24 mars 2008
Peu de victimes du pétrole cher
Peu de victimes du pétrole cher
par Karine Huet

Les grands gagnants de la flambée de l'or noir ne sont pas forcément ceux auxquels nous pensons intuitivement, les grands producteurs de pétrole ne profitant finalement que peu de l'envolée des cours.
A l'heure actuelle les grands groupes exposés à la flambée des prix du pétrole peuvent s'appuyer sur des couvertures efficaces pour atténuer les effets de la montée des cours du brut et des matières premières en général. Une fois que ces couvertures arriveront à terme, le retour à la dure réalité des prix risque de faire (très) mal. Sauf peut-être si les énergies renouvelables, grandes gagnantes de la montée en puissance de l'or noir, pouvaient prendre le relais à un coût raisonnable. Affaire à suivre...
Le pétrole otage des spéculateurs
Le prix du pétrole n'a jamais été aussi élevé. Le cap des 100 USD a été allègrement dépassé aussi bien à New York qu'à Londres. En un an, le prix du baril a pris plus de 70%. L'or noir n'aura jamais aussi bien porté son nom.
A qui la faute? Les producteurs n'arrivent-ils plus à produire les quantités suffisantes pour répondre à une demande croissante? Les réserves stratégiques de pétrole sont-elles à sec? Pas du tout. Cette escalade du coût du pétrole est en grande partie due à des achats spéculatifs.
Les stocks de produits pétroliers sont en progression aux Etats-Unis. Le ralentissement économique, surtout aux USA, premier consommateur mondial d'énergie, laisse présager une diminution de la consommation de matière énergétique. Et la fin de l'hiver, période de forte consommation d'énergie dans l'hémisphère nord, plaide également pour une baisse du prix du baril.
Alors pourquoi les prix ne reculent-ils pas? Un élément explicatif est le profil de "valeur refuge" de l'or noir en cette période d'instabilité boursière. Beaucoup d'investisseurs qui jouaient jusqu'à présent le dollar pour stabiliser leur portefeuille se sont reportés sur les matières premières, dont le pétrole, pour mettre leurs avoirs à l'abri de baisses boursières trop prononcées. Cela a évidemment un impact important sur les prix.
Un autre facteur justifiant les cours élevés du Brent sont les tensions géopolitiques. Les rapports tendus entre le Venezuela et les Etats-Unis, ou encore les interruptions régulières de production au Nigéria et les sabotages sur les unités de production en Irak inquiètent régulièrement le marché.
Mais il ne faut pas rêver, le pétrole à 30 USD le baril, c'est bel et bien de l'histoire ancienne. Les coûts de production de plus en plus élevés ne permettront plus de revenir à des cours aussi bas. Au Canada, le coût du baril marginal de sable bitumeux est de 60-65 USD. La pénurie d'ingénieurs, la hausse du coût de l'acier, l'exploitation de gisement plus difficiles, etc. font dire aux marchés qu'un baril à 80 dollars est normal.
Karine Huet
http://www.cash.be/articles/index.jsp?articleID=53543§ionID=671&siteID=74
11 mars 2008
Spéculation confirmées des Hedge Fund sur le petrole
Spéculation confirmées des Hedge Fund v.hugo

"La hausse du pétrole est purement spéculative"
Challenges.fr | 11.03.2008 |
Par Patrick Artus, directeur des études économiques de Natixis.
D’où vient cette nouvelle hausse du pétrole, alors que la croissance mondiale ralentit ?
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- La hausse actuelle est totalement déconnectée de ce qu’on appelle les “fondamentaux“. La demande mondiale de pétrole est quasiment stable depuis 2005, quand le prix du brut tournait autour des 50 dollars le baril.
Du reste, l’Agence internationale de l’Energie évalue autour de 60 à 70 dollars le prix qui équilibre aujourd’hui l’offre et la demande.
Pourquoi, alors, ce nouveau record ?
- C’est très simple. Les hedge funds, ces fonds spéculatifs dont les actionnaires réclament des rendements de 15 à 20%, ont abandonné toute idée d’investir dans ce qui ressemble à l’immobilier, aux marchés actions ou aux obligations d’entreprises. Ils jouent désormais sur le marché des matières premières, qu’ils ont massivement investi. D’où cette hausse du prix du pétrole, qui est donc purement spéculative.
Quels en sont les effets ?
- La hausse du prix de l’énergie, mais aussi des matières premières industrielles et agricoles est totalement destructrice. Elle enrichit certes quelques pays exportateurs mais affame beaucoup d’autres et ampute le pouvoir d’achat de la majorité des nations industrielles.
Le prix du blé a été multiplié par 4 depuis juillet! Et cela n’a rien à voir avec les achats des chinois qui auraient découvert le hamburger… Cette inflation est totalement importée: hors énergie et prix alimentaires, les prix sont particulièrement sages, dans la plupart des grands pays, y compris la Chine.
Seules la Russie et l’Inde font vraiment exception, puisqu’on y trouve une hausse des prix “domestiques“. Cette inflation par les matières premières révèle le délire du capitalisme financier actuel.
Propos recueillis par Ivan Best, responsable de la rubrique France de Challenges,
(le mardi 11 mars 2008)
11 janvier 2008
L'énergie,une sorte de « put »
L'énergie,une sorte de « put » laloss
Tocqueville Finance : Vinci, Vallourec, 12:02 10/01/08
Jacques Burlot, Tocqueville Finance :
"J'apprécie Total, Vinci, Vallourec, Maurel & Prom, Sanofi et Cegid"
Jeudi 10 janvier 2008 à 11:32 (Tradingsat.com) -
L'année boursière 2008 débute mal : quatre baisses en six séances. Le traditionnel rally haussier de janvier n'est manifestement pas au rendez-vous. Pour Jacques Burlot, gérant du fonds Tocqueville Dividende chez Tocqueville Finance, le marché n'en continue pas moins d'offrir des opportunités de long terme. Tradingsat.com : Le fonds Tocqueville Dividende a gagné plus de 12% par an en moyenne depuis sa création en avril 2001. Comment obtenez-vous cette performance ? Jacques Burlot : Comme son nom l'indique, le FCP Tocqueville Dividende est orienté vers les valeurs distribuant des dividendes élevés. Après ce premier filtre de gestion, nous cherchons à sélectionner les valeurs présentant un caractère le plus souvent défensif, sans exclure certaines options originales, comme des situations de retournement. Notre biais peut parfois nous empêcher de détenir certaines valeurs à gros potentiel, comme EDF, meilleure performance du Cac 40 l'an dernier. Nous n'avons pu l'intégrer dans le portefeuille parce que son rendement est inférieur à 3%. Mais sur le long terme, l'achat de titres et de fonds versant des dividendes demeure bien évidemment l'une des meilleures façons de s'enrichir. Tradingsat.com : Quelles sont les valeurs qui retiennent actuellement votre attention ? Jacques Burlot : La flambée du baril à 100 $ conforte logiquement notre conviction sur Total, qui est la première ligne du portefeuille. D'une part, j'ai tendance à penser qu'il y a un risque à ne pas être présent sur le secteur de l'énergie, pour de simples raisons géopolitiques dans les zones de production en Moyen Orient bien sûr, mais aussi en Afrique, au Nigéria ou en Amérique Latine. D'autre part, je me souviens qu'à plusieurs reprises, le secteur de l'énergie s'est révélé être le seul à bien se sortir de certaines crises économiques et boursières. C'est une sorte de « put » sur le marché. Toujours dans le domaine de l'énergie, le versement de dividendes exceptionnels par Vallourec et Maurel & Prom m'a permis d'intégrer ces deux valeurs dans le portefeuille. J'estime que le scénario d'un rachat, pour l'un comme pour l'autre n'est absolument plus « pricé ». Dans la construction et les concessions, le fort repli de Vinci peut être mis à profit. Enfin, le marché est en train de redécouvrir le caractère défensif du secteur pharmaceutique. Un mouvement que j'avais anticipé en achetant Sanofi-Aventis et GlaxoSmithKline . Tradingsat.com : Préférez-vous investir dans des small et mid caps ou au contraire, dans les grandes capitalisations ? Jacques Burlot : Je ne subis aucune contrainte en terme de tailles de capitalisation boursière. Le compartiment des petites et moyennes capitalisations est extrêmement bien pourvu en valeurs de rendement, mais pour des raisons de liquidité compte tenu de la taille du fonds (près de 1.3 Milliard), j'ai eu tendance a renforcer les grosses capitalisations ces derniers mois. Au vu de l'évolution des marchés, je ne regrette évidemment pas ce choix. Du fait de sa profondeur et de la baisse des cours, parfois vertigineuse, le segment des petites et moyenne valeurs comporte néanmoins de nombreuses véritables opportunités. Citons Cegid : je suis frappé de voir qu'une société qui fait l'objet d'un reclassement de titres auprès de Groupama à 55 euros cote moins de 25 euros ! Entre autres exemples de valeurs massacrées, NRJ , Valéo , la Cnim ou DPAM peuvent également retenir mon attention. Tradingsat.com : Quel est votre sentiment sur l'année 2008 ? Le subprime et ses effets collatéraux vont-ils continuer de peser sur la tendance ? Jacques Burlot : En soi, le problème de liquidité est d'une certaine façon résolu par les interventions énergiques des banques centrales. Les liquidités d'ailleurs ne manquent pas. C'est leur circulation qui pose problème, à cause d'un déficit de confiance persistant. Contrairement à d'autres grandes crises, notamment celle du fonds LTCM en 1998, la confiance met beaucoup de temps à revenir, à cause de l'opacité avérée du modèle de titrisation des créances qui nuit à la visibilité sur les bilans des banques. En définitive, je pense que cette crise est salutaire. Je m'attends à une année 2008 volatile. La situation impose de faire preuve de réactivité pour profiter des creux de marché. J'ai déjà profité de moments de paniques extrêmes pour commencer à renforcer certaines bancaires, comme Natixis et BNP Paribas . Propos recueillis F.B.
28 décembre 2007
La maison parisienne Amiral Gestion croit à la thèse du Peak Oil
ENERGIE. La maison parisienne Amiral Gestion croit à la thèse du Peak Oil. Elle lance un fonds en actions basé sur l'idée d'un pic de production de pétrole et de la fin du baril bon marché. En identifiant les sociétés à même de profiter d'une nouvelle ère de rareté énergétique.
Pierre-Alexandre Sallier le temps
Lundi 24 décembre 2007
Peak Oil. Avec l'envolée des prix du carburant à la pompe, le concept pourrait bien rapidement passer dans le langage courant.
Jamais en effet la théorie selon laquelle la production de brut allait atteindre un plateau - avant de décliner - n'a paru autant d'actualité, alors que le prix du baril flirte avec les 100 dollars.
Pic de production. Plus rares se font aujourd'hui les critiques se risquant à qualifier de doux dingues les King Hubbert - géologue réputé de la Shell à l'origine de cette «école de pensée» dans les années 50 -, Colin Campbell et Jean Laherrère, un ancien de Total (FP.PA), qui ont repris le flambeau. Si la théorie du Peak Oil a longtemps fait sourire les spécialistes, ceci s'expliquait moins par la question soulevée - les énergies fossiles sont destinées à disparaître - que pae le calendrier alarmiste esquissé. King Hubbert ne prévoyait-il pas le pic mondial de production pour l'an 2000? Pour le très respecté CERA (Cambridge Energy Research Associates), le sommet de production arrivera vers 2030, suivi d'un long plateau, un scénario idéal pour les compagnies pétrolières. Pour Jean Laherrère, ce sera dès 2011. Or préciser la date à partir duquel le pétrole ne pourra redevenir bon marché fait une différence énorme. Surtout pour les milieux financiers.
Pour François Badelon, responsable d'Amiral Gestion - une société de portefeuille parisienne à qui sont confiés 500 millions d'euros -, l'imminence du Peak Oil est devenue une telle conviction, que celui-ci assure être à même de la transformer dès à présent en stratégie d'investissement. Au point de lancer lundi dernier Sextant Peak Oil, un fonds commun de placement dédié à cette vision!
Le baril à 150 dollars
Le thème général de ce véhicule accessible aux investisseurs suisses? Investir dans le secteur énergétique et, plus généralement, dans les sociétés les plus à même de profiter d'une inexorable inflation énergétique. «Personne n'a encore pris compte de l'ampleur de la hausse des cours dans l'évaluation des sociétés pétrolières, les analystes basant leurs estimations sur celles des patrons des majors, soit environ 60 dollars», assure ainsi ce gérant de 45 ans. Cet ancien de la maison de courtage Exane a lancé en 2002 son fonds actions européennes Sextant PEA, qui affiche sur les douze derniers mois une performance de plus de 20%. Sa conviction? «Il existe une possibilité non négligeable de voir le prix du baril progresser en moyenne de 10 à 20% par an à partir du niveau actuel de 90 dollars, voire de connaître une poussée de fièvre à 120 ou 150 dollars dès 2008.» Un environnement qui l'amène à favoriser des compagnies pétrolières, des sociétés spécialisées dans les énergies alternatives (éolienne, géothermie...), mais également les fabricants spécialisés dans les matériaux isolants et, pour pousser la logique jusqu'au bout, une société comme Genesys, l'un des leaders de la téléconférence (une solution qui évite de se déplacer en avion). Parmi les pétrolières, plus que les majors classiques sont préférées les compagnies d'extraction pure, les plus sensibles au prix du baril. «C'est pour cette raison que nous avions choisi d'investir dans Statoil dès 2004», explique ainsi François Badelon. A l'inverse, cette façon d'envisager l'avenir suppose de se détourner des sociétés les plus susceptibles de subir de plein fouet une crise pétrolière durable et susceptibles de s'effondrer en bourse si le baril venait à flirter avec les 150 dollars. «Personne ne parle du Peak Oil aux investisseurs et ceux-ci sont peu préparés à un tel événement, alors que nous estimons que la probabilité est forte qu'il ait déjà eu lieu ou qu'il survienne prochainement... et nous prenons le risque de passer pour des illuminés», s'emporte le financier.
Un pari gagnant-gagnant
Le pari est moins risqué qu'il n'y paraît. «Il ne s'agit pas de tout miser sur une entrée du monde dans le Peak Oil depuis 2005 et d'un baril à 200 dollars l'année prochaine, mais d'être prêt à toutes les éventualités», prévient son concepteur, selon qui, le simple fait que «le marché ne croit toujours pas au Peak Oil» lui offre une «belle marge de sécurité». L'envolée des cours du brut ces derniers mois et l'afflux des fonds d'investissement sur les marchés énergétiques semblent pourtant montrer que la communauté financière se convertit peu à peu à l'idée d'entrer dans une ère de rareté des ressources naturelles. Nullement, à en croire le gérant parisien pour qui «la volatilité des cours, lorsque ceux-ci approchent les 90 dollars, rend les investisseurs nerveux au point que peu d'entre eux ont envie de risquer leur peau en pariant sur la poursuite de la hausse». Selon ce dernier, il n'y a ainsi guère de banques d'affaires à prévoir un baril au-dessus des 75 dollars l'an prochain.
L'astuce? «Si le pétrole recule de 20 dollars, on ne perd rien car tout le marché l'anticipe, pointe François Badelon. A l'inverse, s'il continue de gagner 40 dollars on fait fortune.» Evidemment, il ne faudrait pas que les prix de l'énergie s'effondrent... «Il faudrait pour cela que les patrons de l'OPEP soient devenus complètement idiots - or les Saoudiens ont fait Harvard depuis longtemps - ou que l'on maîtrise la fusion nucléaire avec quarante ans d'avance, ce qui relève encore de la science-fiction», note le gérant qui reconnaît être plus un dénicheur de sociétés sous-valorisées qu'un expert du secteur. Celui-ci doit cependant admettre que parmi les risques attachés à son nouveau fonds figure «la forte volatilité des valeurs du secteur».
Si les performances restent encore à réaliser, le capitaine d'Amiral a déjà réussi un coup marketing certain. Capitaliser sur le succès grandissant du Peak Oil pour offrir un produit d'investissement reflétant ces craintes... et parlant à ceux qui les éprouvent.
28 octobre 2007
La moitié des réserves pétrolières seraient épuisées
La moitié des réserves pétrolières WERNER
seraient épuisées

LE MONDE | 26.10.07
Le pic pétrolier, le moment où la moitié des réserves de brut de la planète ont été épuisées, aurait été atteint en 2006. L'extraction de l'or noir serait désormais sur une pente déclinante de 3 % par an, et les compagnies n'extrairont plus que 39 millions de barils par jour en 2030 (contre 81 millions aujourd'hui). Telle est la principale conclusion, alarmiste, des experts d'Energy Watch Group (EWG) - créé par le député Vert allemand Hans-Josef Fell - dans un rapport publié à Londres lundi 22 octobre.
Pour les scientifiques d'EWG, les réserves prouvées (exploitables et rentables aux coûts actuels) ne sont pas, contrairement aux estimations officielles, de 1 200 milliards de barils mais de 854 milliards. La différence est imputable aux cinq grands producteurs du Moyen-Orient : Arabie saoudite, Iran, Irak, Koweït et Emirats arabes unis. Ils ne posséderaient pas 630 à 710 milliards de barils, comme l'affirment les plus optimistes, mais seulement 340 milliards.
"Dans cette région, la production va décliner dans un avenir proche", affirme le rapport. Ce serait une très mauvaise nouvelle pour les pays consommateurs, qui comptent sur ces réserves pour alimenter leur croissance économique, alors que l'on s'attend à un déclin de la production des pays non membres de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Russie, Mexique...) à partir de 2010.
"CHANGEMENT ÉCONOMIQUE"
Le niveau exact des réserves est invérifiable. Les pays producteurs ne sont pas tenus à une obligation de transparence. C'est ainsi que l'EWG estime les réserves de l'Iran à 44 milliards de barils (contre 130 officiellement) sur la foi d'un ancien ingénieur de la compagnie nationale (NIOC). Celles de l'Arabie saoudite ne seraient pas de 262 milliards mais de 181 milliards de barils.
Les calculs du groupe d'experts allemands s'appuient sur la production actuelle et tiennent compte des difficultés des compagnies (accès aux ressources, retard des projets). Plusieurs majors pétrolières ont accusé, ces derniers mois, une forte baisse de leur production. L'EWG souligne aussi que les grands champs du golfe Persique ont atteint un pic et qu'"une augmentation de l'extraction n'est pas dans l'intérêt à long terme des pays du Moyen-Orient". Notamment des Saoudiens, dont la production serait déjà en baisse.
A ceux qui dénoncent ses méthodes de calcul, l'un des deux auteurs du rapport, Jörg Schindler, répond que "c'est sur cette base qu'EWG a pu annoncer sans se tromper que la production de mer du Nord atteindrait son pic en 2000". L'EWG juge que "le monde est au début d'un changement économique structurel" lié à la déplétion pétrolière, et que l'Agence internationale de l'énergie (AIE) adresse un "message erroné" aux politiques, aux industriels et aux citoyens.
Ces prévisions doivent tout de même être prises avec précaution. Même l'ASPO (Association for the Study of Peak Oil), un groupe d'ex-géologues pétroliers critiques sur l'optimisme des compagnies et de l'AIE, est moins alarmiste. Elle estime qu'on atteindra le pic vers 2011, mais qu'on produira encore 65 millions de barils par jour en 2030 (contre 116 millions pour l'AIE).
Le rapport sert la cause de l'EWG, dont les responsables militent pour les énergies renouvelables (solaire, éolien, biomasse...) et un renforcement de l'efficacité énergétique, seuls capables à leurs yeux de résoudre la crise. Député au Bundestag, M. Fell a été l'un des grands artisans du développement des énergies propres en Allemagne.
Le scénario noir d'EWG sous-estime les progrès dans les techniques d'exploration et de production, qui accroissent le taux de récupération du brut. Il minimise aussi le potentiel des pétroles dits "non conventionnels" (sables bitumineux, huiles lourdes...) rentables avec un baril à 90 dollars, même si leur extraction se fait à des coûts énergétiques et environnementaux élevés. En 1950, juste avant les grandes découvertes des décennies 1950-1970, le rapport entre réserves prouvées et production annuelle était de vingt-deux ans ; il est aujourd'hui de quarante-quatre ans.
Le baril atteint un nouveau sommet
à plus de 92 dollars
LE MONDE | 26.10.07 |
Après leurs records de la veille, les prix pétrole ont poursuivi leur hausse, vendredi 26 octobre, à Londres et en Asie. Sur le marché londonien, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en décembre est monté jusqu'à 89,30 dollars dans la matinée, tandis que le brut s'échangeait au-dessus de 92 dollars en Asie. Depuis janvier, ces prix ont augmenté de plus de 50 % et ils ont plus que quadruplé depuis janvier 2002.
L'économie mondiale ne semble pas manquer de pétrole, mais les opérateurs spéculent à la fois sur la baisse des stocks américains, les tensions géopolitiques et la baisse du dollar, monnaie dans laquelle est libellé le brut.
Les troubles à la frontière entre la Turquie et le Kurdistan irakien, riche en or noir, persistent et se sont même aggravés avec la menace d'Ankara d'étendre ses opérations militaires. Il faut y ajouter les nouvelles sanctions décidées par Washington, jeudi, à l'encontre de Téhéran - contre les Gardiens de la révolution cette fois - pour contraindre la République islamique à arrêter son programme nucléaire.
A ces craintes géopolitiques est venue se greffer la baisse inattendue des réserves aux Etats-Unis annoncée, mercredi, par le Département de l'énergie (DoE). La semaine dernière, les stocks de brut ont baissé de 5,3 millions de barils, et ceux d'essence et de produits distillés (diesel et fioul de chauffage) d'environ 2 millions de barils chacun.
L'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) refuse depuis des mois de relever substantiellement la production, estimant que le marché est bien approvisionné, comme l'ont répété, jeudi, les ministres algérien et vénézuélien de l'énergie. Ce sont le manque d'attractivité du marché des actions et le transfert d'investissements vers les matières premières et l'énergie, comme le pétrole, qui font grimper les cours, estiment-ils.
Réunis le 19 octobre à Washington, les ministres des finances des sept pays les plus riches (G7) ont estimé que l'envolée du pétrole freine l'activité économique et donc la demande de pétrole. A l'inverse, les besoins de la Chine en énergie - tirés par une croissance de 11,5 % au 3e trimestre en rythme annuel - sont un facteur structurel de hausse des prix des hydrocarbures.
Jean-Michel Bezat
Le monde peut-il s'accommoder d'un
baril à 100 dollars ?
La Tribune - 26/10/07
Le prix du pétrole a augmenté de 45 % depuis le début de l'année et le seuil symbolique des 100 dollars le baril pourrait être aisément franchi à la moindre alerte. Les marchés s'inquiètent d'un déséquilibre entre l'offre et la demande sur les prochains mois malgré la hausse de la production de l'Opep de 500.000 barils/jour à partir de novembre.
Nicolas Sarkis, directeur du Centre arabe d’études pétrolières
OUI : " Le pétrole cher est une garantie de stabilité des approvisionnements " (Nicolas Sarkis)
Après le quadruplement des prix du pétrole, tous les principaux indicateurs économiques restent au vert. Pas d'inflation manifeste, ni de récession. Il convient tout d'abord de relativiser la hausse : elle peut apparaître spectaculaire en valeur absolue mais, en termes de pouvoir d'achat, elle est moins beaucoup moins prononcée. Et, en dollars constants, le prix du baril peut grimper jusqu'à 115 dollars pour retrouver ses pics de 1982. Ensuite, l'analyse sur longue période des statistiques du FMI ne permet pas de dégager une corrélation mécanique entre l'évolution du prix du pétrole et la croissance. Au contraire, la croissance n'a jamais été aussi soutenue et, fait remarquable, même les pays en développement, jugés plus vulnérables, enregistrent de bonnes performances. Et la responsabilité du pétrole dans l'inflation mondiale a toujours été largement exagérée, souvent à dessein, l'Opep étant alors le bouc émissaire idéal de tous les maux. De toute façon, l'environnement a radicalement changé : le maintien des taux d'intérêt bas et le recyclage rapide des pétrodollars et des excédents asiatiques contribuent à entretenir la croissance et les échanges mondiaux. Et un pétrole cher est une garantie de stabilité des approvisionnements pour les économies industrialisées à moyen et long termes. Des prix bas nuisent à l'investissement et compromettent la production future. En revanche, la hausse continue permet à nos économies de se préparer à l'après-pétrole en stimulant les innovations et le développement d'énergies non polluantes.
Véronique Riches-Flores, Chef économiste Europe, Société Générale
NON : " La ponction pétrolière risque de devenir insupportable " (Véronique Riches-Flores)
Pour l'heure, la nouvelle flambée des cours ne semble pas plus émouvoir le monde économique et financier qu'hier. Les prévisions ont pourtant systématiquement sous-estimé le potentiel de hausse : plus personne ne conteste aujourd'hui que les cours peuvent grimper à 100 dollars le baril, voire plus, à la moindre tension politique, au moindre aléa climatique. La forte hausse des prix se justifie par la forte croissance économique. Mais, à y regarder de plus près, les prix du pétrole n'ont pas augmenté sensiblement plus vite que la croissance du PIB nominal depuis le début de la décennie. Finalement, les évolutions des cours suivent assez fidèlement la croissance. Exprimé en pourcentage du PIB nominal, la facture pétrolière a certes augmenté ces dernières années, mais elle apparaît sensiblement inférieure au second trimestre 2007 qu'en 2006 ou 2005. La question est de savoir si l'on approche le point de rupture. À 81 dollars, le prix de référence de l'Opep accuse une hausse de 45 % par rapport à l'an dernier contre une croissance mondiale du PIB nominal de 13%. L'écart semble donc se creuser rapidement et, à ce rythme, la ponction pétrolière pourrait dépasser le seuil supportable. Cette rapide hausse pourrait alors constituer la dernière envolée avant un mouvement de correction à la baisse que provoquerait un ralentissement de la croissance mondiale. Les risques d'un impact négatif du pétrole cher sur l'économie sont donc beaucoup plus élevés, surtout dans un contexte de ralentissement lié notamment à la crise immobilière aux Etats-Unis, et d'interrogations sur la vitalité de la consommation des ménages américains.
26 septembre 2007
Pétrole : vers la normalisation?
Pétrole : vers la normalisation? d.pougni
Comme pour le blé, septembre aura été le mois de tous les records sur le pétrole, le baril de brut établissant un nouveau record historique à 84,30 dollars le baril et ce en dépit des craintes d’un ralentissement économique marqué aux États-Unis dans la foulée de la navrante crise du crédit subprime, ce dernier ne constituant en réalité que la partie émergée de l’immense iceberg de dette dérivant dans les eaux de plus en plus troubles de la mer argentée...
Contrairement à une idée reçue, les causes de cette hausse sont avant tout d’ordre structurel :
• La demande mondiale ne cesse de croître, sous l’impulsion des pays asiatiques principalement ;
• L’offre peine de plus en plus à s’ajuster à ce surcroît de consommation et ce d’autant plus que l’OPEP maintient un biais restrictif ;
• Les stocks mondiaux sont largement entamés ;
• Le dossier nucléaire iranien sous-tend une importante prime de risque.
Il n’en demeure pas moins que des éléments purement conjoncturels ont accentué la récente envolée des cours du brut :
• Perturbations cycloniques dans le Golfe du Mexique ;
• Effondrement du dollar, conséquence logique de la politique monétaire accommodante (doux euphémisme...) mise en œuvre par les banques centrales.
Le vent est cependant sans doute en train de tourner :
• La saison des cyclones touche à sa fin ;
• La demande des raffineries américaines va refluer saisonnièrement ;
• L’OPEP ne manque pas une occasion de souligner que les cours actuels lui paraissent trop élevés.
Ce dernier élément est sans doute le plus important, le cartel s’efforçant avant toute chose d’encadrer le marché : en clair et sans décodeur, l’OPEP ne veut pas que le pétrole s’installe sous les 60 dollars ou au-delà des 80 dollars ; pour l’instant...
Et, en tout état de cause, un retour « technique » vers les 70 voire les 65 dollars ne remettrait nullement en cause l’actuel trend haussier, bien au contraire même, tant qu’il est vrai qu’un solide camp de base faciliterait l’ascension finale vers les 100 dollars...
Diapason Securities
17 septembre 2007
Goldman Sachs table sur un baril à 85 dollars
La Tribune.fr - 17/09/07
énergie
Pétrole : Goldman Sachs table sur un baril à 85 dollars en fin d'année
Alors que ce matin, les cours du brut reculaient légèrement, les spécialistes de la banque d'affaires estiment que le pétrole pourrait encore monter dans les mois qui viennent.
Butant sur le niveau des 80 dollars - brièvement enfoncé à plusieurs reprises en fin de semaine dernière - les cours du pétrole débutent la semaine sur un léger reflux. En fin de matinée à Londres, le prix d'un baril de Brent livrable en novembre prochain perdait ainsi 0,4% à 75,90 dollars. Si le marché new-yorkais était encore fermé, les échanges électroniques de barils de light sweet crude réalisés par les traders asiatiques puis européens n'en faisaient pas moins ressortir une baisse de son cours de 0,9% à 78,42 dollars.
Soudain, tous les éléments, que semblaient jusque là ignorer les fonds spéculatifs poussant les cours à la hausse, sont invoqués pour justifier la baisse: crainte d'un ralentissement de l'activité économique aux Etats-Unis - et donc de besoins en hydrocarbures moins soutenus - faiblesse du dollar, principal devise dans laquelle se traitent les cargaisons de brut... jusqu'à la dépression tropicale Ingrid qui ne semble pas vouloir se transformer en cyclone.
La pénurie d'approvisionnement en hydrocarbures que redoute le marché cet hiver a cependant tout lieu de maintenir le prix du baril bien au-delà des 70 dollars dans les semaines à venir. Ce d'autant plus que les dernières donnés des régulateurs du marché new-yorkais montrent que la spéculation à la hausse ne se calme en rien. Ainsi entre le 4 et le 11 septembre dernier - semaine au cours de laquelle le prix du WTI a gagné 3,15 dollars - les fonds spéculatifs ont continué à accroître leurs positions sur le marché. Contrairement à la semaine précédente cependant, ceux-ci sont venus sur le marché pour "accroître leurs positions 'shorts' [paris à la baisse, NDLR] et non plus seulement pour se positionner 'longs' [paris sur la poursuite de la hausse]", pointe Olivier Jakob, analyste chez Petromatrix à Zurich. Si ce mouvement se confirmait cette semaine, il expliquerait pourquoi les cours buttent sur les 80 dollars...
Le léger reflux des cours observé ce matin n'a pas empêché les spécialistes de Goldman Sachs de relever leurs estimations quant aux prix du brut à l'avenir. Ceux-ci annoncent ainsi s'attendre à voir le WTI atteindre 85 dollars le baril d'ici la fin de l'année, et n'ont pas exclu qu'il monte à 90 dollars en raison des tensions sur le marché. Pour la banque américaine, l'augmentation de 500.000 barils par jour de la production de l'Opep décidée la semaine dernière par l'organisation ne suffira pas à enrayer la hausse des cours... et n'empêchera pas "les stocks de tomber cet hiver à des niveaux critiques".
A tel point que, toujours selon Goldman Sachs, la poursuite de la hausse des cours l'an prochain - une moyenne de 85 dollars est attendue - pourrait porter le baril à 95 dollars fin 2008. Son estimation de la moyenne des cours pour 2008 est de 85 dollars. Concernant le Brent, Goldman a porté son estimation 2008 de 65 à 80 dollars, celle pour 2009 de 65 à 90 dollars et celle de 2010 de 42 à 80 dollars...
10 juillet 2007
L'explosion des coûts de production plombe les marges des pétrolières
Nouveau coup de sang sur le marché pétrolier
L'explosion des coûts de production plombe les marges des pétrolières
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Le marché des «futures» table sur des cours pétroliers durablement supérieurs à 70 USD/baril. Le baril de Brent titille en effet à nouveau les 74 USD/baril, un niveau qu'il n'avait plus côtoyé depuis près de onze mois.
(l'écho) - En cause, une augmentation des anticipations relatives à la demande d'essence durant la saison estivale aux Etats-Unis. Il s'agit, il est vrai, du plus grand consommateur de pétrole au monde et ses réserves d'essence sont de 5,5% inférieures à leur moyenne des 5 dernières années.
Un «stress» qui trouve sa parfaite illustration dans la journée de mercredi au cours de laquelle les Etats-Unis ont fêté l'Independence Day. A cette occasion, ce sont, selon l'American Automobile Association, plus de 41 millions de voitures qui ont circulé sur les routes. En dépit des prix élevés à la pompe (3 USD/gallon), les Américains n'hésitent pas à prendre le volant et devraient continuer à agir de la sorte durant tout l'été.
Raffineurs le nez dans le guidon
Ce qui ne manquera pas, une nouvelle fois, de mettre sous pression l'industrie du raffinage qui, on le sait, peine à répondre à la consommation. Ses unités n'ont pas tourné à plus de 90% de leurs capacités depuis quatre semaines, alors que les analystes estiment qu'il faut un taux de fonctionnement de 95% environ pour produire à hauteur de la demande.
Comme, dans le même temps, le cartel de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) ne prétend pas augmenter ses quotas de production, il n'est pas surprenant que les stratégistes de Merrill Lynch anticipent un nouveau tassement des stocks commerciaux globaux de pétrole sous le seuil des 2,5 milliards de barils dans le courant de l'année prochaine, soit près de 300 millions de barils de moins qu'à fin 2006.
Inutile de préciser que, dans ces conditions, le marché de l'or noir risque, de nouveau, d'être «hyper-sensible» aux moindres menaces de ruptures d'approvisionnement en pétrole. Bref, la situation de «contango» qui prévaut sur les échéances courtes des futures relatifs au baril de Brent risque de perdurer: l'écart entre les futures à 1 mois et à 16 mois est de l'ordre de -2 USD.
Aplatissement de la courbe des futures
En revanche, et c'est là que la nouveauté réside, la partie moyenne et longue de la courbe des cours à terme du Brent tend à s'aplatir. Alors que l'écart entre les contrats tombant à échéance dans 1 mois et en décembre 2012 étaient d'environ une dizaine de USD au début de l'année (ce qui traduisait une situation évidente de «backwardation»), le différentiel n'est plus aujourd'hui que d'environ 2,5 USD. Au moment même où le future à 1 mois se trouve près de 7 USD au-dessous de son record de 2006, le future décembre 2012 a atteint un nouveau sommet historique à près de 70 USD.
Si cette modification est d'une grande importante pour les investisseurs institutionnels actifs sur le marché des futures et options, l'investisseur particulier pourrait n'en avoir cure. Encore que de plus en plus de particuliers sont désormais actifs, via les exchange traded commodities (ETC), sur le marché physique de l'énergie. En réalité, ce changement dans la pente de la courbe des cours à terme du baril de brut est important pour tout un chacun dans le sens où elle est le reflet de plusieurs facteurs susceptibles d'affecter durablement l'équation pétrolière.
Tout d'abord, il traduit une baisse de la production de brut de 540.000 barils/jour depuis octobre 2006 (consécutive à la dernière baisse des quotas de production de l'Opep) qui, dans un contexte de demande toujours soutenue de la part des consommateurs comme des investisseurs, laisse peu de marge à une baisse des prix pétroliers.
Coûts de production hors de contrôle
Ensuite, il met en lumière l'escalade des coûts auxquels sont confrontés les producteurs. Au cours des trois dernières années, l'augmentation de la facture énergétique et des frais liés aux salaires et aux équipements fait qu'il est de plus en plus onéreux d'extraire du pétrole des sables bitumeux ou en eaux profondes. Logiquement, l'explosion des prix pétroliers depuis la fin des années 90 devrait rendre plus compétitives toutes les activités situées à la marge de la filière pétrolière. Mais, même si cela peut paraître paradoxal, on est aujourd'hui loin du compte. Selon les estimations de Merrill Lynch, pour que le pétrole en eaux profondes, très profondes, ou émanant de l'océan Arctique soit économiquement viable, il faut que le prix du baril WTI (l'équivalent US du baril de Brent) soit supérieur à respectivement 50, 55 et 70 USD. Soit, dans tous les cas, une dizaine de USD de plus qu'en 2004. Pour ce qui est du pétrole provenant des sables bitumeux ou de la récupération assistée de pétrole (c'est-à-dire de l'injection de CO2 dans les réservoirs de pétrole), Merrill Lynch évoque un «prix de revient» supérieur à 60 USD, contre 40 et 50 USD en 2004. Dans le cas des schistes pétrolifères, les exigences de rentabilité se situent à plus de 70 USD!
On mesure mieux tout l'enjeu lorsque l'on sait que ces différentes sources d'approvisionnement représentent près de 2.500 milliards de barils potentiels, soit plus que les réserves de 1.900 milliards de barils de pétrole conventionnel provenant, notamment, de l'Opep et dont le prix de revient oscille entre 20 et 30 USD/baril (contre 15 à 25 USD en 2004).
Autre illustration de cette flambée des coûts de production, qui explique la sous-performance boursière des «Majors», le pétrole provenant des forages dans le golfe du Mexique coûte désormais plus de 350 USD/baril, contre moins d'une cinquantaine de USD au début des années 90.
La fédération professionnelle britannique Oil & Gas s'inquiète, elle aussi, de la situation. Elle pointe notamment une hausse des coûts d'exploitation de 40% depuis début 2005 dans une des régions où l'exploitation de pétrole et de gaz est la plus chère au monde. Elle évoque aussi le coût élevé (15 milliards de livres) du démantèlement des infrastructures vieillissantes et le niveau d'imposition des bénéfices compris entre 50 et 75%. La fédération estime qu'à moins d'une révision du régime fiscal, les 16 à 25 milliards de barils équivalent pétrole gisant encore en mer du Nord ne seront pas exploités, faute d'investisseurs.
Luc Charlier
l'echo 8/7/o6
04 juillet 2007
Le peak oil, une simple vue de l'esprit
Le peak oil, une simple vue de l'esprit (commentaire de laloss)
http://www.ci.com/perspectivef/pdf/sterling/200707_f.pdf
Le rédacteur de ce commentaire est quelqu'un que je respecte mais je trouve que son argumentation qualifiant la théorie du peak oil de quasi religion trés légère. On pourrait lui retourner cette critique dans la mesure où cette croyance que la technologie permettra de surmonter tous les obstables dressés devant nous est aussi une quasi religion. Se fonder sur les données du passé est aussi dangereuse ( je fais référence à la réevaluation des réserves au fil des années).
J'ai envie de répondre à M.Sterling que:
-Le fait qu'il y ait des déclinologues au milieu des tenants du Peak oil ne lui enlève pas toute crédibilité. quand on parle de retourner à l'age de pierre, il faut être vraiment à la masse.
-La simple constatation de faits prouvés devant le conduire à nuancer ses propos. en effet, tous les pays occidentaux ont passé leur Peak oil et c'est officiel sauf le canada avec ses sables bitumineux. Le second plus grand champ producteur de pétrole, à savoir Cantarell, est en phase de chute sévère de production depuis plusieurs années perdant plus d'un million de barils/jour. L'ensemble des grandes sociétés pétrolières comme Total et autres annoncent des baisses de production depuis plusieurs années, et ce, malgé des promesses de hausses qu'ils n'arrivent pas à tenir. Ces données sont vérifiables...pas les arguments des optimistes ou des pessimistes sur les réserves de pétrole.
-J'ai envie de dire à M.Sterling qu'il ne faut pas confondre production et état des réserves. Ce dernier se repose sur les divergences d'estimation à ce niveau pour mettre en doute la théorie du Peak oil. Mais le pic pétrolier, c'est le point culminant au niveau de la production, on parle en terme de PRODUCTION, cela comprend le renouvellement des outils de production, les phénomènes de dépletion qui sont des phénomènes scientifiques prouvés ainsi que les restrictions en terme d'investissement ( cf le dernier appel de Morales qui se plaint de la faiblesse des investissements étrangers depuis qu'il a nationalisé l'appareil productif dans l'energie).
-Enfin, M.Sterling nous balance des dates jusqu'à 2040 totalement farfelues. en effet, parmis les optimistes on retrouve le groupe TOTAL et les grandes majors. Et ces dernières, les mieux placées si on s'en tient à leur position, fixent en général 2020 comme date du PEak. Le seul débat ne porte pas sur 2040 ou 2030 mais il porte entre 2006 et 2020 soit auj ou demain.
Bref, la vérité se trouve généralement entre les deux. Le peak oil n'est peut être pas pour auj mais il est pour demain..non pas en 2040. Je table sur 2015 en ce qui me concerne.
Il faut dire que les dernières données de l'agence internationale de l'énergie ( une optimiste convaincue) ne nous rassurent pas, cette agence prévoit pour 2007 un déficit de l'offre de pétrole de 1 million de barils/jour par rapport à la demande..j'avais publié cette info sur les forums. Vous avez dit peak oil??
01 juillet 2007
Demande croissante pour des énergies
Demande croissante pour des énergies (franck)
12.06.2007 Demande croissante pour des énergies propres et compétitives
Sous l’effet du déséquilibre entre l’offre et la demande de produits énergétiques et du durcissement de la réglementation pour limiter les effets du changement climatique, le secteur de l’énergie est amené à proposer des solutions plus propres, plus intelligentes et plus compétitives. Dans ce contexte, les innovations visant le développement et la modernisation de l’infrastructure énergétique ont le vent en poupe. Les énergies renouvelables occupent le devant de la scène, mais les technologies de réduction des émissions de dioxyde de carbone et les solutions en faveur des économies d’énergie sont également prometteuses. Ceci s’accompagnera de l’apparition de nouvelles opportunités de placement autour du charbon propre et de la consommation intelligente. Telles sont les principales conclusions de l’étude de Julius Baer sur «la transition énergétique».
Selon les analystes de Julius Baer, les innovations en faveur d’une utilisation écologique du charbon et des économies d’énergie généreront des opportunités de placement attrayantes.
La demande d’énergie devrait encore augmenter
Selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE), la consommation mondiale d’énergie primaire devrait progresser de quelque 60% d’ici 2030 et l’essentiel de cette énergie devrait être produite à partir de ressources fossiles et minérales. La consommation d’électricité devrait pratiquement doubler d’ici 2030, en raison notamment de la croissance exponentielle de l’utilisation des appareils électriques sur fond d’urbanisation galopante et d’amélioration du niveau de vie dans certains pays. Sur la même période, la consommation de carburants pour les transports devrait augmenter de 50%, tirée par le trafic routier dans les pays émergents, le commerce mondial et le secteur aérien. La demande pour les besoins de chauffage dans les bâtiments et les processus industriels devrait progresser au même rythme.
La question de la sécurité de l’approvisionnement en énergie
Selon les estimations actuelles, les réserves prouvées de pétrole sont suffisantes pour satisfaire la demande dans les trois prochaines décennies et même au delà. Toutefois, on ne sait pas exactement dans quelle mesure certaines de ces ressources (comme celles en eaux profondes, le pétrole lourd ou les sables bitumineux) peuvent être extraites et exploitées commercialement et techniquement de manière viable. De fait, en la matière, tout dépend du prix du pétrole qui doit être suffisamment élevé pour justifier les lourds investissements nécessaires à la production et à la maintenance des infrastructures.
Les enjeux de la modernisation de l’infrastructure énergétique
D’ici 2030, les émissions de CO2 devraient progresser de 55%; l’infrastructure énergétique occupe donc une place centrale dans le débat autour du changement climatique. Pour les analystes de Julius Baer, un durcissement de la réglementation anti-pollution est inévitable. De telles actions peuvent certes permettre un ralentissement des émissions, mais elles ont peu de chances de les ramener à un niveau viable. Des mesures plus importantes seront en effet nécessaires pour moderniser et développer l’infrastructure énergétique mondiale, ce qui ne manquera pas de poser de véritables défis en termes d’investissements. Selon le scénario de politique alternative de l’AIE, il faudrait investir pas moins de 19 000 milliards de dollars dans l’infrastructure mondiale entre 2005 et 2030. Ce scénario repose sur l’idée qu’une amélioration du côté de la demande est le moyen le moins cher, le plus rapide et le plus écologique de concilier les besoins et l’offre en matière d’énergie.
Sur cette base, les analystes de Julius Baer ont identifié deux grands secteurs de croissance offrant aux investisseurs un bon potentiel haussier: le charbon propre et la consommation intelligente.
Augmentation des investissements dans le charbon propre
Le charbon, second plus important vecteur d’énergie après le pétrole, est abondant et bon marché, mais il est très polluant. Les technologies permettant d’obtenir proprement de l’électricité à partir du charbon existent déjà et, dans le contexte actuel d’augmentation probable des taxes sur la pollution, elles représentent une véritable opportunité pour les investisseurs.
Fort potentiel du côté de la consommation intelligente
Les aspects liés à la demande ont été négligés par le passé. Or, aujourd’hui, les consommateurs sont de plus en plus conscients de l’énorme potentiel d’amélioration qui existe à ce niveau. Face à l’alourdissement de la facture énergétique, les moyens permettant d’équilibrer l’offre et la demande à moindre coût et de manière rapide et écologique paraissent de plus en plus intéressants, ce qui est favorable aux solutions d’investissement innovantes.
Julius Baer


















