des pertes à deux chiffres. En Asie, la Chine a enregistré les plus mauvaises performances, les investisseurs se montrant prudents à l’égard des mesures de durcissement mises en place par le gouvernement. L’Amérique latine a surperformé le reste des marchés émergents, conservant les faveurs des investisseurs étrangers. Les économies comme le Brésil ont continué à bénéficier de la demande soutenue en ressources naturelles et de l’intérêt croissant des investisseurs étrangers. La hausse des prix pétroliers a eu un impact positif sur les pays exportateurs comme le Mexique, qui a largement devancé les autres pays de la région. La faiblesse du rand a accentué les pertes en Afrique du Sud.
Analyse régionale
ASIE
La croissance du PIB en Chine a ralenti à 11,2 % en glissement annuel (GA) au quatrième trimestre 2007, contre 11,5 % au troisième trimestre et 11,9 % au deuxième trimestre. Le PIB a progressé à un rythme de 11,4 % sur l’ensemble de l’année 2007. L’inflation est restée élevée en dépit d’un léger tassement à 6,5 % en GA en décembre contre 6,9 % en novembre. Ces chiffres ont conduit la Banque populaire de Chine à relever le taux des réserves obligatoires pour la onzième fois en 2007 à 15 %. Les prix immobiliers commencent à faiblir suite au durcissement du crédit et aux mesures administratives prises pour contenir la spéculation immobilière. Les Investissements directs étrangers (IDE) sont toutefois restés soutenus en 2007 à US$ 74,7 milliards, soit une hausse de 7,5 % en GA. L’excédent commercial de la Chine a atteint un niveau record à US$ 262 milliards en 2007, enregistrant une progression de 47,7 % en GA liée à la croissance solide des exportations.
L’économie de Corée du Sud a progressé de 5,5 % en GA au quatrième trimestre 2007, son rythme le plus rapide depuis presque deux ans. La croissance a été essentiellement portée par la hausse des investissements des entreprises et de la consommation privée. La croissance des exportations s’est également accélérée au quatrième trimestre à 7,3 % en GA, contre 1,5 % au trimestre précédent, grâce à la demande soutenue de la Chine. Celle-ci pourrait partiellement compenser l’impact du ralentissement de la croissance américaine. Affichant leur plus forte accélération depuis plus de trois ans, les prix à la consommation ont augmenté de 3,6 % en décembre et ont dépassé l’objectif de 3,5 % fixé par la Banque centrale. Cette dernière a toutefois laissé ses taux directeurs inchangés à 5 %, compte tenu des craintes de ralentissement de l’économie mondiale et des prix pétroliers élevés. Les réserves de change ont atteint un niveau record à US$ 262,2 milliards fin 2007, grâce à des plus-values sur investissements. Afin d’améliorer ses relations économiques avec les pays riches en ressources naturelles, la Corée du Sud prévoit de signer un accord de libre échange avec l’Afrique du Sud et d’autres pays africains.
AFRIQUE
L’inflation a poursuivi son accélération en Afrique du Sud, dépassant pour le neuvième mois consécutif l’objectif de 3 % à 6 % du gouvernement. L’indice CPIX (prix à la consommation hors charges d’intérêts sur les titres hypothécaires) a gagné 8,6 % en GA en décembre, principalement du fait de la hausse du prix du carburant et de l’alimentation. L’inflation a représenté en moyenne 6,5 % en 2007. La Banque de réserve d’Afrique du Sud a maintenu son biais neutre et a laissé ses taux d’intérêt inchangés en janvier. Les ventes de détail ont continué à faiblir en décembre, progressant d’à peine 0,2 %. Le secteur pâtit du coût élevé du crédit, les taux d’intérêt atteignant leur plus haut niveau depuis quatre ans à 11 %.
Amérique Latine
Le Brésil demeure la destination favorite des investisseurs étrangers, les entrées de capitaux ayant représenté US$ 46,7 milliards en 2007 contre US$ 18,8 milliards en 2006. Les IDE ont également fortement progressé : les investissements ont totalisé US$ 37,4 milliards en 2007, soit plus du double des entrées enregistrées en 2006. La hausse de la demande en ressources naturelles comme le minerai de fer ou le soja a également joué en faveur du Brésil. La consommation privée reste solide, soutenue par la hausse des niveaux de revenu et la croissance du crédit. Les ventes au détail ont progressé de 9,9 % en GA en novembre contre 9,6 % en octobre. La Banque centrale brésilienne a maintenu son biais neutre et laissé ses taux d’intérêt inchangés à 11,25 %, bien que l’inflation ait atteint un pic sur 20 mois à 4,5 % en GA en décembre.
Au Mexique, le gouvernement a révisé à la baisse ses prévisions de croissance 2008 à 2,8 % contre 3,7 % précédemment, en raison des craintes de ralentissement de l’économie mondiale. L’inflation a grimpé de 3,8 % en GA en décembre, soit un rythme légèrement moins rapide qu’en novembre (3,9 %), les prix de l’alimentation, des boissons et du tabac continuant à progresser de manière importante. L’inflation sous-jacente annuelle s’est élevée à 4 % en 2007, un chiffre tout juste dans la fourchette de 2 % à 4 % visée par la Banque centrale. Cette dernière a toutefois laissé ses taux d’intérêt inchangés en raison de l’affaiblissement des perspectives de l’économie américaine voisine. Le Mexique a enregistré un déficit commercial de US$ 11,2 milliards, la croissance des importations (10,6 % en GA) ayant dépassé celle des exportations (8,8 % en GA). Les propositions visant à accroître les investissements dans le secteur pétrolier devraient être traitées dans le cadre de la réforme énergétique que mènera le gouvernement en avril.
EUROPE
La Russie a continué à publier des statistiques macroéconomiques solides en janvier. Le gouvernement table sur une croissance de 7,7 % à 7,8 % en 2007, un chiffre légèrement supérieur à sa précédente estimation de 7,6 %. Le gouvernement a estimé la croissance du PIB à 8,4 % en GA en décembre contre 7,8 % sur l’ensemble du troisième trimestre. Les principaux moteurs de croissance économique en décembre ont été les investissements des entreprises et la consommation. La hausse des investissements en capitaux fixes s’est accélérée en décembre à 24 % en GA, contre 17,2 % en novembre, inversant la tendance au ralentissement qui prévalait depuis peu. Les ventes de détail ont progressé de 16,7 % en GA, leur rythme le plus rapide depuis 1995, grâce au rebond de la confiance des ménages et à la hausse soutenue du revenu réel. L’inflation est toutefois demeurée préoccupante en 2007 à 11,9 % en GA contre un objectif initial de 8 %.
La Turquie a abaissé ses taux d’intérêt en janvier, la Banque centrale poursuivant sa politique d’assouplissement monétaire. Le taux d’intérêt d’emprunt a été réduit de 25 points de base à 15,5 %, tandis que le taux de prêt a été réduit de 50 points de base à 19,5 %, afin de contenir les tensions inflationnistes et de soutenir la croissance économique. Compte tenu de la hausse des prix alimentaires, l’inflation a gagné 8,4 % en GA en décembre, soit un rythme nettement plus élevé que l’objectif de fin d’année de la Banque centrale. Au chapitre politique, le parlement a commencé à débattre d’amendements constitutionnels proposant d’assouplir la réglementation interdisant le port du foulard islamique dans les universités publiques turques. Cette motion a été proposée conjointement par le parti au pouvoir Justice et Développement (AKP) et par le parti d’opposition conservateur Action nationaliste (MHP).
A la une ce mois-ci : Perspectives des marchés émergents
2007 a été une nouvelle année très favorable aux marchés actions émergents. Malgré les problèmes liés à la crise des crédits subprime, les marchés émergents ont gagné 40 %, ce qui porte à près de 400 % leur progression au cours des cinq dernières années, en dollar américain. La plupart des marchés actions ont été soutenus par un environnement macroéconomique favorable, l’augmentation de la masse monétaire, la hausse des prix des matières premières, le dynamisme des devises émergentes, l’amélioration des résultats des entreprises et des entrées de capitaux importantes.
En dépit de performances globalement très solides en 2007, la seconde partie de l’année a été marquée par une intensification de la volatilité. Les investisseurs se sont montrés relativement nerveux, compte tenu des inquiétudes croissantes concernant l’impact de la crise américaine du crédit sur l’ensemble de l’économie mondiale. Ces incertitudes devraient persister dans un horizon de court terme, ou du moins jusqu’à ce que les conséquences de la crise des subprime soient pleinement évaluées.
Dans ce contexte, les marchés émergents restent attractifs, car ils continuent à offrir des opportunités de croissance solide à des niveaux de risque historiquement faibles. Ils bénéficient de plusieurs facteurs tels la privatisation et la déréglementation des principaux secteurs, la mise en oeuvre de politiques budgétaires et monétaires appropriées, la stabilisation du contexte politique, l’amélioration du gouvernement d’entreprise, l’amélioration de la compétitivité liée à la suppression des subventions et à la réduction des barrières commerciales, la hausse de la productivité tirée par une main d’oeuvre plus jeune et mieux formée, ainsi qu’une base de consommation très importante.
En plus des marchés émergents traditionnels d’Asie, d’Amérique latine et d’Europe de l’Est, nous sommes également relativement impressionnés par les performances économiques du Moyen-Orient. Le potentiel de la croissance économique et de développement de la région nous semble considérable, en particulier si la tendance actuelle de réformes économiques et politiques se poursuit. C’est pourquoi le Moyen-Orient nous intéresse beaucoup et devrait faire l’objet de nombreuses recherches à l’avenir. De fait, nous avons récemment ouvert un nouveau bureau à Dubaï, afin de nous permettre d’être au plus près des opportunités de croissance dans la région.
Enfin, il existe des marchés « périphériques », qui sont actuellement plus petits et moins développés que les pays émergents mais pourraient bientôt venir les rejoindre sur la scène internationale. Toutefois, il serait peu prudent de se laisser gagner par l’enthousiasme et d’abandonner une stratégie axée sur les meilleures opportunités. Prenons l’exemple du Vietnam : si le marché possède selon nous un potentiel positif, ses valorisations sont actuellement élevées, et nous continuons à y rechercher des opportunités. En outre, certains autres marchés périphériques tels la Slovénie, la Roumanie, la Croatie, le Kazakhstan et l’Ukraine commencent à devenir intéressants. Ces pays pourraient devenir les principaux marchés émergents de demain.
Notre approche nous permet d’investir non seulement dans des grandes sociétés, mais également dans des valeurs de plus petite capitalisation. Chaque classe d’actifs possède des avantages différents. Les petites sociétés affichent un excellent potentiel de croissance, tandis que les grandes continuent à bénéficier du contexte macroéconomique favorable dans lequel elles évoluent, ainsi que d’autres facteurs comme par exemple les économies d’échelle.
Les perspectives à long terme des marchés émergents restent favorables. Ils pourraient toutefois connaître plus de volatilité dans un avenir proche, en particulier du fait du dénouement de la crise des crédits hypothécaires subprime aux États-Unis. Nous avons déjà pu assister à des corrections sur les marchés actions depuis début 2008, y compris sur les marchés émergents. Cette situation pourrait perdurer si la croissance économique mondiale ralentit. Toutefois, il est bon de savoir que les cycles baissiers sont généralement plus courts que les cycles haussiers et que leur évolution en pourcentage est alors moindre. C’est pourquoi il est important d’investir dans un horizon de long terme.
Les risques actuels sont notamment ceux d’un ralentissement majeur de l’économie américaine, d’instabilité au Moyen-Orient et en Asie du Sud-Est, d’une accélération de l’inflation, d’une surchauffe en Chine et en Inde, ainsi que d’une plus grande volatilité des taux de change et des prix des matières premières. Les marchés émergents ne peuvent être totalement isolés des problèmes des crédits subprime, dans la mesure où une part importante de leurs exportations sont toujours destinées aux États-Unis, qui reste la première puissance économique mondiale. Globalement, un ralentissement de l’économie américaine pourrait se traduire par une réduction de la demande intérieure et de la demande en exportations. C’est pourquoi des répercussions de la crise sur les marchés émergents ne peuvent être totalement évitées. Cependant, avec l’accroissement de la mondialisation, l’influence des économies développées sur les marchés émergents a généralement diminué. De fait, ce sont désormais les pays émergents qui commencent à avoir un impact sur les marchés développés. Prenons l’exemple de la Chine : la croissance et la demande en matières premières du pays ont un impact sur les économies à l’international.
A terme, nous sommes toujours optimistes à l’égard des marchés émergents, tout comme nous l’étions lorsque nous avons lancé notre premier fonds dédié, il y a vingt ans, en 1987. Les fondamentaux sous-jacents des marchés restent solides et les perspectives soutenues.
Point de vue d'HSBC
Point de vue d'HSBC LUPUS

HSBC Investments
Marchés émergents mondiaux : perspectives pour 2008
Les marchés émergents peuvent-ils supporter ce ralentissement?
Janvier/Février 2008
L’influence externe
Les marchés émergents ont souvent suscité des
sentiments extrêmes. À plusieurs moments au cours
de ces 20 dernières années, ils ont incarné le risque
de solvabilité, l’endettement élevé et l’hyperinflation.
Au cours des cinq dernières années, leur croissance
économique forte et les performances élevées de
leurs marchés (plus particulièrement dans les pays du
BRIC : Brésil, Russie, Inde et Chine), ont engendré un
accroissement de l’optimisme quant aux perspectives
offertes par le monde en développement. Cet optimisme
a alimenté des théories selon lesquelles les marchés
émergents seraient devenus moins dépendants de
l’économie américaine tout en devenant des havres de
sécurité pour les investisseurs.
Cependant, au cours des derniers mois, face à une
volatilité croissante, certains marchés subissent
d’importantes fluctuations et la capacité de résistance
dont ont fait preuve les marchés émergents durant
l’été 2007 est remise en question. Les perspectives
auparavant optimistes concernant ces marchés cèdent
le pas à la nervosité au moment où le discours invoquant
une récession aux États-Unis gagne du terrain et où
l’affolement des marchés invite la Réserve Fédérale à
intervenir d’urgence et de manière agressive sur le niveau
des taux d’intérêt. En cette période d’incertitude élevée, il
nous semble opportun de revenir aux fondamentaux.
Comme nous l’avons précédemment exprimé, les
fondamentaux des marchés émergents sont en
eux-mêmes solides, et souvent plus sains que ceux
des marchés développés. Le dernier rapport sur les
perspectives de l’économie mondiale du FMI montrait que
les marchés émergents affichent des déficits budgétaires
et des ratios dette/PIB inférieurs à ceux des marchés
développés. Les marchés émergents accumulent
aussi à ce jour d’importants excédents de trésorerie en
comparaison aux déficits traditionnels cumulés du monde
en développement. Les réserves internationales ont
atteint un niveau tel que les marchés émergents sont
devenus des créditeurs nets. Pour conclure, au moment
où la croissance ralentit dans le monde développé, les
marchés émergents apparaissent comme le réservoir de
croissance du monde.
La seule ombre au tableau (par ailleurs brillant) est la
hausse de l’inflation dans plusieurs pays. La situation
actuelle des marchés émergents est toutefois
globalement très solide et, en tout état de cause,
infiniment plus solide que durant les années ayant
précédé les crises des années 1990. Au cours des
quelques dernières années, la croissance des marchés
émergents a en outre été caractérisée par une
indépendance économique accrue.
« Découplage », « Recouplage », « Déconnexion »…
Les analystes financiers se font concurrence pour déterminer
le terme le plus exact qui caractérisera l’année 2008. Ce qui est en jeu est la nature de la relation qui lie les États-
Unis au reste du monde et la pertinence du vieil adage : « Quand les États-Unis éternuent, le reste du monde
s’enrhume ». Après cinq années de croissance mondiale forte, en grande partie menée par les marchés émergents,
la capacité de résistance du reste du monde, et particulièrement des marchés émergents, face à une possible
récession de l’économie américaine est aujourd’hui mise à l’épreuve et testée. Les reculs des marchés d’actions
ayant précipité la baisse de 75 points de base (0,75 %) des taux d’intérêts décidée par la Réserve Fédérale n’ont
certainement pas été limités aux marchés développés. Si les marchés émergents ne sortiront pas indemnes d’une
récession marquée du monde développé, ils affichent aujourd’hui une bonne santé et, dans le cas d’une récession
plus douce qui serait limitée aux États-Unis, ils devraient surmonter la tempête et continuer leur ascension vers la
scène centrale de l’économie mondiale.
Christian Deseglise – Responsable mondial de l’activité Marchés Émergents de la gestion d’actifs de HSBC Investments
La dépendance à l’économie américaine (telle que mesurée
par la part des marchandises et des services exportés vers
les États-Unis par les marchés émergents) s’est réduite.
L’Europe est ainsi devenue plus importante et les marchés
émergents ont augmenté le volume de leurs transactions
commerciales mutuelles. Ils exportent aujourd’hui davantage
vers les marchés émergents que vers les marchés
développés. De plus, la consommation domestique au sein
des pays émergents a fortement augmenté. Globalement,
le monde est devenu plus stable du point de vue de la
croissance. Les moteurs de croissance sont plus nombreux
que par le passé et sont devenus mutuellement moins
interdépendants. Ceci a donné naissance aux théories dites
du découplage : à ce jour, une récession aurait un impact
moins important sur les marchés émergents que par le
passé, les « géants » indien et chinois absorbant la majeure
partie de la stagnation. Les États-Unis peuvent éternuer ; le
monde ne s’enrhumera pas nécessairement.
Découplage ou recouplage ?
Les théories du découplage s’appliqueraient de manières
différentes en fonction de la gravité des événements vécus
aux États-Unis. Nous envisageons ici deux scénarios : celui
d’une récession sévère et celui d’une récession plus douce
de l’économie américaine. Un troisième scénario, c’està-
dire celui dans le cadre duquel l’économie américaine
continuerait à enregistrer une forte croissance au cours du
premier semestre 2008, n’est pas envisagé ici. Il convient
toutefois de dire que ce scénario improbable pourrait ne pas
fournir les meilleurs résultats en termes de performance
pour les marchés émergents. Ce scénario serait en effet,
selon toute vraisemblance, accompagné par le retour de
craintes de pressions inflationnistes et de resserrement
monétaire qui pourrait avoir un impact négatif sur les actifs
des marchés émergents.
Scénario 1 : Une récession sévère
Si le ralentissement de la croissance économique
américaine venait à se transformer en une récession
sévère et prolongée, les marchés émergents seraient
inévitablement exposés au choc. Si notre scénario central
n’envisage pas que les économies du monde développé
s’enfoncent dans une récession sévère, ce risque ne
peut cependant pas être ignoré comme en témoignent
les nets reculs récents des marchés d’actions mondiaux.
L’importance de l’économie américaine en tant que client
de certains marchés majeurs ne peut être sous-estimée.
Les États-Unis continuent à importer et utiliser 16 % des
marchandises et des services des marchés émergents, bien
que ce chiffre soit aujourd’hui en recul par comparaison à
25 % en 2001. Si la demande en produits manufacturés
chinois des États-Unis et de l’Europe devait baisser,
l’économie chinoise ne pourrait pas maintenir la forte
croissance de ses exportations, ce qui aurait un impact
négatif sur la croissance économique, ce qui réduirait à
son tour sa demande de marchandises, entraînant ainsi
des réactions en chaîne sur des pays tels que le Brésil et
la Russie. Pour des raisons différentes, le Mexique, qui
est étroitement aligné sur les conditions rencontrées par
les États-Unis, souffrirait vraisemblablement, alors que
la Corée du Sud et Taiwan, qui continuent à dépendre de
leurs exportations d’appareils et de matériels électroniques
vers les États-Unis, seraient aussi affectés. La croissance
des bénéfices pour de nombreux marchés émergents
serait révisée à la baisse et les investisseurs exigeraient
probablement des multiples de marché plus bas. Dans ce
scénario, la performance des marchés émergents serait
donc probablement décevante.
Scénario 2 : Récession douce / ralentissement
prolongé pour l’économie américaine
Les théories du découplage continueraient probablement à
s’appliquer si les États-Unis persistaient à enregistrer une
croissance faible ou devaient traverser une récession douce
de courte durée. Au cours des cinq trimestres précédant
juin 2007, l’économie américaine n’a enregistré qu’une
croissance de 2 % par an avec un impact faible, sinon
nul, sur les marchés émergents. Durant cette période,
les marchés émergents ont présenté une croissance
économique supérieure à 7,5 %, des améliorations
continues de leurs fondamentaux et les entreprises ont
généré d’importants bénéfices.
L’avenir
Nous vivons actuellement un moment déterminant. Les
nouvelles baisses de taux décidées par la Réserve Fédérale
ont été des mesures orientées dans la bonne direction et la
baisse dynamique de 75 points de base a été bien accueillie
par les marchés asiatiques. Nous sommes, en outre, aussi
encouragés par les actions conjointes menées par les
banques centrales du monde afin d’augmenter la liquidité
nette au sein du système bancaire mondial. Les quelques
mois à venir devraient néanmoins être caractérisés par
une volatilité continue dans le contexte des conséquences
des reculs des marchés d’actions, du renversement de la
conjoncture du marché immobilier aux États-Unis et des
bouleversements des marchés du crédit.
Le calme revenu sur les marchés devrait mettre à nouveau
en avant la santé et la solidité des marchés émergents. Les
pays émergents et les entreprises jouissent aujourd’hui de
bilans solides. L’explosion des marchés domestiques de la
consommation et les ambitieux projets d’investissements
industriels continueront à alimenter une croissance des
ventes indispensable pour de nombreuses entreprises
mondiales. Pour conclure, le dynamisme financier
nouvellement acquis par les marchés émergents fait
chaque jour la une des journaux et la puissance des fonds
souverains des marchés émergents devrait probablement
se faire sentir de façon de plus en plus marquée au cours de
l’année à venir. À de multiples égards, les pays émergents
sont au coeur de l’économie mondiale.
Sources : Bank for International Settlements, FMI, DB Research.
Les nouvelles frontières de l’investissement
De nombreux investisseurs commencent à s’intéresser à la prochaine génération des marchés émergents, appelés « marchés
frontières ». Parmi leurs nombreuses caractéristiques, ces marchés « New Frontiers » enregistrent une croissance économique
rapide. Cette dernière est structurellement générée par l’accès aux capitaux et aux technologies du monde développé, une
démographie favorable (plus de 1,2 milliard d’habitants) et des prix des matières premières robustes. La baisse de l’inflation, la
croissance plus forte du PIB, la hausse du revenu par habitant et les positions renforcées des comptes enregistrées à ce jour
favorisent en outre sans exception les marchés boursiers de ces pays.
Des marchés solides
Si les récentes interventions de la Réserve Fédérale et des
autres banques centrales ont réussi à écarter pour l’instant
la possibilité d’une récession sévère, les économies des
marchés émergents devraient avoir les moyens d’afficher
une croissance robuste en 2008. Les perspectives de
croissance des bénéfices des entreprises du monde
émergent semblent attractives relativement à celles offertes
par le monde développé. Les marchés émergents devraient
générer des bénéfices en hausse de près de 18 % en 2008,
selon des données fournies par IBES. Dans un tel contexte,
l’année 2008 devrait être de nouveau positive pour les
marchés émergents. Cependant, les investisseurs devront
être particulièrement sélectifs pour leurs investissements.
Après cinq années de marchés fortement orientés à la
hausse, plusieurs pays ont atteint des niveaux de valorisation
très élevés. En 2008, en Inde, les transactions boursières
affichent à ce jour des ratios cours/bénéfices voisins de
16.5x. En Chine, ils sont d’environ 17.6x, à la suite d’une
correction du marché. Ces ratios restent cependant élevés
en comparaison avec celui de l’univers élargi des marchés
émergents mondiaux à 12.3x. Toute déception associée à la
croissance des bénéfices pourrait donc s’avérer douloureuse
pour certains des marchés d’actions sous-jacents. Plusieurs
marchés continuent à se démarquer : ainsi pour l’année
2008, le ratio cours/bénéfices de la Russie est de 10.3x et
celui du Brésil de 10.7x.
Les principaux thèmes émergents qui devraient être
porteurs au cours de l’année 2008 sont les marchés « New
Frontiers » ou « marchés frontières », la Russie et la dette
des marchés émergents.
Les « marchés frontières » sont généralement délaissés et peu recherchés et les inefficacités de prix au niveau des pays
individuels et des actions individuelles sont élevées, offrant de bonnes opportunités. Compte tenu des taux de croissance plus
élevés qu’attendus des bénéfices, les « marchés frontières » sont plus attractifs avec des multiples à terme ou «forward».
Il existe de toute évidence une hétérogénéité de ces «
marchés frontières » et des facteurs qui devraient, selon
nous, soutenir et générer leur prospérité.
Les Émirats Arabes Unis (UAE), par exemple, ont mis
en place un programme ambitieux de développement
d’infrastructures visant à positionner Dubaï comme la
destination de choix au Moyen-Orient pour les services
financiers, le tourisme et le commerce. Abu Dhabi a
traditionnellement fait preuve d’un plus grand conservatisme
mais commence à suivre cette voie. Une assise
macroéconomique et politique stable est soutenue par des
prix du pétrole élevés et des données démographiques
fortes soutenues par l’immigration. Des opportunités
d’investissement existent parmi les entreprises positionnées
pour bénéficier des dépenses liées aux infrastructures, de la
démographie favorable et du développement de l’industrie
des services financiers.
Le Kazakhstan présente un profil économique positif, bien
qu’il ait été touché par la crise des crédits hypothécaires
américains à risque qui a affecté les marchés mondiaux.
Cependant, outre une inflation en baisse et une forte
croissance de son PIB, une forte demande domestique
alimente une explosion du crédit associée à la
consommation ce qui soutient et dynamise l’économie.
Sa très grande richesse en minerais, en grande partie
inexploitée, offre un avantage et un intérêt particulier. Ses
réserves constituent un pourcentage particulièrement
important des réserves mondiales (30 % des réserves
de chrome, 25 % des réserves de manganèse, 20 % des
réserves d’or, 20 % des réserves d’uranium, 10 % des
réserves de cuivre et 10 % des réserves de minerai de
fer). Les opportunités d’investissement sont à trouver
parmi les entreprises positionnées afin de bénéficier de la
croissance liée à la production de ressources, alors que les
banques devraient bénéficier de la croissance des crédits
à la consommation et les entreprises de l’explosion des
investissements.
Le Vietnam est entre temps devenu l’une des économies
asiatiques qui enregistre la croissance la plus rapide
attendue entre 8 et 9 % pour les années à venir. L’existence
d’une main-d’oeuvre jeune, qualifiée et en croissante et
la récente adhésion du pays à l’Organisation mondiale du
commerce (OMC) favorisent les relations internationales
et encouragent les investissements directs étrangers.
Le Vietnam offre également des taux d’imposition bas et
son gouvernement a adopté des politiques relativement
favorables aux entreprises. Il existe, dans ce pays, des
opportunités d’investissement liées aux secteurs des
infrastructures, de l’immobilier, des services financiers et
aux entreprises bénéficiant de la hausse du revenu par
habitant et des dépenses de consommation.
Russie
En dépit des améliorations apportées aux fondamentaux
macroéconomiques de l’économie, à la prévision d’une
croissance du PIB à 7,8 % pour 2007, de la production
industrielle et des investissements directs étrangers, les
actions russes ont largement sous-performé en 2007 la plupart
de autres actions des marchés émergents mondiaux en grande
partie en raison de l’incertitude liée à la période électorale.
Les investisseurs ont craint que les politiques économiques
saines qui ont ramené la Russie de la crise de 1998 à une
position de stabilité économique enviable, de croissance forte
et de prospérité puissent changer. Bien que les conditions
favorables enregistrées par la Russie aient été soutenues par
la vigueur des prix des matières premières, on ne peut nier
contribution positive de M. Poutine à cette nouvelle stabilité.
Ainsi, l’inflation est revenue de niveaux hyper inflationnistes
(environ 60 à 70 %) à aujourd’hui environ 10 %, une évolution
qui a contribué à stabiliser le rouble.
La performance terne et sans relief du marché boursier russe
a néanmoins ouvert une opportunité. Il y a un an, les actions
des entreprises russes s’échangeaient sur des plus hauts en
comparaison aux autres marchés émergents. Ceci était du à
l’importante progression cette année de la Chine et du Brésil
et au fait que les entreprises russes ont enregistré des taux
de croissance des bénéfices supérieurs à la moyenne.
Aujourd’hui, la Russie est redevenue, de manière relative,
l’un des marchés les moins « chers » du monde. Les
fondamentaux des entreprises russes sont bien plus solides
qu’il y a 10 ans et ne présentent pas de grands risques
de solvabilité ou de liquidité. En 2008, les actions des
entreprises russes s’échangent dans le cadre d’un ratio
cours/bénéfices limité à 10,3, par comparaison avec une
moyenne de 12,3 pour les marchés émergents. Ceci a fait de
la Russie le second plus grand marché émergent le moins «
cher » du monde sur la base du ratio cours/bénéfices.
Les investisseurs doivent décider si c’est le bon moment pour
se positionner sur ce marché et profiter du moindre risque lié
à la situation politique et à la gouvernance des entreprises,
ou alors si il est plus sage d’attendre le résultat de l’élection
présidentielle de mars afin de voir si, comme prévu, M.
Medvedev en sortira gagnant.
Le compromis risque/rendement des actions russes est
soudain devenu plus attractif et nous nous attendons à ce
que l’élection de M. Medvedev tire le marché à la hausse.
Cependant, la fenêtre d’opportunité ne devrait pas rester
longtemps ouverte...
Marché de la dette émergente
La capacité de résistance dont ont fait preuve les marchés
de la dette émergente (face aux troubles ayant récemment
affecté les marchés) a été remarquable. Historiquement,
les crises financières, quelles que soient leurs origines,
affectaient fortement le marché de la dette émergente :
cette fois ci, les marchés de la dette émergente ont a peine
flanché. En fait, les dettes en devises fortes et en devises
locales ont enregistré de forts rendements en 2007, malgré
une hausse du volume des transactions liée à l’augmentation
de l’aversion au risque qui a entraîné une fin d’année marquée
par la volatilité. Les marchés de la dette émergente semblent
afficher une santé suffisante pour affronter toute faiblesse
prolongée des marchés boursiers développés.
L’amélioration des politiques macroéconomiques est au coeur
de ce changement fondamental, la réussite pouvant être
mieux suivie en se basant sur l’ampleur de l’accumulation
des réserves en devises fortes. L’augmentation rapide des
réserves en devises fortes au cours des dix dernières années
prouve que les économies émergentes sont aujourd’hui
devenues bien moins vulnérables aux chocs externes (tels
que ceux auxquels nous avons assisté cette année), et offrent
par conséquent moins de risques d’insolvabilité. Les marchés
émergents sont en outre à ce jour en fait confrontés à des
passifs moins importants car ils remboursent et rachètent
leur dette. Il n’est donc pas surprenant que plus de la moitié
des pays sièges des marchés émergents aient aujourd’hui
atteint le statut de « investment grade ». Il existe en effet
des « obligations solvables » dans l’univers du marché de la
dette émergente, qui, à fondamentalement parler, ne sont pas
plus risquées que les bons et obligations du Trésor américain.
Aussi, les investisseurs se tournent de plus en plus vers ces
obligations comme alternative.
En ce début d’année 2008, la volatilité qui a prévalu durant
toute la seconde moitié de l’année 2007 ne montre aucun
signe de ralentissement. Les « spreads » sur les obligations
en devises fortes sont bien plus importants que leurs plusbas
d’avant la crise. Les investisseurs continuent toutefois à
percevoir le marché de la dette émergente comme une classe
d’actifs « à risque » malgré des fondamentaux solides et
dans le contexte de l’augmentation des incertitudes relatives
à la croissance économique mondiale, les liquidités se
concentreront vraisemblablement sur les obligations des sept
pays les plus industrialisés (soit ceux du G7).
Il en résultera une sous-performance des états souverains
et des entreprises affichant des notes de solvabilité les plus
basses en ligne avec la détérioration des perspectives de la
croissance mondiale. Ceci ne constitue néanmoins qu’une
partie de l’histoire. Le déclin structurel du dollar a ramené
l’attention des investisseurs sur les marchés en expansion
permanente de la dette émergente en devises locales.
On peut donc en conclure que tant que les fondamentaux
des marchés émergents resteront solides, des opportunités
d’investissement devraient vraisemblablement se présenter
pour les devises générant des rendements de cette classe
d’actifs en 2008.
11 février 2008
positifs sur la Russie
Les investisseurs internationaux resten lupus
positifs sur la Russie
Par Sandra Sebag - L'Agefi Hebdo
Les turbulences financières n’ont pas affecté le pays. Moscou vient de mettre en place une réforme de l’utilisation de ses réserves de change.

Après les Etats-Unis et l’Europe, la panique se déplacerait-elle vers les marchés émergents ? Malgré la décollecte récemment enregistrée sur ces marchés, la montée de l’aversion pour le risque ne devrait les affecter que temporairement. En ce qui concerne la Russie, les investisseurs restent positifs. « Nous demeurons optimistes quant à l’année 2008 pour la Russie, avance Karine Hirn, directeur général d’East Capital. Il est vrai que si les marchés internationaux restent orientés à la baisse, cela va affecter également ce pays. Cette situation constituera toutefois une opportunité pour les investisseurs à long terme, compte tenu du potentiel de la Russie. »
Le découplage entre les Etats-Unis et les principales économies émergentes ne serait ainsi qu’un leurre. En cas de fortes turbulences des marchés, ces Places financières ne seraient pas totalement à l’abri. « Il est exagéré de dire que les marchés émergents sont totalement décorrélés des grandes Places financières internationales. En revanche, il y a quelques années, ils étaient les premiers touchés en cas de remontée de l’aversion au risque et surréagissaient en cas de crise », explique Karine Hirn. « Les turbulences financières qui ont débuté cet été ont jusqu’à présent affecté la Russie de manière temporaire. Le rouble demeure robuste malgré des pics de volatilité liés à la remontée de l’aversion globale pour le risque », renchérit Juan-Carlos Rodado, économiste chez Natixis. Par conséquent, nombreux sont les gérants - à l’exemple de Raiffeisen Capital Management - qui annoncent avoir renforcé leurs positions en Europe de l’Est, et notamment en Russie, car les niveaux de valorisation des titres seraient redevenus attractifs.
Une dépendance au pétrole
Les fondamentaux affichés par la Russie se sont en effet nettement améliorés ces dernières années. Le taux de croissance tourne autour des 7 %, le solde budgétaire est excédentaire, le solde courant aussi et la Russie est parvenue à réduire de façon spectaculaire sa dette externe. Enfin, l’inflation, même si elle reste élevée, a fortement diminué ces dernières années.
La principale faiblesse de l’économie russe est sa dépendance à l’évolution du cours de pétrole et plus généralement des matières premières. Si la baisse des prix du l’or noir se confirme dans le sillage de la récession aux Etats-Unis, l’impact sera non négligeable. Cette menace doit toutefois être relativisée. Une baisse durable des cours est peu probable selon les spécialistes des matières premières (L’Agefi Hebdo n°118 du 31 janvier), compte tenu de l’appétit des grands pays émergents pour le pétrole et plus généralement pour les matières premières. Par ailleurs, la Russie s’est constituée un matelas de sécurité en accumulant des pétrodollars afin de réduire sa dépendance à l’or noir. Selon les dernières estimations, les réserves internationales pourraient atteindre près de 500 milliards à fin 2007. Elles correspondent à 25 mois d’exportations, ce qui permet à la Russie d’être peu sensible à court terme à un choc externe. Grâce à ces réserves, le gouvernement russe a mis en place un fonds de stabilisation sur le modèle norvégien qui doit notamment lui permettre d’intervenir en cas d’attaque spéculative contre le rouble. Celui-ci ayant tendance à s’apprécier, une réforme de ce fonds vient d’être mise en oeuvre. Les 155 milliards de dollars de réserves accumulées au sein de la banque centrale serviront pour moitié à financer de grands projets nationaux dans l’éducation, la santé, les infrastructures et l’agriculture, et pour l’autre moitié à des investissements dans des obligations d’Etat émises par les pays de l’OCDE.
Des fusions et acquisitions en forte hausse
Le fonds souverain russe n’a donc pas vocation à prendre des participations dans des entreprises étrangères. Cette mission est dévolue aux multinationales privées et publiques. Les fusions et acquisitions doivent permettre à la Russie - grâce notamment à des transferts de technologie - de réduire sa dépendance au pétrole. Cette stratégie s’est traduite par un doublement en 2007 des investissements directs étrangers (IDE) réalisés par les entreprises russes (47,8 milliards de dollars).
La réforme de l’utilisation des réserves vise également à accompagner la restructuration de l’industrie qui demeure encore à la traîne en termes de compétitivité. Le tissu industriel et économique est très hétérogène. Les services, le commerce et le secteur financier se développent rapidement en réponse à l’émergence d’une classe moyenne et de nouveaux riches avides de consommation, tandis que l’industrie héritée de l’époque soviétique et les infrastructures pâtissent du manque d’investissement. Mais le véritable sujet d’inquiétude concernant la Russie est politique, celle-ci est souvent pointée du doigt pour ses dysfonctionnements en matière de gouvernance, son niveau de corruption et les relations de collusion qu’entretiennent les responsables politiques avec les dirigeants des multinationales. Cette situation ne devrait pas changer avec l’élection programmée le 2 mars prochain du binôme Poutine-Medvedev.
05 février 2008
Découvrez le potentiel de l’EMEA
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Claude Hellers, responsable commercial pour le Benelux chez Fidelity International, commence par présenter Fidelity International. La société exerce un seul métier, celui de gestionnaire d’actifs et gère pas moins de 1800 milliards USD à travers le monde. Claude Hellers met ensuite l’accent sur le fonds FF EMEA.
La zone EMEA est souvent sous-représentée dans le portefeuille des investisseurs. Elle rassemble l’Europe de l’Est, le Moyen-Orient et l’Afrique. L’avantage de miser sur la zone dans sa globalité est de diversifier les risques. En effet, la corrélation entre les différentes régions qui la composent et les Etats-Unis est faible. La croissance de ces pays est très forte et soutenue par l’accès à de nouvelles technologies (GSM à 20 USD, voiture à 2000 USD...). Ce groupe de pays se caractérise également par une urbanisation galopante qui exige d’importants investissements en infrastructure qu’ils peuvent financer grâce aux revenus recueillis de l’exportation de ressources naturelles. Ils représentent notamment 82% des réserves avérées mondiales de pétrole. Le gérant du fonds, Nick Price, est membre de l’institut sud-africain des analystes et a été cogestionnaire du compartiment FF European Growth. Cette double expérience lui a permis d’acquérir une vision élargie de la zone. Les valeurs sont sélectionnées suivant une technique bottomup, c’est-à-dire que les gestionnaires s’attachent avant tout aux fondamentaux propres aux entreprises et pas aux perspectives du pays dans lequel elles sont établies.
Cash, 6-12-2007
















