08 avril 2008
ING mise la « Grande Chine »
ING mise sur la croissance de la « Grande Chine »
Le fonds « Greater China » investit dans des actions cotées en Chine, à Hong Kong et Taïwan.
(l'écho) - L'Asie n'a pas été épargnée par les turbulences boursières au premier trimestre. L'indice MSCI des actions asiatiques, hors Japon, a perdu 13 %, soit sa plus mauvaise performance depuis le trimestre achevé fin septembre 2002. La chute a été plus sévère en Chine où l'indice composite de la Bourse de Shanghai a perdu plus de 34 % au premier trimestre. L'indice est en baisse de 41 % depuis son plus haut atteint en octobre dernier. Entre juin 2005 et octobre, l'indice avait, il est vrai, été multiplié par six. A Hong Kong, l'indice Hang Seng a perdu 18 % sur le trimestre, sa plus mauvaise performance depuis plus de six ans.
Ces mauvaises performances n'empêchent pas ING Investment Management (ING IM) de se montrer positif sur les perspectives à long terme en Chine, notamment suite à la croissance spectaculaire de son urbanisation : le taux d'urbanisation augmente de 1 % chaque année et devrait atteindre 55 % d'ici 2020. « Plus de 220 millions de personnes quitteront les zones rurales pour les zones urbaines dans les quinze prochaines années, souligne Wouter Demeulenaere, vice-directeur de la division vente et produits d'investissements d'ING Belgique.
Cette migration crée une demande significative dans le domaine des matériaux de base, de l'énergie, de l'immobilier et des biens de consommation ». La consommation, qui représente 38 % de la croissance chinoise, devrait continuer à profiter de la hausse du niveau des revenus, du taux d'épargne élevé et de facteurs démographiques favorables alors que les dépenses de la génération « baby boom » atteindront des sommets dans la décennie à venir.
L'appréciation de la monnaie chinoise par rapport au dollar est un facteur de soutien supplémentaire à la consommation et au secteur de l'immobilier tandis que les Jeux Olympique de Pékin profitent aux secteurs du tourisme et de l'infrastructure.
De plus, selon ING IM, l'inflation devrait rester sous contrôle à 5,5 % cette année. Du côté des entreprises, ING IM table sur une croissance bénéficiaire comprise entre 15 % et 20 % par an, grâce à la croissance de la consommation et la hausse des investissements, attendues en hausse de 20 à 30 % par an.
«Greater China »
Pour profiter de ces perspectives, ING IM a développé ING (L) Invest Greater China, une sicav qui investit dans des actions de la région Chine-Taïwan-Hong Kong. « Cette région constitue un seul et même bloc économique ayant la même langue et la même culture, explique Pieter Hendriks, responsable des solutions d'investissements en Asie pour ING IM Asie Pacifique. L'avantage d'approcher la Chine en investissant dans « Greater China » est de diversifier le risque : Taïwan a ainsi gagné plus de 2 % cette année ».
Par rapport à son indice de référence, l'indice MSCI Golden Dragon, le fonds Greater China surpondère Hong Kong et le cash tandis que la Chine et Taïwan ont un poids plus faible. Par secteur, le fonds surpondère les financières, les industrielles, les services aux collectivités et la construction ainsi que le cash tandis que les télécommunications et les biens de consommations durables ont un poids équivalent. Par contre, le fonds sous-pondère l'énergie, la consommation non durable et surtout les technologiques « en raison des sociétés IT taïwanaises, fortement dépendantes de la demande US ».
Dans le top 5 des positions du fonds, figurent la société chinoise de télécoms China Mobile (qui pèse 9 %), Cheung Kong Holdings (5,5 %) une société de Hong Kong active dans les finances, CLP Holdings (4,7 %), une société de services aux collectivités à Hong Kong, China Overseas (4 %), une société chinoise active dans les finances, et Far Eastern text (4 %), une entreprise industrielle de Taïwan.
Sur les cinq dernières années, le fonds Greater China affiche un rendement de 25 % en dollars. Sur cette période, le dollar a perdu 32 % face à l'euro…
Carine Mathieu
11:57 - 08/04/2008
Copyright © L'Echo
25 février 2008
Le test de la validité de la théorie du découplage entre les États-Unis et la Chine
(laloss)
Clément Gignac
Économiste en chef et stratège
Financière Banque Nationale
25 février 2008
Selon la théorie du découplage, certains pays, particulièrement les marchés émergents comme la Chine et l’Inde, dépendent de moins en moins des pays industrialisés à mesure qu’ils accroissent leurs capacités et leur économie intérieure et, par conséquent, leur dynamique économique serait différente. Selon cette théorie, l’influence de l’économie des États-Unis sur un pays comme la Chine devrait diminuer comparativement aux cycles passés. La question est de savoir si cette théorie est fondée et si une économie en développement comme celle de la Chine a atteint un stade où son cycle économique dépend moins de la santé des États-Unis et peut donc éviter le ralentissement de sa croissance lorsque l’économie américaine marque le pas.
Nous examinerons deux points principaux pour déterminer si le découplage de la Chine se produit : 1) Les exportations en pourcentage du PIB augmentent-elles ou diminuent-elles à mesure que l’économie croît ? 2) Le pourcentage d’exportations à destination des États-Unis diminue-t-il ? On peut s’attendre à ce qu’une économie découplée voie ses exportations en pourcentage de son PIB diminuer, ce à quoi correspond une expansion interne plus importante, et à ce que le pourcentage des exportations vers les États-Unis diminue avec le temps.
La Chine est le pays qui connaît la plus forte expansion économique au XXIe siècle. La croissance du PIB réel de la Chine pour 2008 devrait dépasser 10%, ce qui est nettement plus que celle de l’Inde, qui devrait croître de 7.9% cette année (graphique). La part du PIB mondial de la Chine a augmenté de moins de 4% en 1990 à environ 10% en 2007. Elle a dépassé le Japon comme troisième plus grande région de production au monde et n’est dépassée que par les États-Unis et l’Union européenne.

Il est clair que la Chine est devenue une économie importante du monde, particulièrement lorsqu’on examine les tendances du commerce international. Les exportations de la Chine ont fait un bond de plus de 500% au cours des dix dernières années. Les exportations du pays, en pourcentage de son PIB, ont augmenté de 21% en 1997 à environ 40% en 2007, soit une forte expansion en dix ans, ce qui laisserait suggérer que la croissance de ce pays dépend de plus en plus de son composant d’exportations.
Les données sur le commerce extérieur révèlent certaines autres tendances intéressantes pour aider à déterminer si la théorie du découplage se vérifie. Les exportations vers les États-Unis ont augmenté depuis 1997 de 18% à plus de 20% en 2007. De plus, les exportations vers l’Union européenne en pourcentage des exportations totales ont aussi nettement augmenté, passant de 14% en 1997 à plus de 20% en 2007. Par conséquent, les exportations de la Chine vers les États-Unis et l’Union européenne ont en fait augmenté à plus de 40%, ce qui ne corrobore pas la théorie du découplage.

En conclusion, les tendances des échanges commerciaux actuels entre la Chine et les États-Unis laissent entrevoir qu’il y a eu peu de diversification dans les exportations chinoises au détriment des États-Unis. En termes simples, ces échanges ne corroborent pas la théorie du découplage proposée par certains économistes et investisseurs. À mesure que l’économie américaine continue de ralentir et que les importations diminuent, nous devrions constater un impact tangible sur les exportations et la croissance du PIB de la Chine.
Bonne semaine.
05 février 2008
crise mondiale du crédit suite
La CCB va cesser ses prêts à plusieurs secteurs /source (bacoco)

PEKIN, 5 février (Reuters) - La China Construction Bank , deuxième banque chinoise par les actifs, durcira cette année les conditions d'accès au crédit et cessera d'octroyer des prêts à plusieurs secteurs économiques, notamment le secteur minier et la distribution, apprend-on mardi de source de la banque.
Cette source indique que les secteurs où la CCB présente un ratio de créances douteuses supérieur à 10% ne recevront pas de nouveaux prêts d'ici la fin 2008. Outre les secteurs minier et de la distribution, les autres concernés sont la vente de gros, la restauration et l'accueil, ajoute-t-elle.
La CCB restreindra également ses prêts au bâtiment et à l'industrie manufacturière, où elle affiche des ratios de créances non performantes compris entre 5 et 10%, précise la source.
Ces propos suggèrent que les autorités chinoises continuent de vouloir freiner le crédit bancaire dans le cadre de la politique plus large de resserrement monétaire engagée pour éviter une surchauffe de l'économie, dont le taux de croissance a atteint 11,4% en 2007.
En revanche, les restrictions de la CCB ne devraient pas concerner les transports, l'énergie et l'agriculture, trois secteurs dont la banque centrale a déclaré la semaine passée qu'ils avaient besoin de davantage de crédits face au chaos qu'a connu le pays en raison de l'hiver le plus froid qui se soit abattu sur la Chine depuis plus d'un siècle.
Le gouvernement a fixé aux principales banques du pays des quotas de crédits, et des sources bancaires ont indiqué à Reuters que la CCB s'était vu imposer de maintenir ses nouveaux prêts en 2008 au même niveau que l'an dernier.
Aucun commentaire n'a pu être obtenu dans l'immédiat auprès de la banque.
Les analystes redoutent toutefois de voir les efforts de Pékin pour freiner la croissance de la masse monétaire, conjugués à la crise mondiale du crédit, se traduire par un rebond des créances douteuses des banques chinoises.
La politique d'assainissement et de renflouement lancée par Pékin leur a permis de faire baisser leurs ratios de créances douteuses au cours des cinq dernières années, pour les ramener en moyenne à 6,7% fin 2007. /GG
25 janvier 2008
Après une croissance de 11,4% en 2007, la Chine ralentira en 2008
Après une croissance de 11,4% en 2007, la Chine ralentira en 2008

ASIE. Les mesures de Pékin et la crise américaine déploient leurs effets.
Tristan de Bourbon, Pékin le temps
Vendredi 25 janvier 2008
Pour la cinquième année consécutive, la Chine a enregistré une croissance de son produit intérieur brut de plus de 10%. Le directeur du bureau des statistiques a annoncé jeudi que l'économie a progressé de 11,4% en 2007, sa plus forte hausse sur treize ans.
En décembre, un triple ralentissement s'est néanmoins produit: dans les investissements publics, les exportations et les nouveaux crédits bancaires. Ceci montrerait que les mesures gouvernementales visant à juguler l'inflation commencent à faire effet.
La Chine tiendra le choc
Le climat économique mondial aura également des répercussions. Même si, «en regardant les chiffres du quatrième trimestre, il n'est pas difficile de conclure que la Chine pourra contenir le choc extérieur dont tout le monde parle», dit Steven Sitao Xu, directeur des services de conseil de Economist Intelligence Unit. Pour lui, cela ne signifie pourtant pas que la Chine est découplée du reste du monde. Une baisse abrupte de la demande occidentale pourrait amener la croissance chinoise sous la barre des 10%.
Les exportations seront touchées en premier lieu. «Elles pourraient croître de 19% seulement en 2008 (contre 25,7% en 2007, ndlr), voire de 10% dans un scénario négatif», estime Erwin Sanft, directeur de la recherche Chine-Hongkong chez BNP Paribas (BNP.PA) Securities, à Hongkong.
Capacité excessive
D'un point de vue sectoriel, les effets s'annoncent divers. Malgré les récents scandales sur la qualité et les dangers sanitaires des produits «made In China», certaines industries devraient tirer profit du ralentissement occidental. «Avec un pouvoir d'achat réduit, les consommateurs occidentaux pourraient en effet se retourner vers des produits meilleur marché», poursuit Erwin Sanft.
«Les industries chinoises intensives comme le textile, les chaussures ou les jouets perdront dans l'opération, car elles n'ont déjà quasiment plus de concurrents mondiaux. En revanche, dans les segments qui nécessitent du capital, comme l'automobile ou les machines-outils, les entreprises chinoises gagneront des parts de marché.»
Pourtant, Steven Sitao Xu rappelle que «nombre d'entreprises chinoises ont étendu de manière trop importante leur capacité de production ces dernières années. Pour compenser la chute de leurs exportations, elles devraient donc réduire leurs prix, plutôt que leur production.» La baisse de leurs revenus serait lourde de conséquences: leur capacité de remboursement des prêts contractés pour s'agrandir en souffrirait. Les employés et les banques émettrices de ces prêts ne doivent pas s'attendre à une bonne année 2008.
23 janvier 2008
Un sans-faute de la Chine peut sauver la croissance mondiale
lupus
le temps
Emmanuel Garessus
Mercredi 23 janvier 2008
Les Etats-Unis entrent en récession et menacent de nous y plonger. Le pessimisme se répand. Le SMI est en berne. Et Berne propose de nouveaux impôts. Ne reste-t-il qu'à fermer boutique? Sûrement pas. Nicolas Hayek a raison: «Il n'y a pas que les Etats-Unis dans le monde.» Effectivement, la croissance de l'économie mondiale devrait atteindre un très honorable 3,7% en 2008, selon la banque la plus pessimiste, Goldman Sachs, la première à avoir prévu une récession américaine. L'Asie pèse si lourd dans la balance qu'elle assurera une hausse du PIB mondial tout à fait satisfaisante. Comment dire merci en chinois? Le pari n'est toutefois pas gagné d'avance. Les autorités chinoises ne doivent se permettre aucune erreur de politique économique, selon Binit Patel, chef de la recherche de Goldman Sachs.

Le gouvernement chinois va-t-il nous sauver? Les sinologues nous expliquent que la réponse dépend de l'évolution de l'emploi. Selon Michael Dooley (1), l'Empire du Milieu a un objectif stratégique clair, la création de10 à 12 millions d'emplois par an dans les zones urbaines. Or si la croissance de son PIB suscite l'admiration, l'emploi peine à suivre. Entre 1997 et 2005, la Chine a créé 7,7 millions d'emplois par an. Et 30% proviennent des exportations. Espérons que la contraction de l'économie américaine épargnera partiellement ces dernières.
Les économistes débattent vivement des principaux secteurs créateurs d'emplois en Chine. L'exportation ou l'économie domestique? Cette querelle d'experts n'est pas sans conséquences! Pour donner les bonnes impulsions, mieux vaut correctement anticiper leurs effets. L'exercice est complexe. Les statistiques officielles ne sont pas réputées pour leur fiabilité. C'est l'instant choisi par deux économistes pour lancer un pavé dans la mare aux idées: Robert Feenstra, du NBER, le principal institut économique américain, et Chang Hong, du FMI (2).
La surprise est de taille et contredit les travaux précédents qui jusqu'ici faisaient foi, tels que ceux de Dooley. Selon ce dernier, les exportations créent annuellement 3 millions d'emplois. Mais son approche est critiquable, ses hypothèses insoutenables, car trop statiques. Il suppose qu'année après année la composition de l'économie chinoise est inchangée, que sa productivité n'évolue pas et que les salaires sont stables.
Feenstra et Hong modifient le modèle en conséquence. Ils montrent que la transformation sectorielle de la Chine ainsi que la hausse de la productivité et des salaires réduisent fortement l'estimation initiale de l'impact des exportations sur les créations d'emplois. Si les exportations créent moins d'emplois que prévu, c'est l'économie domestique qui joue un rôle accru. Et au sein de cette dernière, un seul secteur fait tout le travail. Il s'agit surtout de la construction, ainsi que des services finaux aux consommateurs (restaurants, santé, formation).
En résumé, les exportations ont permis de créer «seulement» 2,5 millions d'emplois par an entre 1997 et 2002, et, du fait de l'explosion des exportations ces dernières années, 7,5 millions par an entre 2000 et 2005. Mais la demande intérieure, surtout la construction, a créé trois fois plus d'emplois: 114 millions durant cette période. Le total de 152 millions d'emplois chinois est rongé par l'augmentation de la productivité. Celle-ci est cause d'une réduction de 7,5 millions d'emplois par an.
La demande intérieure joue donc un rôle considérable. C'est une chance, car elle est à l'abri de la déprime de la consommation américaine. Mais la Chine pourrait encore mieux faire. Le PIB augmente beaucoup plus vite que le revenu des ménages. C'est ici qu'entre en jeu la politique économique du gouvernement. Il est crucial que Pékin adopte les réformes proposées par les économistes du FMI, comme l'établissement de politiques fiscales qui permettent une plus grande sécurité des revenus durant la vieillesse. Cela encouragera la consommation immédiate et l'emploi, comme le feraient une ouverture plus franche aux échanges, une hausse de la monnaie et une réforme bancaire.
La Chine peut donc empêcher qu'une récession américaine se transforme en crise mondiale, d'autant plus qu'elle a l'avantage des «retardataires». En effet, le standard de vie des pays émergents se rapproche toujours plus vite des leaders mondiaux. Avant 1950, aucun pays n'avait doublé son PIB par habitant en une décennie. Ce qu'ont fait ensuite le Japon, la Corée, Taïwan ou la Chine, selon une étude de Stephen Parente, publiée par la Heritage Foundation.
Cette plus grande aisance à augmenter le niveau de vie tient à la forte progression de la productivité des pays émergents. Cette question ne touche ni à l'abondance des ressources, ni à celle de la main-d'œuvre. Les pays pauvres n'ont nul besoin de s'épuiser à recréer des idées. Ils peuvent se nourrir du savoir et des innovations des autres. Mais des écarts existent dans les performances des pays émergents, parce que certains érigent des barrières aux échanges et d'autres non.
La capacité de la Chine à soutenir sa croissance et empêcher les Etats-Unis de sombrer dépend donc aussi de leur résistance aux sirènes protectionnistes. Et celles-ci sont de plus en plus bruyantes, de Bruxelles à Washington. La Chine doit se rappeler les raisons de son démarrage économique en 1978, lorsqu'elle a commencé à démanteler son système de planification centralisé, et sa récente ascension au statut de potentiel sauveur de la croissance mondiale.
(1) An essay on the revived Bretton Woods System, NBER, working paper 9971
(2) China's exports and employment, Robert C. Feenstra and Chang Hong, Working paper 13 552, National Bureau of Economic Research
18 janvier 2008
2008 année de la Chine
beliercl
Frédéric Lorenzini | 18/1/2008
http://www.morningstar.fr/news/commentary.asp?articleid=54616&categoryID=73&validfrom=2008-01-18
2008, année de la Chine

Les bourses occidentales sont bousculées. Et les marchés émergents apparaissent de plus en plus comme un refuge potentiel. Y compris la Chine ?
Un recul de près de 8% pour le CAC 40 depuis le début de l’année, tendance similaire avec le DAX à Francfort, à Amsterdam, à Bruxelles ou Londres. Et bien sûr, Outre-Atlantique, l’indice S&P500 n’échappe à la tourmente qui touche les marchés développés. Car c’est connu, les marchés américains donnent le tempo… Cette semaine, les nouvelles venues d’Outre-Atlantique n’étaient pas de nature à rassurer les opérateurs avec un S&P500 lâchant près de 2,50% mardi dernier et l’annonce par Merrill Lynch de 9,8 milliards de pertes sur le dernier trimestre de son année fiscale.
Une perte en forme de débâcle à l’image du marché immobilier américain, déprimé avec le plus bas niveau de mise en chantier depuis 1991 et la multiplication des faillites d’emprunteurs subprime. L’ampleur du phénomène est tel, aves ses conséquences sur la consommation des ménages, que l’on s’attend à une entrée en récession de l’économie américaine.
Cette hypothèse fait craindre, en cascade, un tassement de la croissance des pays émergents, en particulier asiatiques, qui en 2007 sont apparus comme de véritables moteurs pour la croissance mondiale. Si les Etats-Unis marquent le pas, la Chine dont les produits inondent le Nouveau Monde, ne va-t-elle pas elle aussi ralentir la cadence ?
Commerce intra-Emergents
Mais les Etats-Unis sont-ils toujours une pièce centrale de l’économie mondiale ? Ce n’est pas sûr et certains en doutent, comme Jean-Pierre Petit, directeur de la Recherche économique d’Exane BNP Paribas : "une récession aux Etats-Unis aurait une importance relative… car l’Amérique dépend plus du reste du monde que l’inverse".
Bref pour l’économiste, "l’histoire n’est plus écrite dans les pays riches". Il suffit pour s’en convaincre d’observer la destination des flux d’exportions chinoises pour prendre la mesure de l’évolution et voir que les Etats-Unis ne sont peut-être plus le centre du monde. Alors que les exportations chinoises vers les Etats-Unis ont progressé de 13% l’année dernière, "elles ont augmenté de 60% vers le Brésil, de 66% vers l’Inde et de 106% vers la Russie" explique Brian Coffey, gérant du fonds New Star Global Emerging Market.
Bref, un ralentissement de l’économie américaine ne devrait pas trop impacter la Chine qui a d’autres destinations d’exportation. En outre, le pays dispose de relais de croissance avec la hausse de sa consommation intérieure. A ce niveau la production permet de suivre la demande ; sauf dans le domaine alimentaire où l’inflation est fortement repartie à la hausse depuis la-mi 2006. En 2007 elle a dépassé le seuil de 15% en rythme annuel. La pression au niveau alimentaire est à ce point forte que lorsque le groupe Carrefour a organisé une promotion sur l’huile à Chongqing en novembre dernier, on a dénombré 3 morts et plus de trente blessés suite aux bousculades.
Attention aux niveaux de valorisation
Bref la croissance chinoise, à plus de 10%, est telle que tout le monde en veut. Les capitaux ont afflué et ont contribué à la croissance des marchés boursiers locaux. Ainsi la bourse de Shanghai est passée d’à peine plus de 1.000 points à l’été 2005 à plus de 5.100 points actuellement après avoir touché 6.100 point à l’automne dernier. Même chose, dans des proportions moindre, avec l’indice Hang Seng de la bourse de Hong Kong qui est passé sur la même période de 15.000 points à 25.000 points avec un plus haut à 32.000 point à l’automne.
Mais depuis, les marchés chinois ont lâché du terrain : depuis son plus haut la bourse de Shanghai a perdu 15% et Hong Kong 21%. S’agit-il des premiers signes d’un reflux généralisé de plus grande ampleur ?
Plusieurs gérants de fonds, tout en reconnaissant que ces places ont considérablement augmenté, estiment que la croissance économique, et des bénéfices, vont continuer à soutenir les bourses. Ainsi, Chen Hong de chez Fortis table sur une hausse de 32% des bénéfices en 2008 sur les actions A accessibles aux investisseurs étrangers, certes moins substantielle que celle de 2007 à 58%. Selon le même analyste, le PER (ratio cours sur bénéfices) du marché qui était de 39 en 2007 devrait à peine dépasser 30 cette année.
Mais attention, prévient Nicholas Field, gérant de fonds marchés émergents chez Schroders, on n’est peut-être pas loin d’une bulle sur cette classe d’actifs. Et au niveau de la Chine, il note que "les actions H chinoises s’établissent à des niveau élevés alors que le marché des actions A présente des niveaux dignes d’une bulle"… Mais il reste confiant, tablant pour la Chine sur un dégonflement de la bulle comparable à celui qui s’était produit sur le marché taïwanais dans les années 80.
09 janvier 2008
Les financières asiatiques conservent leur attrait
Les financières asiatiques conservent leur attrait (lupus)

(Newsmanagers.com) - Évoquant la nervosité des marchés suite à la crise des subprimes, Ian Beattie, gérant du fonds New Star Asian Opportunities (New Star), souligne dans ses Perspectives 2008 pour l’Asie-Pacifique (hors Japon) que "certains marchés asiatiques pourraient bien apparaître en 2008 comme un refuge". Pourtant, si les places boursières ont surperformé en 2007 dans la région, "le caractère prolongé des retombées des subprimes impose aux investisseurs en Asie d’affiner leur positionnement géographique pour 2008".
Le gérant estime que la Chine, Hong-Kong et les pays d’Asie du Sud-Est seront les marchés les plus porteurs, puisqu’ils sont "sensibles aux taux d’intérêt américains". Face aux difficultés du subprime et au ralentissement de la conjoncture, ces pays "devraient en effet profiter de la poursuite de l’assouplissement des conditions monétaires aux États-Unis […], car leurs régimes de taux de change importent ce relâchement de la politique monétaire". A l’inverse, les pays de l’Asie du Nord-Est, comme Taïwan ou la Corée du Sud, pourraient pâtir d’une baisse de la demande américaine.
Au niveau sectoriel, le gérant est d’avis que "les valeurs financières demeurent attractives". Sur le plan géographique, Ian Beattie est convaincu que la Chine reste très attrayante, "l’état encore embryonnaire de la banque de réseau se conjugue avec la hausse des salaires et l’effet de patrimoine induit par la montée des prix de l’immobilier et du cours des actions pour créer une puissante dynamique de croissance ". Évoquant l’approche des Jeux Olympiques 2008, qui devraient offrir une résonnance internationale au pays, le gérant n’exclut pas l’éventualité qu’ "une véritable bulle se développe en provenance de Chine, à mesure que les réserves de liquidités du pays et l’appréciation de sa monnaie feront monter les prix des actifs".
03 janvier 2008
Chine: encore une croissance à deux chiffres en 2008 (presse)
Chine: encore une croissance à deux chiffres en 2008 (presse)
SHANGHAI (AFX) - La Chine devrait de nouveau connaître une
croissance à deux chiffres en 2008, pour la sixième année consécutive, sur fond
d'inflation record depuis dix ans, a indiqué mercredi le Shanghai Securities
News, citant un centre d'études gouvernemental.
Le Produit intérieur brut devrait croître de 10,8%, contre 11,5% en 2007,
estime une étude du Centre d'information de l'Etat, citée par le journal.
L'inflation devrait être de 4,5%, contre une estimation de 4,7% en 2007,
niveau le plus élevé depuis dix ans, ajoute le Centre, qui dépend de la
Commission nationale pour le développement et la réforme, principal organe de
planification économique.
Pour lui, la croissance de l'excédent commercial, source de frictions avec
les principaux partenaires commerciaux de la Chine (Etats-Unis et Europe), sera
moins forte en 2008 en raison du "protectionnisme étranger", des incertitudes
planant sur l'économie américaine et de la suppression ou de la réduction des
aides à l'exportation.
Le Centre estime qu'il sera en 2008 de 328,4 milliards de dollars, en
croissance de 22,5% sur un an.
28 octobre 2007
Warren Buffett estime que le marché chinois est trop cher
En visite en Chine
Warren Buffett estime que le marché chinois est trop cher(nebula)
L’investisseur milliardaire Warren Buffett, qui vient d’entreprendre un voyage de quelques jours en Chine, a affirmé mercredi qu’il parcourait le monde dans le but de faire des affaires, mais qu’il ne croit pas qu’il puisse trouver chaussure à son pied en Chine du fait que les titres sont trop chers.
Les actions de compagnies chinoises basées sur le continent et inscrites à la Bourse de Hong Kong ont augmenté de 89% cette année, pendant que l’indice principal de la Bourse de Shanghai a plus que doublé en 2007 et quintuplé depuis le début de 2006.
En visite à la ville de Dalian, M. Buffett s’est entretenu avec des reporters à l'occasion de l'inauguration d’une usine qui est la propriété d’une compagnie israélienne qu’il contrôle, Iscar International Metalworking.
Au sujet de PetroChina, dont il a récemment vendu toute la participation que détenait sa compagnie Berkshire Hathaway (BRK.B), M. Buffett a déclaré que l'acquisition avait été facile à faire. «La valeur de l'action était du tiers de ce qu'elle valait, peut-être du quart. Je doute que je pourrais dénicher quelque chose du genre dans le marché actuel. Le marché a été trop en demande. Je vais continuer à regarder», a-t-il dit.
À un certain moment, Berkshire détenait une participation de 11% dans PetroChina. Les actions valaient 3,31G$ US à la fin de 2006, bien au-dessus des 488M$ que Berkshire avait payés, selon le dernier rapport annuel de Berkshire.
M. Buffett se plaint depuis longtemps de son incapacité à dénicher des entreprises intéressantes à ses yeux pour y investir les 47G$ dont dispose Berkshire Hathaway en liquidités.
Il a notamment nié que Berkshire ait quelque intérêt que ce soit pour acquérir des actions de la China Life Insurance Co.
«C’était une rumeur, et elle le demeure. Nous n’avons rien contre cette compagnie, c’est seulement qu’elle n’est pas sur nos écrans radars.»
En raison de l’immense capitalisation boursière d’Hathaway, toute acquisition devrait être d’envergure pour avoir de l’impact sur la compagnie, a-t-il dit.
M. Buffett n'a pas voulu donner d'avis aux investisseurs dans le marché chinois. Mais il été heureux de répéter sa philosophie, à savoir qu’il était à la recherche de sociétés bien gérées dans des secteurs qu’il comprenait avec une optique d’investissement de cinq, dix ou vingt ans.
Il a affirmé qu’il n’avait pas de problème à miser gros sur des activités qui lui sont familières. «La diversification est une protection contre l’ignorance. Si vous comprenez les activités et achetez à des prix attrayants, il n’y a pas vraiment beaucoup de risques.»
Au sujet des hypothèques à risque aux États-Unis, M. Buffett s’est dit d’avis qu’il s’agissait là «d’un vrai problème, mais il y a toujours des problèmes. Mais nous passerons à travers. Quant à la douleur que cela va causer, je ne le sais pas. Ce sera significatif».
09 octobre 2007
Chine époustouflant
voici pour avoir une petite idée les return sur 1 an par secteur
non non vous ne revez pas ;-)
Combien de temps cela va-t-il tenir?
Voici 1 article trouvé sur bourso malheureusement j'ignore qui l'a ecrit mais même si je ne partage pas son pessimisme ou realisme c'est selon il a le merite d'être bien écrit:
Chine Kach, inflation, émeutes 19:14 09/10/07
La Chine entre menace de krach, inflation et émeutes sociales
Les médias européens, y compris financiers, commencent à s’intéresser aux réalités de fond de la Chine actuelle et, visiblement, le regard qu’ils y portent a tout d’alarmiste, après des années à chanter les louanges aveugles du développement économique "miraculeux" du pays. La réalité apparaît aujourd’hui quelque peu «terrifiante», à savoir un gigantesque pays qui titube entre un krach financier menaçant à tout instant d’éclater, une inflation qui galope et des émeutes sociales qui se multiplient...
"Quand la vérité apparaîtra, la crise explosera" (un journaliste chinois)
Les signaux d’alerte sur l’imminence d’une crise financière et économique chinoise massive, aux conséquences internationales à termes colossales, sont déjà apparus avec netteté.
Encore faudrait-il que les analystes, notamment américains et européens, qui l’envisagent comme une hypothèse plus que probable, ne se cachent pas les réalités en arrière-plan qui font qu’inévitablement, un krach boursier majeur en Chine, dans un contexte d’inflation incontrôlée dans et hors le pays, joint aux difficultés récentes qui s’accumulent sur la fiabilité des produits « made in China » (jouets, textiles, produits alimentaires, articles ménagers...), ne pourraient que générer une situation dont le contrôle s’avérerait plus que périlleux et douteux pour les autorités financières internationales.
En février 2007, le vice-président de l’Assemblée populaire chinoise, Cheng Si-Wei déclarait au journal Financial Times : « Une bulle est en train de se former. Les investisseurs devraient se sentir concernés par ce risque ».
Son inquiétude, pourtant venant du sérail gouvernemental, n’a visiblement pas été très entendue. Les cotations des Bourses chinoises ont augmenté de 130 % en 2006 - à comparer avec 17 % pour la Bourse de Paris - et cela continue à une train de cheval lancé au galop.
Le 27 octobre 2006, c’est en Chine qu’a eu lieu la plus grosse levée de fonds par des Bourses de l’histoire financière mondiale : la banque ICBC a collecté 22 milliards de dollars US seulement sur les Bourses de Shanghai et Hong Kong !
Le PER - c’est-à-dire en clair le ratio entre le cours boursier d’une action et son bénéfice - est du simple au double, ce qui souligne une totale déconnexion entre l’économie réelle chinoise et ses Bourses.
Pour apprécier les paramètres objectifs de la situation chinoise, il est nécessaire de savoir qu’il existe en Chine 100 millions de « boursicoteurs », qui sont en majorité assez jeunes, pour la plupart inexpérimentés et peu au fait des réalités financières. Ces « boursicoteurs » opèrent des choix souvent à partir de critères totalement étrangers aux règles habituelles du marché.
Ils constituent une masse de gens disposant de capitaux propres ou empruntés, voire levés par des hypothèques sur leurs biens immobiliers, qui, en cas de krach, n’auront aucunement des réactions de boursicoteurs avisés et spécialisés, mais au contraire irrationnelles, donc imprévisibles autant qu’incontrôlables.
Au danger purement financier spéculatif se juxtapose donc la possibilité d’une panique totale des « marchés » en Chine, un facteur non négligeable.
Un contexte très inflationniste et une bulle spéculative gigantesque
Les médias financiers n’ont que peu épilogué - peut-être afin de tenter de rassurer leurs investisseurs sur le marché chinois - sur l’inflation qui explose depuis quelques mois en Chine.
Ainsi, en un mois, la viande de porc a en moyenne augmenté de 80 %, celle du boeuf de 45 %, d’autres produits alimentaires de base de plus de 50 % ou plus. Les autorités tentent de réagir, mais pour l’instant, les chiffres montrent que les mesures prises n’ont pas enrayé la hausse accélérée des prix.
Dans un pays où près d’1/3 des revenus est dépensé pour l’alimentation, ces augmentations sont lourdes de conséquences en termes de pouvoir d’achat dit « disponible ». Ce processus devrait aussi être pris en compte par les analystes financiers internationaux car il peut engendrer aussi de lourdes conséquences sur les marchés financiers chinois, déjà très volatiles.
De plus, la vague inflationniste semble n’être qu’à ses débuts et cela n’est pas non plus une information de bon augure. Surtout que cela se conjugue avec des reculs, ici ou là, de marchés que la Chine avait acquis, mais qui se dérobent maintenant devant elle du fait de la mauvaise qualité pérenne, de la non-fiabilité ou de la dangerosité de certains de ses produits.
Des entreprises quittent aussi le pays et délocalisent leurs sites de production vers d’autres pays asiatiques, notamment vers le Vietnam.
Là aussi, il semble qu’un tournant économique est en voie de s’opérer, ce qui ne peut que semer encore plus de trouble et générer de l’inquiétude sur le devenir de l’expansion de l’économie chinoise. Les prévisions faites auparavant, sans ces paramètres récents et évolutifs, peuvent donc vite devenir obsolètes.
A tout cela, il est nécessaire d’ajouter et de mesurer la formidable bulle spéculative qui s’est formée dans et autour de la Chine.
Les données de l’index composite du SSE (Shanghai Stock Exchange) sont plus qu’angoissantes pour des experts boursiers. L’indice s’établissait autour de 1 000 points au second semestre 2005, à 4 100 points en mai 2007 et à 5 300 points le 14 septembre 2007 !
Déjà, un mini-krach a secoué les Bourses chinoises en février 2007. Serait-ce un signe annonciateur ? En tout état de cause, du point de vue strictement économique, la distorsion entre la réalité de l’économie chinoise et la capitalisation boursière revient à comparer le sommet du mont Everest avec le niveau de la mer. L’écart est devenu un abîme !
Le hiatus est énorme entre les masses monétaires en circulation et l’économie chinoise réelle, et le comportement assez peu rationnel de l’immense majorité des boursicoteurs chinois est devenu aussi un second facteur de risque d’explosion à tout moment et pour toute cause inattendue de cette bulle spéculative.
Alan Greenspan (ancien président de la banque centrale américaine, la FED) a qualifié les marchés boursiers chinois de "surévalués" et ayant atteint des niveaux "insoutenables". C’est un expert averti qui s’exprime ainsi, et il ne se fonde que sur les indices strictement financiers.
De son côté, l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économique) a mis en garde contre un "risque de correction marquée" des marchés chinois, du fait de l’inflation qui frappe le pays, dans ses perspectives économiques.
En mai 2007, les autorités chinoises ont tenté de freiner la frénésie débordante des 100 millions de boursicoteurs nationaux en triplant la taxe sur les transactions boursières en Chine (elle est passée ainsi de de 0,1 % à 0,3 %). Cela n’a nullement empêché la bulle spéculative de grossir encore, et toujours plus vite.
Il faut aussi souligner qu’en Chine, le système bancaire encourage de facto les citoyens ayant quelque épargne propre, à aller vers la Bourse car il rémunère très faiblement les comptes à terme et les livrets d’épargne.
Enfin, à tous ces problèmes, il convient de rajouter que la valeur réelle annoncée officiellement des entreprises privées chinoises est tout sauf crédible et sincère. La corruption généralisée, les malversations au niveau des dirigeants et gestionnaires, les vols et escroqueries, accompagnés naturellement par des bilans très souvent faussés, ne peuvent pas permettre de donner de l’économie chinoise une vision claire et objective, étant donné que tous les paramètres nécessaires à une saine transparence sur la santé exacte de ces sociétés sont absents en Chine.
De tous ces éléments joints, il ne ressort pas un tableau qui soit bien optimiste, mais plutôt une inquiétude qui est fondée sur des réalités indéniables, mesurées dorénavant au niveau le plus haut des autorités financières mondiales.
Le tout sur fond d’émeutes sociales croissantes
Cette analyse économique rapide nécessite un complément social et politique, tant l’économique, le social et le politique sont intrinsèquement liés.
Chaque jour ou presque, la presse chinoise, officielle, mais aussi et surtout indépendante, comme le China Labour Bulletin, mentionne des cas de conflits sociaux, de manifestations et d’affrontements violents dans les diverses parties du pays.
Grèves ouvrières de colère collective, scandales du travail d’enfants esclaves dégénérant en rixes avec la police, accidents miniers suivis d’incidents violents, protestations « dures » de retraités et de chômeurs, révoltes de petits paysans, surtout contre les expulsions forcées hors de leurs terres et la corruption des responsables administratifs et politiques locaux, résistances collectives de citadins aux mêmes mesures d’expulsion de leurs logements, souvent pour des raisons spéculatives de fond, ont fait de la Chine actuelle, sous son apparence d’opulence pour une minorité de la population, un gigantesque baril explosif de poudre sociale.
Quand la Chine se révélera vraiment...
Ce sont tous ces facteurs conjoints qui devraient - au-delà même des cercles financiers qui commencent à voir, à sentir et à comprendre la dure réalité sous les apparences dorées - intéresser l’opinion mondiale car, comme le disait un journaliste chinois à Paris, « quand la vérité apparaîtra, la crise explosera », et cette crise risque fort de combiner le financier, l’économique, le social et le politique, avec de profondes et durables conséquences internationales.
Donc y compris en France.


















